‹ Guide de l'art chrétienChapitre 124 sur 238 · Met. dTArch., T. I, pi. i · texte numérisé non relu

Met. dTArch., T. I, pi. i

3. Ape ItaKana^ An ii, pi. xix. Ce pelil tableau faisait ordinairement pnrtie d*anc PredefU dans la cathédrale d'Arezzo. Dans le panneau de la Vie de Noire-Seigneur , à rÀcadëmie de Florence, Giotto a rei>ré8enté Judas s*ëloi$i^nant.

lîon, apparemment, sans intention mystérieuse; dans le bas-relief de Saint-Germain -des-Prés, Judas tenait un calice.

Léouard de Vinci semble avoir voulu le placer entre saint Pierre et saint Jean, où il se ferait reconnaître à son air soucieux et à son poing fermé convulsivement. Il serait, par conséquent, à portée d*entendre, ao moment où le premier prie le second de s'adresser au Seigneur pour savoir quel est le traître dont il parle. Le Poussin, à l'exemple de Giotto, dans la Vie de Noire-Seigneur^ à TAcadéroie de Florence, a représenté Judas déjà levé de table et s'en allant préparer raccompHssemenl de son crime. Souvent on lui a mis une bourse à la main, moyen (aci)e de le caractériser. On a cru reconnaître cette bourse sur le sarcophage de Saint-Maximin ; mais c'est là, nous le croyons, une méprise : la main qui porte, non pas une bourse, mais un volume roulé, appartient à Notre- Seigneur. Ce mode d'attribution est d'un caractère relativement moderne, et nous ne pensons pas qu'on l'observe avant le xu^pu le xui<> siècle. L'auteur des tapisseries de Reims et celui des vignettes de Sîmon Vostre, s'en sont servis pour désigner le traître au moment où il accomplit sa communion sacrilège ; c'est à la suitede cette odieuse profanation que, dans les vignettes, il est conduit devant le prince des prêtres pour recevoir le prix de sa trahison; par suite de cette disposition, il n'est pas censé assister au Lavement des pieds qui a lieu ensuite; c'est une inexactitude: on a la preuve que le traître y assista, par ces paroles du Sauveur: « Vous êtes purs, mais non pas tous ^ d II reparaît au Jardin des Olives, donnant son baiser infâme; puis s'éloignant, désespéré, après avoir jeté devant les princes des prêtres, la somme d'argent qu'il avait reçue ; et enfin on le voit suspendu à Tarbre où il a trouvé la mort, tandis que le démon emporte son âme.

Nous revenons ati Baiser de Judas, comme offr$mt le sujet d'une peinture à caractère, telle qu'on la recherche dans l'art moderne. Où-trouverune situation plus dramatique et où les physionomies aient mieux àse dessiner? Judas n^est plus uniquement poussé par l'avarice et le dépit; quoique sans repentir, il reculerait peut-être en vue de l'odieux dont il va se couvrir, mais il est trop engagé, et il est poussé aussi par la crainte des sbires qui l'ont suivi. A l'hypocrisie pour accomplir son crime, il faut qu'il joigne de l'audace, et son sourire sera dans le vrai, s'il prend quelque chose à la fois de faux et de satanique par la méchanceté. Sous l'empire de tant de passions accumulées, son teint sera livide, ses traits tirés, ses yeux auront quelque chose de hagard. Cependant l'artiste manquerait aux conditions'de l'art, s*il allait par trop l'avilir. Il lui faut, dans

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