‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 16 sur 216 · Id., p. lU · texte numérisé non relu

Id., p. lU

22 GUIDE DE i/aRT CHRÉTIEN.

L^existence de ces petites croix est de nature à jeter de la lumière sur l'origine et la signification de la croix qui caractérise le nimbe crucifère; mais Ton peut s*en passer, et prouver par d'autres monuments que c'est bien en souvenir de l'instrument du salut, et non pas en vue d'un rayonnement des tempes, que le nimbe a reçu cette importante modification.

On observe la croix posée sur la tête de l'agneau (pi. ii, fig. 3), dans les sculptures de trois des sarcophages de la Roma Sotteranea de Bosio^ M. de Lasteyrie en a publié un autre exemple emprunté à une tombe chrétienne *. Sur la pierre gravée, trouvée par Marangoni dans le cimetière de Sainte-Priscille, et représentant le don du volume déployé, la croix est associée au nimbe et le surmonte^. Dans la peinturedu cimetière (les Saints-Marcellin-et-Pierre, elle est inscrite dans le nimbe lui-même, offrant, parl'additiondu pà son sommet, une formedu iponogramme sacré, accompagnée de rAetdel'ft. Dans l'église de Saint-Trophime, d'Arles, l'ancien sarcophage qui sertaujourd'hui d'autel, dans lachapelledu Saint- Sépulcre, nous montre, sous cette même forme, le chrisme passé de la tête de l'agneau figuratif sur celle du Sauveur représenté en personne, mais sans nimbe (pi. ii, tig. 5). L'association du nimbe et du monogramme revenu à sa disposition propre, attribuée de nouveau à Notre- Seigneur lui-même, se retrouve fréquemment sur les Sarcophages de Ravenne^, et nous en donnons un autre exemple emprunté à une ancienne mosaïque de l'église de Saint-Aquilin, à Milan, où reparaissent Ta et l'û (pi. II, fig. 6).

La croix sans nimbe, que nous avons d'abord observée sur la tète de l'agneau, se retrouve à son tour isolément adossée à celle du Christ, où iû\e remplit plus manifestement l'office de l'un et de l'autre; l'ivoire de Cortone publié par Gori ^ en offre un exemple que nous reproduisons (pi. n , fig. 8) ; nous en donnons un autre ^ d'après un ivoire du xi^ siècle que nous avons observé au musée du Louvre (pi. ii, fig. 7).

Quand on rapproche ces monuments de tous ceux où la croix et le monogramme du Christ sont employés comme des équivalents ou à peu

Page 1