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Vitraux de Bourges, p . teâl

2. Mallh., xxviji. 18-20; Marc, xvi, 15-20. :î. Ma:ih., xwiii, 20.

A Marc, xvi, C. r>. Ajioc, 1, 4.

DE l'apocalypse. 467

LA SECONDE VISION DE l'aPOCALYPSE.

Le quadrilobe central, dans la verrière de 1* Apocalypse» à Bourfces, se rapporte à la seconde vision de saint Jean, dont le saint évangéliste commence la description au chapitre IV de son livre; mais cette vision est résumée d'une manière plus large et plus rapide encore que ne l'avait été la première, dans les compositions précédentes. Au lieu d'une figure divine assise sur un trône, et qui semblait comme de feu, représentant Dieu le Père, et de la figure de l'Agneau, représentant le Fils de Dieu incarné, on ne voit plus, dans le médaillon central, que le Sauveur eu personne, tout flamboyant, et autour de lui, dans les quatre compartiments latéraux, les vingt-quatre vieillards distribués six par six. Et ici encore, au lieu de s'assujettir aux données fournies par le texte sacré, on a mieux aimé les interpréter. Ces vingt-quatre personnages ne portent aucun des insignes que leur attribue saint Jean, ni couronne, ni instrument de musique. Selon l'interprétation la plus commune, les vingt-quatre vieillards de la vision représentaient les Apôtres et les Prophètes : ce sont les Apôtres et les Prophètes en personne que le peintre-verrier a mis en scène, et, parmi eux, saint Pierre et saint Matthieu sont nommés expressément.

Saint Jean ne dit pas qu'il ail distingué les traits de la figure divine, qui lui apparut assise sur le trône suprême : il semblerait, au contraire, que Ces traits avaient trop d'éclat pour qu'il lui fût possible de les distinguer. Cependant, dès qu'on est fixé sur la manière de représenter le Père éternel ou Dieu le Père, cette image ne peut offrir aucune difficulté: on abaisse les tons à la hauteur de ses moyens; mais aussi, par là même, on doit sentir de plus en plus la nécessité, pour n'être pas trop au-dessous de son sujet, de parler à l'esprit plutôt qu'aux yeux. La représentation des quatre animaux est elle-même parfaitement déterminée par l'usage; ou ne cherchera point à réunir, pour chacun d'eux^ quatre têtes sur un même corps, conformément à la vision d'Ézéchiel ; on ne se croira même pas astreint à leur attribuer six ailes semées d'yeux de toutes parts, comme les dépeint saint Jean. Il suffira de quatre figures ailées; c'est par la transformation de leurs types, par le souffle inspiré s'exhalant de leurs physionomies, que ces figures d'aigle, d'homme, de lion et de taureau, se montreront dignes du rôle insigne qu'elles sont appelées à jouer immédiatement autour du trône de Dieu. 11 n'est pas très-difficile

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(le suspendre en dessus, en dessous, ou tout autour de ce trône, les sept lampes; les vingt-quatre vieillards peuvent aussi se grouper assez faciiennent, ou en avant, ou au-dessous, ou sur les côtés, pourvu qu'on renonce à trop dire. Si on les fait asseoir chacun sur un trône : sediUa viginti quatuor, et super thranos viginti quatvor seniores sedentes^^ op s'exposa à embarrasser la composition ; on ne peut simultanément leur poser lacouronne sur la tète, et la leur mettre à la main, pour qu'ils l'offrent à Dieu; ils peuvent tenir d'une main leurs harpes, et de l'autre leurs vases d'or; ib ne pourraient célébrer les louanges de Dieu par les sons de leurs inslroments, et tenir en même temps ces vases remplis du parfum de la prière: cependant, dans la sublime réalité des choses, tout se fait à la fois. Obligé de choisir entre diverses situations et de n'en exprimer qu'une seule, il ne sera pas défendu de prendre des moyens qui ne sont pas littéralement donnés dans le texte sacré, pour en rendre plusieurs autres, comme, par exemple, de suspendre les vases devant les vieillards, tandis qu'ils touchent de leurs harpes. Ces vases mystérieux peuvent parfaitement être censés se tenir dans l'air, par la seule volonté de ceux à qui ils appartiennent, comme la prière, elle-même, s'élève sans l'appui d'aucun bras de chair-, ainsi on fera plus, on fera moins, sans altérer la substance du sujet.

On peut aussi représenter les différentes phases de la vteion, par des tableaux multipliés,* mais ce moyen, qui convient pour l'illustration d'un livre, apporterait de la confusion dans une œuvre plus monumentale, ou il en affaiblirait l'effet en le disséminant. Ce n'est pas sans raison que le P. Cahier a loué la mâle sobriété du vitrail de Bourges. Nous goûtons aussi ce caractère de sobriété, dans les vignettes de Thielrnan Kerver*. où il se manifeste en des termes tout différents. Ici, il s'agit précisément de répartir entre les pages d'un livre, des scènes successives que l'on parcourt en le feuilletant, et plusieurs de ces petits tableaux appliqués à la même vision, servent à faire apercevoir toute l'abondance d'idées qu'elle renferme, sans qu'aucun d'eux soit confus et surchargé. Ainsi, après avoir, dans une première vignette, représenté l'Ange qui apparaît à saint Jean et lui commande d'écrire ce qui va lui être révélé-, montré dans une seconde, tandis que saint Jean médite, les sept Anges qui supportent les sept églises; dessiné, dans la troisième, l'apparition du Sauveur, Tépée

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