‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 174 sur 216 · SÉRIB INSCRITE SUR LRS BRANCHES DE L* ARBRE · texte numérisé non relu

SÉRIB INSCRITE SUR LRS BRANCHES DE L* ARBRE

Jnui ex Deo genitut, Jents emiisus cœlitus, Juus prœfiguratu», Jesui Mariœ natus.

Jésus conformis palribusj Jésus suhmiuus legalibus, Jésus Magis monsiraius, Jésus regno fugatus.

Jésus baptista cœlUus, Jésus signis miri/icus, Jésus hoste tenlatus, Jésus transfiguratus,

Jésus pastor soUicitus, Jésus rex orbi agnitus ', Jésus plorans rigatus ", Jésus panis sacrattu,

Jésus (Mo venunâatus, Jesîis turba circumdalus, Jésus orans proslratus, Je%us vineulisligaius"'.

Jésus noUs incognUvs, Jésus Pilato traditus, Jésus vfiUu velnius, Jésus morte damnatus

Jésus spretus ab omnibus, Jésus junctus latronibust Jésus cruei clavatus "'\ Jésus (elle pototus.

Jésus sol morte palidus, Jésus eruore maâidus, Jésus irons laneeaius, Jésus intumukUus.

Jésus triumphans mortuus, Jésus doelor prcBcipuus, Jésus surgens beatus, Jésus orbiprœlatus

Jésus dutitor exercUus, Jésus largiior spirilus, Jésus co^o lewUus, Jésus loûBons reatus^

Jésus testis veridicus, Jésus vietormagnifieus, Jésus judex iratus, Jésus sponsus omatus

Jésus rex régis filius, Jésus fontaîis radius, Jésus liber signalus, Jésus finis optaius.

Deuxième Série inscrite sur les feuilles de l'arbre :

Celsitudo virtutis , PrœclarUas originis.

Humilitas conuersationiSt PUniludo pietotis ,

' PropheU cognitus, " Flelu rigatus, •" Dulcis ligalus, •*' Crue i damnalas, **"* ^ponsus ornatus, Orhis prelatus. (Variantei de la miniature.)

peinte dans le cloître de Santa-Maria Novella, à Florence, entre Tëglise et la chapelle des Espagnols ; cette peinture, qui parait provenir de la fin du xiv« siècle, à trop souffert du temps pour qu'il nous ait été possible d'en saisir tous les détails ; mais on voit assez qu'elle a pour but d'établir une filiation entre la croix qt les œuvres des Dominicains. Saint Dominique lui-même est au pied de la croix^ au-dessous du Christ, avec . des ailes de chérubin ; et dans les médaillons suspendus,comme autant de fleurs et de fruits, aux branches de Tarbre, on distingue des figures de Dominicains qui, à droite, ont la tête rayonnante et portent chacun un livre, et, à gauche, sont sans aucun de ces insignes ; dans d'autres séries de médaillons, divers Saints sont nimbés, puis dans d'autres encore apparaissent diverses scènes légendaires ^

Que-la croix soit représentée comme un arbre vivant, c'est une manière fictive d'exprimer la vérité, car dans un sens il est très- vrai qu'elle est Tarbredevie; et comme, dans le langage, elle s'identifie avec le sacrifice dont elle est l'instrument, il est très-permis de dire que non-seulement elle vit, mais elle donne la vie. La croix étant un arbre, il est

Canfidentia in pericuUt, ResurreeiionU tunfitoi,

PaiieiUia in injwiii, iitcefutofiit tttbUmiias,

CùtutanHa in eonfUeiu martit \ ^^ta$judieU,

Victoria ineon/lteltt, ^ttmiUu rtgm.

