Ciampini, Vet. mon., T. I, pi. lxi
DE DIEU. i43
fl ont mangé le frait défendu. Il est représenté sf>us la figared'un homnfie f de trente ans, sans barbe, pieds nus, vêtu d'une tunique bleue et d'un c manteau rouge et or; sa tète est ornée d'un nimbe en or plein, bordé de c rouge; il tient en main un sceptre '. »
On observera que, dans cette miniature , il s'agit encore de rendre un récit. Il est probable que la lacune qu'aucun renseignement ne nous a permis de combler, vient de la rareté, dans les monuments intérieurs au moyen ftge proprement dit, des monuments figurés d'un caractère vraiment historique , comparativement à ceux qui, en beaucoup plus grand nombre alors, expriment des idées plus générales, en des compositions symboliques. Dans celles-ci, une représentation de Dieu semblerait vouloir direquel il est, tandis qu'en des compositions historiques , on dit seulement ce qu'il fait.
La miniature du ix^' siècle, citée par Emeric David, n'est d'ailleurs nullement isolée à son époque et dans son genre. Dans la bible de la Basilique de Saint-Paul à Rome, offerte également à Charles le Chauve, on voit de même un Dieu imberbe présentant Eve au premier homme K
Dans la miniature d'un Exultetdn xi® siècle, nous voyons paraître pour la première fois une figure de Dieu représenté dans un but de glorification directe; l'enlumineur l'a fait pour traduire ces mots : yEtemi régis tplendore illustrata; et à mesure que se déroulait le long parchemin sur lequel lisait le diacre, les assistants à la bénédiction du cierge pascal voyaient apparaître un roi couronné par deux anges 3.
M. Didron a encore publié, d'après un psautier italien de la fin du iu« siècle (Biblroth. nat. suppl. fr. 1132 àis), une figure ornée du oimbe crucifère, et armée d'une épée, d'un arc et n'une flèche, correspondant à ces mots du Rsaume xvu : Et misit sagitias suas et dissipavtt eos ^.
Dans le psautier de la Bibliothèque nationale, aussi duxn<^ siècles (supp. latin. il94), on voit, sur la première page, une miniaiure où les six jours de la création sont représentés dans autant de médaillons circulaires. Dieu, dans chacun d'eux, occupe un espace séparé représentant le séjour céleste, l'artiste n'ayant pas voulu lui faire mettre la main à l'œuvre, mais plutôt montrer la puissance de sa parole; nous y reviendrons quand nous parlerons plus expressément de la Création.
La miniature d'une bible (Biblioth. nation, n^ 6} publiée parM. Didron, ayant à représenter l'apparition des trois Anges à Abraham , a subs-
1. BUtoire de la Peinture au moyen âge. Paris, 1842. p. 40, note. 1 D*ÂgiQcourt, Hist. de Cari par Um monum. Peint., T. V. pi. xuii.