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AnnaUi arehioL, T. XXVI

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derrière saint Jean, il ne saurait donner Tidée d^aucun contraste. Mais rayant opposé, avec se^^ soldats, comme sur le tableau allemand, à la Hère de Jésus livrée à sa douleur^ avec saint Jean et les saintes Femmes, il semble que l'on ait voulu montrer d'un côté la nature qui gémit, de l'autre la grâce qui triomphe à la mort du Sauveur. Dans le bas-relief de Pise, la douleur n'est exprimée que par le groupe de la sainte Vierge défaillante, et de deux des saintes Femmes qui la soutiennent. A côté il'elie, saint Jean et trois^utres saintes Femmes lèvent les yeux, dans un sentiment d'admiration et de contiance, vei*s Notre- Seigneur expirant. Il était bien de chercher à rendre ce qu'il y a eu, à la tois, de douloureux et de vivifiant sur le Calvaire. Hais il est vicieux de prêter, à cet effet, à Marie, un rôle où disparaissent la dignité de son caractère et sa résignation sublime. Le peintre allemand du xui* siècle, lui ayant conservé Tusage de ses sens, est resté assez convenable sous ce rapport. Mait Nicolas dé Pise est d'autant moins excusable de s'être écarté de ces conditions, qu'il faisait moins ressortir l'opposition dont noHs parlons, dès lors qu'il ne cherchait pas à mettre en communauté de sentiment, d'une part tous ceux qui accompagnent Marie, de l'autre toi^sceux qui accompagnent le centurion.

Au Campo Sanio de Pise, dans le Crucifiement attribué soit à BuiTalmaco, soit à Pierre d'Orvieto, le partage ne se fait pas symétriquement d'un côté à l'autre de la croix, comme à Soest, mais il est aussi complet. La douleur, et même la douleur excessive, s'étend à tous ceux qui étaieiit liés à Jésus par d'anciennes affections. La defaillance.de la sainte Vierge est portée à ses dernières limites, les saintes Femmes grimacent de désolation : c'est là ce que nous critiquons vivement. Saint Jean conserve une certaine dignité au milieu des iarmesque lui arrache un pareil spectacle : il peut passer. Mais ce qui est vraiment beau, c'est le centurion qui, placé seul en avant, dans la partie la plus en évidence du tableau, élève les yeux vers l'auteur du snlut. Noble chevalier, la tête ceinte du nimbe octogone précédemment signalé ^ il se frappe la poitrine, et la pensée vivifiante qui domine dans la composition se résume principalement en Jésus et en lui, bien qu'elle s'étende aussi au bon larron, sur lequel nous reviendrons bientôt.

Dans la miniature de l'évangéliair^ grec de la Bibliothèque nationale (n<^ 74)^ que nous publions, on ne voit plus que les soldats au pied de la croix, cette miniature leur étant uniquement réservée, à la suite de plu-

1. Dans la fresque de GioUo, à VArena de Padoue, il porte le nimbe circalaire plein. Mais, au lieu d*acclamer dans ce momeni le Fils de Dieu, il porte son attention sur U robe sans couture que tirent au sort ses soldats.

sieurs autres oii l'on accompli sur le Calva

liUlDK DE l'aBT CHBiTlE<>.

s'est atiacbé à d'autres circonstances du Anm» ire. Le porte-lance et le porte-éponge étant en

Le* titlàêlt la pied lie la Croix. (Miniature d'un diaii(éliair« itM.)

avant, le centurion doit être le personnage placé derrière le premier, tl dont la tdte et le bras, en acclamant, s'élèvent au-dessus de tous les autres.

Noos ajouterons un mot sur saint Jean. Il est représenté, ordinairement, dans le sentiment de la douleur, alors même que la sainte Vierge le surmonte; on aura cependant remarqué qu'il arrivait quelquefois le contraire : la chaire de Pise en offre un exemple. Il arrive aussi que, considérant en lui l'Apdtre et l'Ëvangélisle, destiné à répandre la eanniî^ sancfl et les fruits du mystère qui s'accomplit en ce moment, on lui bkI un livre k la main, au pied même de la croix. Cette obsenfatî(Hi s'af^lique notamment A ce Crueifiemeitl peint dans le cimetière de Saint-Jal«i vers le vui* siècle, et publié par Bosio '; à la fresque de Sainl^létnent (pi. XII), fig, 1), au triptyque de la Bibliothèque nationale [id.,'3), à l'ivoire de]acolWtionSauvageot(p. 316). Dans deux Detceatei de Croix ita\ffita au xir siècle, l'une dans les grottes de l'Egsterstein, en Weslphalie', l'autre à Poussais, dans la Vendée, que nous devons à notre ami.

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