Les ÉTangélisies portent chacun les (Iremiers mots de son Ëf angile ; les prophètes» les textes que nous allons rapporter , â l'exception du troisième à commencer par le haut, de gauche i droite, que nous n*a?ons pu déchiffrer. Voici ceux que nous lisons sur la fresque : SùUm nube tegam et htna non dabU lumen tuum , Ézéchiel (xxxii , 7) ; Chrittus Iknninuê eaptui est in peceaUe noilris, Jérémie' (Lam. iv, 10) ; TraédU in mortem animom $uam, Isale (LUI , 12) ; Quod $unt ploQe manuum luarum , Zacharie (iii , 6) ; A faàe ejuê contremuit terra motie, Joël (il, 10} ; Foderunt manut meoi et pedee meoi, David (xx, 17); In monte Sion erit sahatio et erit eanctuê, Ahdias (17) ; £ece mitio meum Angehun pU prœparabit (le nom de Malachie manque ; ni, 1); Ero mors tua, ero mors tuum infeme. Osée (xjii, H) ; Pedes meos subverterunt et oppreuerunt, Job (xxx, 12) ; A fade ejus eontremvit terra rnoUs, Joël (répété). Presque tous ces textes sont différents de ceux de la miniature donnée par lady Eastiake. Le texte que nous n*aTons pu déchiffrer et que noos supposons de Daniel, diffère notablement de celui qu'elle attribue à ce prophète.

1. Nous devons à M. Ed. Didron la connaissance d'une croix en arbre, sortant d'un calice , observée au musée d'Orléans , dans un tableau en triptyque du xvi* siècle. L'arbre se termine en vigne, d'où sortent des raisins, ainsi que du tronc de l'arbre. Une auréole elliptique porte cette iuseriplion : « Ego sumvUis vera et vos pafmites. » La vigne s'enroule autour de deux arbres, sur les côtés. Au pied de la croix , on voit quatre saints Jésuites.

* Cottstantia in cruciatis. (Variante de la miniature.)

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, naturel alors qu'elle ^e revête des signes de la vie végétale. Mais quelle s*anime, et que, pour la faire agir, on lui donne des membres humains, cela devient une sorte de monstruosité. Telle est, cependant, cette composition, — qui jouit de quelque faveur au xvi" siècle, et dont on voit un exemple remarquable au musée de.Cluny, — oii la croix est terminée, i chacune de ses extrémités, par un bras, qui, dans le bas, brise les portes de Tenfer, qui, dans le haut, ouvre celles du ciel, et qui, à droite et à gauche, couronne TEglise ou tue la Synagogue. L'iconographie chrétienne ne pouvait se prêter à de semblables combinaisons, sans donner des signes de décadence -, elle était, au contraire, dans la plénitude de sa fofce. lorsqu^au xin<* siècle elle faisait de la croix comme un édifice, dans le vitrail de la Passion, à Bourges, en la représentant comme surmontée d*un portique, au moment où Notre-Seigneur s'avance pour y être attaché; il n'y a rien là, en effet, qui soit intempestif ou exagéré. Notre-Seigneur, en se livrant au supplice, va faire de la croix l'édifice de notre salut et la porte du ciel. Sans doute, il y a aussi de bonnes pensées à tirer de la croix à bras de chair : mais il n'en est pas moins vrai que , dans un cas , le langage figuré s'égare jusqu^au grotesque, tandis que dans l'autre il demeure sensé. Cette différence tient à ce qu'on s éloigne trop de la nature de la croix, en la faisant animée, tandis que la croix ayant été effectivement une sorte de monument , on peut, sans trop s'écarter de ce qu'elle fut , lui attribuer des formes monumentales. Daiis la verrière dont nous parlons, Notre-Seigneur n'y est pas attaché, mais il est au moment de l'être: nous avons donc pu parler de la croix devant laquelle il se trouve, comme d'une croix de crucifiement; nou^ allons maintenant nous occuper des croix qui, à d'autres titres, et sous des formes très-diverses, nous paraissent devoir être classées exclusivement dans la catéguricdes monuments.

VU

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