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Apoc , IV, l

2. L*élogeque nous décerooosàces vignelles, nous oblige à faire nos réserves sur les e&cadremcnls d'un caractère ordinairement futile, quelquefois inconvenant, qui iec i€coinp;)gnent. On y aperçoit i*un des plus mauvais côtés de la Renaissance. Nos éloges ne portent d'ailleurs que sur la composition des vigneUes, car elles sont faibles d*expression.

DE l'apocalypsb. 469

à la bouche, entre les sept candélabres et ces sept églises que nous avons décrites, le dessinateur a consacré cinq vignettes à Texposition du IV* et du v® chapitre du livre sacré. Il est nécessaire de réunir ces deux chapitres, quand on doit rendre dans un seul tableau cette partie du drame, puisque TAgneau, qui en est Tacteur principal, n'apparaît que dans le second. Si , en concentrant la représentation , on ne faisait apparaître qu'une seule itgure divine, il faudrait que ce fût, à Texeniple dd verrier de Bourges, celle de Noire-Seigneur Jésus-Christ, c'està-dire TAgneau en personne. Dans la première de nos cinq vignettes, Dieu le Père apparaît seul entouré des quatre animaux» avec les sept lampes au-dessous de lui, les vingt-quatre vieillards plus en avant, et saint Jean qui le contemple, plus en avant encore. Il n'y -a là d'emprunté au v« chapitre de l'Apocalypse, que le livre tenu à la main de la figure divine. On né peut reprocher à l'auteur de n'avoir pas représenté l'Agneau, puisqu'il va apparaître tout à Theure. Ce n'est pas immédiatement : on voit auparavant, dans une scène à trois personnages, l'Ange qui demande quel sera celui qui sera digàe d'ouvrir le livre, et un des vieillards, qui, s'adressant à saint Jean désolé, tâche de le consoler ; puis une autre scène où Dieu reparaît sur son trône, et où toute la cour céleste demeure en suspens. On pourrait réclamer contre la position du livre, qui, entre lesmains de Dieu, tout à l'heure fermé, est maintenant ouvert, avant que l'Agneau ne soit intervenu pour enlever les sceaux. On voit, cependant, pourquoi ce livre est ainsi représenté : c'est afin de montrer qu'il est bien rempli, et de témoigner que personne n'est capable d'y lire.

Dans la vignette suivante, la même idée se soutient : le livre est ouvert au-dessous de l'Aj^meau; il s'agitde le lire plutôtquede l'ouvrir 5 la pensée, d'ailleurs, est la même, puisque le sons en est fermé: on y voit les sept sceaux, représentés par sept fermoirs qui sont actueltemeut sans emploi. L'Agneau, ici, occupe la place même du trône divin, entre les quatre animaux, et il faudra passer à l'examen d'autres vignettes, pour le trouver réuni à la figure de Dieu le Père : alors, s'avançant vers cette figure divine, il pose les deux pieds de devant sur le livre, qu'elle tient de nouveau entre ses mains. Cette mise en scène de la solution mystérieuse est rendue avec assez de réserve pour ne pas nuire au caractère sage et posé de nos petites vignettes; mais il n'est point nécessaire, pour exprimer la pensée de saint Jean, d'imaginer comment l'Agneau pourrait naturellement recevoir un livre. Le rapprochement seul du livre et de l'Agneau dit tout.

Bien moins encore fera-t-on une loi aux artistes de chercher comment disposer, sur la tête du divin Agneau, les sept cornes et Jes sept yeux. 11

est facile de ranger les premières en forme d'aigretle, et on Ta fait habituellement quand on a voulu directement représenter le chapitre y de l'Apocalypse ; tandis qu'on s'en est disp«însé quand on a voulu seulement emprunter à ce livre sacré, des éléments de représentation employés dans un ordre d'idées plus général encore. Mais les cornes, ainsi disposées, semblent un panache et un ornement, plutôt qu'elles ne donnent idée de la force qu'elles devraient exprimer. Quant aux yeui répartis sur la face, ils lui donneraient un aspect monstrueux, qnll (aot éviter; tout ce qu'on pourrait faire, cVst de les répartir au pied des cornes, à supposer qu'on ait représenté celles ci. A cette place, ils pourraient faire l'effet eux-mêmes d'un ornement surajouté, sans nuire i l'idée qu'ils doivent rappeler. Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que ce sont des idées dont il s'agit de traduire l'expression dans une antre langue, en termes qui doivent satisfaire le regard, comme, dans le discours, tout ce qui est bien dit flatte nécessairement l'oreille.

Il semble, d'ailleurs, que l'on soit d'autant plus autorisé à représenter les sept yeux du divin Agneau, indépendamment de ses yeux naturels, comme lui étant attachés, et non comme faisant partie de son être, que saint Jean se hâte d'ajouter qu'ils représentent les sept Esprits de Diea envoyés par toute la terre *.

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