TOMBEAU DE GIA-LONG
La (ieuxièine journée, on visitera d'abord le tonil)eau de Gia-Lonjj^ puis celui de Minh-Manj^-. On consacrera à cette excursion, soit une
TOMBEAU Di: GIA-LONG
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matinée, soit une après-midi entière à cause de leur éloig-nement et de leur importance. Ces lieux g-ognent à ne pas être parcourus trop rapidement; il faut séjourner quelques heures dans ces enceintes funéraires pour g-oûter davantag-e au milieu du silence profond le calme reposant qui se dég'age de ces paysag'es tourmentés et sereins à la fois.
HUE LES 10MBEAUX
De plus, on fixera le départ de grand matin. 5 heures 1 /2 par exemple, afin de jouir sur les rives du tleuve de visions d'une délicatesse extrême : la brume qui s'élève au-dessus des eaux pour se dorer aux premiers rayons du soleil donne aux reliefs du paysage une transparence d'une douceur inconnue sous nos climats d'Europe.
Cliclié KlicM-hiinlI.
Pairode sacrée du tombeau de la nirrc «le (lia-Long-.
On prend d'abord la route qui mène au tombeau de Thiêu-Tri mais à la bifurcation précédemment signalée, on tourne à droite : à 200 mètres de là, une route mène sur la rive du fleuve, que 1 on ne quitte plus jusqu'au point terminus.
Gl IDE DE I.'AnXAM.
(;lidk uk la.n.nam
.Vprès ini l;il(iiiiètre environ on laisse it main fi:auche une pag'ocle voisinant avec un mausolée : c'est le tonihcaii du père de Gia-Long, et (juelque 300 mètres jilus loin, deux pagodons sérigent à flanc de coteau, tandis qu'en bas un petit ha ne de sable trace sur les eaux bleues une raie lumineuse. C est à l'extrémité de ce banc de sable qu'un pêcheur retrouva jadis la tète de l'ancêtre de Gia-Long dont la
Cliché Clinu.
FiG. 53. — Tombeau de Gia-Lony.
tombe avait été violée par les Tay-Son pendant la guerre qui décimait alors les deux camps. Le pêcheur tut mis à mort pour avoir osé porter la main sur une tête royale, mais en récompense il reçut le titre de mandarin (réversible sur la tête de son fils). Une stèle sur le banc de sable marque 1 endroit de la découverte macabre et le pagodon à mi-flanc de la colline a été élevé en l'honneur du pêcheur.
l^ncore un kilomètre et la route traverse le marché d un villag'e. C'est là qu'on s'arrêtera au retour pour se rendre au tombeau de
Cliché Chau.
FiG. 54.
Tombeau de la deuxième femme de Ciia-Loiu
Minli-Mang-, tout proche. Mais on suit maintenant le chemin parmi des villages échelonnés sur la rive, au milieu des cultures d'orang-ers, d'aréquiers, de maranta, de g-ingembre, etc.
Après une demi-heure, la route s'élargit un peu afin de permettre aux voitures de tourner, et le bac, au bas de la berge, transporte les touristes jusqu'au banc de sable qui, aux basses eaux, soit de avril à fin août, augmente de 150 mètres à peu près, la route qui mène au tombeau de Gia-Long-.
Au delà du banc de sable une belle allée de 1.500 mètres toute plantée de Ficus conduit au tombeau proprement dit.
On laisse sur sa droite un monument funéraire ; c'est le tombeau de la mère de Gia-Long, le plus ancien de tous. Il lut construit par
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Gl IDi: DK I. ANNAM
Uvs soins (lu grand enipoi'eiir ({ui faillit y perdre la vit' un .jour dorade en surveillant les travaux : un coup di- vent violent avant jeté à terre le pavillon sous lequel il sahritait, on le l'etrouva sous les décondjres, ensanglanté, le front ouvert.
Cliché Eberhai'dl.
FiG. ôâ. — \'illage sur pilotis près du banc de sable.
Le tombeau de Gia-Long' fut commencé la treizième année de son règne, en 1814, il ne fut terminé que la première année du règne de son successeur Minh-Mang-, en mai 1820,
Les bâtiments formant l'ensemble du tombeau sont disposés en largeur, ainsi qu'on peut s'en rendre compte sur le plan. La stèle fut érigée par les soins de Minh-Mang la première année de son règne en août 1820. Il se dégage de ces lieux une austérité saisissante et Ion y sent en même temps la volonté du mort de faire quelque chose de durable. Ce tombeau est remarquable par l'allure grandiose du lieu choisi et par sa simplicité générale.
HUÉ LES TOMBEAUX 117
L eau des étangs v est immobile, verte et profonde ; des espèces végétales rares et venues à grands frais de Chine, s'épanouissent sur le pourtour. Jadis elles étaient innombrables mais beaucoup ont péri; on y voit encore quelques T/mijojjsis centenaires tordus sur euxmêmes.
A signaler les grands dragons de pierre sculptés encadrant l'escalier qui conduit de la pagode à l'étang et, devant celle-ci, quelques beaux bleus de Chine de l'époque des Minh.
La Cour d'honneur, où Ion remarquera le soin tout particulier avec lequel ont été travaillé les dill'érentes statues qui l'ornent, précède cinq terrasses que (juatre ou cinq marches séparent les uns des autres et en arrière desquelles un mur épais entoin-e deux catafalques jumelés, celui de Gia-Long et de sa femme. Ces lignes simples, sans aucun motif de décoration, ajoutent dans ce cadre admirable à la grandeur imposante du tombeau.
A droite de la pagode du tombeau de l'Empereur, un autre existe au bord d'un étang couvert de lotus : c est le tombeau de la deuxième femme de Gia-Lony-.