‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 169 sur 216 · Giaropini, Vet. tnon.^ T. 11 , pi. xxxil · texte numérisé non relu

Giaropini, Vet. tnon.^ T. 11 , pi. xxxil

DK LA CROIX. 343

Voulut aÏDsi tourner en dérision an de ses condhciples accusé d'être chrétien '.

C'était le moment où avait le plus de cours l'imputation calomnieuse et ridicule qui attribuait aux Juifs et aux Chrétiens de faire de l'Ane sau-

Grtpbile àa Uont PkUUd.

vage l'objet de leurs adorations, d'après un récit fabuleux de l'bistoire mosaïque, rapporté par Tacite; puis il semblait que l'on dût donner le coupdegnlce à une secte odieuse, en la représentant comme associant dans un même culte l'image d'un supplicié avec la tête d'un animal slupide.

De la connaissance de cette caricature, le P. Garucci conclurait volon* tiers à l'existence de l'image vénérée qui aurait été ainsi dénaturée : les chrétiens d'alors auraient eu des représentations du crucifix ; leur prudente réserve se serait bornée à ne pas en faire l'objet d'un culte public, et à les synstraire aux yeux profanes capables de les interpréter si mal. La tunique portée, dans la caricature, par la figure crucifiée, parait au savant Jésuite devoir favoriser cette opinion : les condamnés soumis alors à ce genre de supplice étant nus, l'idée de vêtir celui-ci a dû venir d'une certaine connaissance des crucifix chrétiens, qui auraient été vêtus comme le furent plus tard les plus anciens de ceux qui nous sont parvenus.

Ces crucifix solit du sixième siècle, et ils déterminent les limites les

1. Garncci, Il eroàfiua grafflU (Extrtit da 11 Civilla callo&ea), 1A51. De Roiai, BalkUn ^TArrlUologU. ~ H«rligar, Dkl. ttAnl. ehrit., p. 9t.

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plus récentes que Ton puisse assigner à Torigine du crucifix dans Tart chrétien. Si leur authenticité était contestée, l'autorité de saint Grégoire de Tours suffirait pour ne laisser subsister aucun doute à cet égard.

Le saint évéque rapporte qu'il existait de son temps, dans Téglise de Saint-Genès, à Narbonne, une peinture où Notre-Seigneur Jésus-Christ était représenté crucifié et ceint d'un \oile^ prœcinctum /tn/eo, dont il avait été recouvert dans les circonstances suivantes : Notre-Seigneur apparut par deux fois à un prêtre nommé Basile, lui ordonnant de faire recouvrir son image d'un vêtement ^ ce qui fut fait lorsque , après la seconde injonction, Basile se fut décidé à faire connaître à son évéque la vision qu'il avait eue. Les termes de l'histoire nous laissent du doute sur la question de savoir si , originairement, la peinture offrait le corps du Sauveur dans un état de pudité inconvenante, ou si seulement il était recouvert trop insuffisamment au point de vue du respect, d'où était venu l'usage de le revêtir d'une longue robe.

D'après dom Ruinart, il paraîtrait qu'un crucifix fut trouvé en 1643 dans le tombeau de Chilpéric , à Saint-Germain-des-Prés.

De ces faits il ne résulte pas que la représentation du Sauveur sur la croix fût nouvelle au vi® siècle, au point qu'antérieurement il ne s'en trouvât pas d'exemple; mais, d'après ce que nous savons d'ailleurs de la marche suivie par l'art chrétien, nous devons croire qu'alors seulement ces images commencèrent à devenir usuelles.

Il nous reste de ce temps-là la croix qui, très-probablement, fut offerte par saint Grégoire le Grand à la reine Thtodelinde, pour le jeune Adaloald, son fils (pi. xvui, fig. 6), et ce monument n'était pas le seul du même temps dans le trésor de Monza : deux petits reliquaires en or émaillé, qui, probablement, avaient aussi appartenu à cette princesse, y offraient également deux exemples du Christ étendu sur la croix ^ ; sur plusieurs de^ fioles en métal, dans lesquelles il lui avait été envoyé des huiles recueillies à Rome, devant le corps des martyrs (pi. xvu)3, on observe, à défaut du crucifiement lui-même, l'association de la figure du Christ avec celle de la croix , d'une manière qui en est ^lus voisine qu'aucune autre de celles dont nous avons parlé précédemment. Dans ce moment, notre attention devant se concentrer sur la croix seule, et non

pas encore sur la. figure du Sauveur qui lui est associée, nous nous con-

1. Cooperi me vettimento^ èàt-Hdit dans la première apparition; et, dans la seconde: Tege Unteâ jricturam istam, (S. Greg. Turon., De gloria marîyrum, chap. xni.)

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