‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 10 sur 216 · D'Agincourt, Peint., pi. XLiii · texte numérisé non relu

D'Agincourt, Peint., pi. XLiii

Le ménologe grec du Vatican (ix"* ou x"* siècle) nous le montre sur la tête de l'empereur Constantin VI, assistant au II* concile de Nicée, au milieu des Pères du concile qui en sont tous également revêtus ^. Sur les vitraux de la cathédrale de Strast)ourg, Gbarles-lf artel et Frédéric Barberousse sont nimbés aussi richement que Gharlemagne et saint Henri. Dans les sculptures des cathédrales de Laon et de Reims, les vierges folles le sont comme les vierges sages : c'est donc aussi la virginité, et non plus seulement la puissance , que Ton a prétendu ainsi honorer. Judas a partagé quelquefois cet honneur avec les autres apdtres, notamment dans i(ne miniature de la Bibliothèque impériale, dans un autre manuscrit du xm* siècle connu sous le nom de manuscrit de Limoges, oix Hérode de nouveau se fait pareillement ainsi distinguer >. Au xv« siècle, le Beato Angelico n'a pas craint, à son tour, d'accorder le nimbe à l'apôtre prévaricateur, dans les fresques des cellules de Saint-Marc et sur les panneaux de l'ancienne armoire de sacristie, aujourd'hui exposés dans la galerie de l'Académie, à Florence : seulement il a eu soin de le rembrunir légèrement. H. Didron affirme avoir expressément observé» dans une des nombreuses églises d'Athènes, que Judas, participant à la Cène, est caractérisé par un nimbe noir, qui contraste avec les couleurs vives dont resplendissent ceux des apôtres fidèles.

Quand Judas, le traître, est nimbé parce qu'il est apôtre, il ne faut pas s'étonner que Satan le soit aussi^ puisqu'il est ange ; il a été ainsi jusqu'à deux fois représenté au ix® ou x^ siècle, dans une Bible de la Bibliothèque impériale, lorsqu'il tourmente le saint homme Job 3. De la figure du démon à la personnification du mal par les bêtes de l'Apocalypse, il n'y a qu'un pas, et l'on comprend facilement que le premier ayant été nimbé, ces odieuses bêtes l'aient été de même. Elles le sont, d'après M. Didron, dans deux manuscrits du xii» siècle S dans les fresques de Saint-Savin, près Poitiers ^, dans une verrière du xv® siècle, à la Sainte-Chapelle de Paris, dans une autre verrière du xvi^ siècle, à Saint-Nizier, de Troyes. Cependant, il y a cette différence que, dans le dt^mon, on pouvait encore avoir la pensée de nimber la nature angélique,. quoique déchue, comme, en nimbant Judas, on honorait en lui le caractère apostolique , et de même la virginité dans les vierges folles, la délégation divine dans les princes : tandis qu'en nimbant la bête aux sept têtes, il semble qu'on ne

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