Apocal., V
DE l'apocalypse. * 47i
que dans les termes du livre sacré , cette signification plus lar^e n'exclura aucune des interprétations particulières que l'on peut aussi donner.
Après avoir célébré dans sa plus grande généralité, le mystère du livre ouvert par le divin Agneau, saint Jean reprend en détail re qui suit l'ouverture de chacun des sept sceaux. Au moment ou sont levés les quatre premiers, il apparaît successivement quatre chevaux, correspondant i chacun d'eux, et qui sont montés par autant de cavaliers. Chacun de ceschevaux, avec son cavalier, semble aussi avoir quelque correspondance avec chacun des quatre Évangélistes, puisqu'au moment où chevaux et cavaliers vont apparaître, ce sont les quatre animaux qui sont appelés, l'un après l'autre, à jouer en quelque sorte le rôle de hérauts, et qui avertissent de prêter attention au prodige qui va s'accomplir. « Venez et voyez », disent tour à tour le premier, le second, le troisième et le quatrième animaU lorsque vont apparaître le premier, le second, le troisième et le quatrième cavalier. Ces cavaliers montés, le premier sur un cheval blanc, le second sur un cheval roux, le troisième sur un cheval noir^ le quatrième sur un cheval d'une pâleur livide, ont pour trait commun d'être des combattants. Ils exercent donc une puissance destructive, mais en tant qu'ils sont au service de Dieu; ils ne l'exercent que pour le bien, et afin de vaincre le mal. Les interprètes des saintes Écritures s'accordent à considérer le premier de ces combattants comme représentant Notre-Seigneur Jésus- Christ lui-même, a On lui mit une couronne, et il partit en vainqueur « pour aller vaincre, s Data est ei corona^ et exivit vincemut vinceret ^ La grandeur et la solennité de ce langage, annonçant un général d'armée heureux et triomphant, ne semble, en effet, applicable qu'au divin triomphateur, à celui-là même qui, monté également sur un cheval blanc, apparaît à la tête des armées angéliques dans la vision du chapitre xix '. D'un autre côté, il est certain que le dernier des quatre cavaliers représente la Mort, puisqu'il est ainsi nommé, et que l'Enfer le suit : Nomen an mors, eiinfernus seguebatureum^. Il parait clair, en même temps, que le second et le troisième cavaliers — l'un qui brandit une grande épé<^ l'autrequi tient une balance à la main, pourindiquerlarareté(lublé,dont chacun ne devra recevoir qu'une quantité très-restreinte — représentent la guerre et la famine. Comment accorder que l'auteur de la vie, le divin Sauveur, soit en quelque sorte asszmilé à des fléaux? Les trois derniers cavaliers ayant ce caractère, ne devait-on pas croire plutôt que le pre-