ExMlory of ouf Lord, T. Il, p. 2tf
4. Oa remarquera que le peintre, ayant rendu au Sauveur ressuscité tous ses vétemenls, 8*est trouvé dans la nécessité de faire une coupe artificielle daos la tunfque , pour que l'Apêtre y puisse passer la main. Le scniptf ur de rWoîre de Milan avait supposé la manche de celte tunique assez large pour que, étant relevée, elle oiHtlea nèmes facilités peur pénétrer jusqu'à la plaie du côté. Dans la miniature publiée par lady fiastlaka, on a supprimé entièrement la manche et décousu la tunique latéralement. On conclurait facilement en faveur du manteau , sans tunique, donné pour tout vêtement à Notre-Seigueur , après sa Résurrection, en le drapant de manière à laisser facilement la poitrine k découvert, tout en recouvrant parfaitement le reste du corps. Ayala est de cette opinion. {Pkl, Chrùt., L. III, cap. XX, § t.)
400 GUIDE* DE l'art chuétibn.
vignette de Simon Yostre, de la piété, mats sans élan ; c'est an sentiment de bonté qui domine dans le mouvemeni de Notre-Seignenr, prenant la main de son disciple pour lui faire toucher son côté. Saint Thomas s'est jeté à genoux et laisse aller, sa main où son divin Maître veut lacondoire. C'est alors de la docilité, de robéissan«;e qui se manifeste cbex lai. Ses compagnons, les mains jointes, la tête penchée, se montrent surtout touchés ^
Ces pieux sentiments ne sont ici qu'indiqués dans un étroit espace. 1U sont rendus dans le tableau de Cima de Conegliano : la plus douce piété y respire ; le souvenir nous en e^t resté comme l'un des meilleurs de tout ce qui a été peint dans la manière très-tinie de Belliui. Ce tableau, l'un des joyaux maintenant de la galerie de Venise, a été exécuté pour faire an tablc^au d'autel, — d'un aut«^l placé sous le double patronage de l'apôtre saint Thomas et de saint Magnus. évêque d*Aquilée; celui-ci est placé derrièi*e Notre-Seigneur, dans ses vêtements épiscopaux, soQSun portique qui embrasse les trois personnages. La scène de saint Thomas cédant à l'impulsion de Jésus qui lui met le doigt sur la plaie de son côté, a plus que jamais été prise^ vu la circonstance, dans un ordre d'idées tout personnel, comme trait principal dans la vie de l'Apôtre. On commença, en effet, alors, à mettre les Saints en action dans les tableaux d'autels eux-mêmes; mais l'école restée fidèle aux Bellini s'efforça toujours de le faire dans un seutiment pieux.
Dans les tableaux oii l'esprit moderne a tout à fait pris le dessus, — nous en citerons deux, l'un de Rubeus, l'autre de Vandyek ^ — TApôtre, loin de rendre aucun témoignage, loin d'exprimer aucun empressement affectueux, n'est qu'un investigateur des plus vulgaires, vérifiant, avecune attention que nous appellerions impertinente, la réalité des plaies dont l'empreinte est demeurée aux mains du Sauveur.
Il y a, sansr-doule, dans le Christ de Vandyek lui-même, une complaisance bienveillante qui n'est pas exempte de sentiment religieux. Quant nu tableau de Rubens, il nous est impossible d'y trouver rien qui puisse élever l'âme.
L'apparition de Notre-Seigneur sur les bords du lac de Tibériade tient un rang élevé dans l'iconographie chrétienne, et l'on pourrait s'étonner que nous n'accordions aucune mention à l'un des chefsd'œuvre de Raphaël. Le carton d'Hamptoncourt représente la tradition des clefs comme une des circonstances de cette apparition même; mais cette
1. Les estampes da P. de Natalis el de Damien Marafti sont eoncaes â peu près seloo les mêmet données.