MS L APOCALYPSE
pas ce tivre prodigieux, pour voir comiDent on pourrait convenablement illustrer chacune de ses pages. Ne Tayant pas tenté pour les autres parties de la sainte Écriture, où il était plus facile de le bien faire, nous nous contenterons^ à bien plus forte raison, de nous attacher à quelquesunes des phases les plus saillantefi de l'Apocalypse et aux principaux acteurs de ce grand drame. Si nous riéussissona à bien déterminer le caractère qu'il convient de donner à leur représentation, nous aurons frayé la voie à ceux qui entreprendraient de multiplier leurs images pour les suivre dans ses péripéties variées.
A ses meilleures époques, Tart chrétien a puisé dans TApocalypse ses inspirations les plus larges et les plus profondes. A peine sorti des Catacombes, il lui emprunte principalement les éléments de composition dont il se servit, au point culminant des nouvelles basiliques, pour célébrer le vainqueur divin et son Église, pour le représenter comme le principe et la fin, Yalpha et VomegaiQ toutes choses ^ Le palmier qui s'élève près du Sauveur, c'est l'arbre de vie ^\ le Jourdain qui s'étend sous ses pieds, c'est le fleuve qui coule du trône de Dieu et de l'Agneau ^\ la montagne sur laquelle il s'élève en personne, ou bien sous cette douce figure d'Agneau, c'est la montagne de Sion ^. Si cet Agneau porte la croix sur son front, c'est que eette croix est le signe du Dieu vivant, qui est aussi gravé sur le front des élus s. Ce divin Agneau est couché sur un autel, qui est aussi un trdne; sur un autel, pour rappeler qu'il a été immolé; couché dans l'attitude du repos et la tête haute, parce qu'il est vivant et qu'il règne; avec le livre aux sept sceaux près de lui, parce que c'est lui qui, en l'ouvrant, a donné la solution de toutes choses ^. Les sept candélabres dans la mosaïque de Saint-Côme-et-Saint-Damien, et dans celle de Sainte-Praxède, et encore lésâmes de ceux qui ont été mis à mort pour la parole de Dieu, revêtus de robes blanches et placés sous l'autel \dans la la mosaïque absidiale, à Saint-Paul-hors-les-Murs, sont de même autant d'emprunts faits à l'Apocalypse. Hais ce sont principalement les figures des vingt-quatre vieillards, et par-dessus tout celles des quatre animaux évangéliques, qui attestent avec le plus d'extension et de persévérance combien on s'est inspiré de ce livre merveilleux pour glorifier Dieu et son Verbe incarné.
Les quatre animaux se voient partout. Quant aux vingt-quatre vieil-
1. Apoca]., I, 8 ; xxi, 6; xxu, 13. Voir notre T. Il» pi. xviii, 5.
S. Id., xxii, 2. T. I, pi. IV.