Ciampioi, Ve/. mon., T. 11, pi. xxiv
3. Nous ferons observer que ceUe forme A de Toniëga majuscule est toute moderne. Nous remployons parce qu*elle est la seule usitée aujourd'hui dans rimprimesie; mais, dans les anciens monuments, l'oméga a toujours la forme corsive que nous lui voyons ici et p. 333, a« 36.
4. Nous le disons d'après les meilleurs interprètes, contrairement à la version inintelligible de Ciampini; car, pour nous, il a été impossible de distinguer suffisamment les caractères de rinscription supérieure. Mgr Lacroix, mort prélat domestique de la maison du Pape, mieux favorisé que nous par la lumière, a dit à M. Didron avoir lulx^vr, et nous ne doutons pas qu'il ait bien lu. {Histoire iconographique de Dieu, p. 407.)
ment la pensée d'un paradis ou jardin de délices, cœleste nemus paraâisi, selon l'expression de saint Paulin. Saint Apollinaire, enfin, est représenté au-dessous de la croix, parce que c'est Jui qui est venu annoucer, dans ces contrées, l'ère de grâce et de bénédiction inaugurée par l'instruiDent du salut.
Dans la mosaïque de Saint-Êtienne du mont Cœlius, à Rome ^, monument attribué au vu® siècle, et dont une croix occupe aussi le milieu entre saint Etienne et saint Félicien, le médaillon qui renferme le buste du Christ triomphant n'est plus placé à l'entre-croisement des bras de la croix, comme dans la plupart des exemples précédents; il ne repose pas non plus dans le champ de sa partie supérieure, il le surmonte et s'appuie sur son sommet, pour rendre avec plus de force la pensée qui domine tous ces monuments.
Nous pourrions citer bien d'autres exemples analogues, qui nous conduiraient plusieurs siècles au delà de l'époque ou l'image du Crucifié lui-même était entrée en pleine vogue; car ce ne sont pas là seulement les restes d'un esprit de transition : il faut y voir surtout le caractère dominant qui continua de régner dans toutes les représentations de la croix, que la figure du Sauveur y fût ou non ostensiblement associée, qu'elle fût renfermée dans un cadre d'honneur, ou qu'elle fût attachée dans l'attitude du supplice, le supplice lui-même étant habituellement présenté sous le jour d'un combat victorieux.