LES TROIS FIGURES HUMAINES SEHBLARLES
Il nous reste à parler, comme moyen de représenter la sainte Trinité, des trois figures humaines semblables. Nous avons vu que l'antiquité ne leur manque pas : le sarcophage du musée de Latran, oii on les observe dans la scène de la Création de la femme^ ne doit être que peu postérieur à l'époque oii saint Paulin décorait les églises de Noie et de Foiidi, et ce monument ne nous avait pas paru tellement isolé dans son genre que nous n'ayons cru pouvoir citer un autre sarcophage S où Dieu, recevant les offrandes de Caïu et d*Abel, est accompagné de deux autres personnages, que nous avons pris de même pour les deux autres Personnes divines; mais avec cette différence, que, dans cette circonstance, il faut exclure toute intention de les représenter tous trois absolument semblables. D'ailleurs, il faut convenir que ces deux personnages ne paraissent prendre aucune attention à ce qui se passe près d'eux ; que, sur un troisième sarcophage ^ , où Dieu est pareillement assis pour prononcer son arrêt sur Adam et Eve, on voit de même une figure accessoire et inat* tentive; que des figures analogues sont assez fréquemment distribuées, on ne sait trop pourquoi, sur d'autres parties de ces monuments. Il y a donc quelque raison de douter, quant à ce second exemple, d'une représentation de la sainte Trinité sous trois figures humaines. Nous sommes obligés ensuite de descendre de cinq ou six siècles, pour en trouver un troisième exemple, qui nous est signalé par M. Didron, comme s'observant dans un manuscrit de la fin du ix^' ou du commencement du x« siècle, laissé par saint Dunstan, archevêque de Cantorbéry : les trois Personnes n'y seraient pas semblables, le Père et le Fils étant représentés d'âge mûr,
1. Boiio, Bfuma MfL, p. 159, et notre pi. v, T. i. Noos aroas dit pourquoi les deux figures accessoires sont i peine indiquées par notre planche.
1 Bosio, Borna ioU., p. 431.
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et le Saint-Esprit i^lus jeune ^ Au contraire, dans le bénédictionnal de Saint-OEthelwold, manuscrit du môme temps à peu près,Dieu,à la fête de la sainte Trinité, est représenté par une figure unique, trônant dans une double auréole sur l'arc-en-ciel, la tète ceinte d'une couronne royale et -adossdé à un nimbe crucifère , un livre à la main gauche. L'unité ainsi fortement célébrée, la Trinité n'est rappelée que faiblement; mais elle l'est avec une intention manifeste par le geste de la main droite. Ce geste est foncièrement celui qui est dit a de bénédiction latine »; mais ici Dieu ne l)énit pas, et ces trois doigts levés avec fermeté disent résolument: a Nous sommes trois ».
Une figure semblable, quant à ses termes essentiels, se voit plus loin en regard d'une ligure de saintç Âetheidryde, et là encore une inscription tracée autour de l'auréole ne laisse pas de doute que l'on ait voulu représenter la Trinité; celte inscription, la voici : Unus eT [e) Temus Deus. Les deux T majuscules annoncent l'intention dinsister sur le mot Temus, et un e de caractère différent, inscrit avant le mot Temus y sert à faire lire en même temps etemus. Au jour de la Trinité, l'inscription est celle-ci :
TRINITAS
VNVS ET VERVS DBVS . PATER . ET FILIVS . ET SPIRITVS SANCTVS.
On voit, en comparant ces deux miniatures, que dans celle-ci on avoulU; tout en représentant une figure unique, insister sur le mot friniVe, et dans la.suivante sur l'idée de l'unité.
Nous retrouvons, au xiu^ siècle, les trois figures humaines semblables, dans le manuscrit d'Herrade, VHortus deliciarum : là, il n'y a plus similitude seulement d'âge et de visage, il y a similitude d'attitude, les trois Personnes divines étant également assises et tenant conseil au moment de la création de l'homme, comme l'indique cette, inscription, portée sur la banderolle qu'elles soutiennent simultanément :/*aeramu5 hominemadîma' ginem et sirnilitadinem nostram etprœsit cunctis animantibus tefTce ^. Cependant, on a voulu, entre ces trois figures presque identiques, faire recon-