Apoc, XIX
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par son second avcnement/en tant que Souverain Juge. Mystère qui rappelle plus expressément. le mode de représentation employée Bourges.
Ces mystères sont accomplis, il ne s'agit plus que d'en recueillir les fruits. Les nocesdel'Agneau, c'est l'éternelle béatitude, pour l'uni versalîté des élus. Voilà, en effet, dans lesdeux lobes inférieurs de la rose dont Jésus triomphant occupe le cœur, deux groupes de bienheureux. Si nous nous attachons spécialement au groupe de droite, nous remarquons qu'un seul de ceux qui le composent, le premier de tous est nimbé; sa tonsure le fait facilement reconnaître : c'est saint Pierre. Dans le lobe opposé, tous les pei*son nages sont sans aucun nimbe; on doit les considérer euxmêmes comme faisant suite au prince des Apôtres. Ce ne sont donc pas là les Saints, qui, pour leurs vertus héroïques, ont été honorés d'un culte public par l'Eglise, mais la multitude des élus, membresde TËglisepar là même qu'ils tiennent à sa tcte,— ^ à celui qui la représente là*haul, parce qu'il en a élé'le chef visible ici-bas, — et admis à ce titre avec lui au festin des noces célestes. L'Église qui apparaît sous cette figure, en tant quelle est formée par l'assemblée des invités, étant aussi l'Épouse, est de plus représentée dans l'un des lobes supérieurs de la rose, plus spécialementen cette qualité. Et alors elle est mise en tegard de l'Agneau, c'est-à-dire de l'Époux qui occupe, de l'autre côté, le lobe correspondant. De sorte que Noire- Seigneur et l'Église, l'Époux et l'Épouse, sont l'un et l'autre doublemeot représentés, à des points de vue divers, dans cette seule partie de la verrière, le Fils de Dieu en personne et so\is figure d'Agneau, l'Église par ses membres et son Chef réunis, puis personnifiée par la figure allégorique de la Femme par excellence. Et comme, dans cet ensemble d'idées, l'idée de couronnement et de récompense revient à chaque instant, l'artiste a eu soin de la rendre expressément, en faisant que l'Église, ainsi figurée, couronne deux de ses enfants agenouillés à ses pieds ; par là même, on voit qu'elle est mère, et qu'épouse elle a été féconde. Enfantant des chrétiens, elle a peuplé le ciel de ses élus.
Dans celte belle composition, tout imprégnée de la saveur apocalyptique, on n'a donc pas craint d'introduire des éléments dont saint Jean ne parle pas; il ne parle pas d'élus recevant des couronnes, mais son livre est tout rempli de l'idée ainsi exprimée. Le peintre-verrier, d'un autre côté, ne s'est pas astreint à représenter les murs de la cité sainte \ cette cité est épouse, elle est reine ; il a cru avec raison qu'il disait tout ce qu'il lui importait de dire proportionnellement aux limites de son cadre, en la représentant comme une femme couronnée, qui elle-même distribue des couronnes, li aurait pu réunir les deux images, à peu près copame on le voit dans une vignette des éditions xylographiques daCanUquedes
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Cantiques^ où* pour rendre ces paroles de ce chant, lui-môjne si merveilleux : Ego murus : et ubera mea sicut turriê, ex quo fada sum coram eo ^ : « Pour moi, je suis un mur el mes mamelles sont comme une tour », le dessinateur a représenté aussi une reine assise; mais de plus, il l'a adossée au donjon d'une fière citadelle*, deux Anges s'avancent, lui adressant ces autres paroles prises dans un autre passage du même livre : Sicut Tunis David colium tuumquœ œdtficata est cvm profnàgnaculis : a Votre oou est comme la .tour de David avec ses fortiiicaa lions n ; mille clypei pendent ex ea omnis armatura fortium^^ a mille boua cliei's y $ont suspendus, et toutes les armes des vaillants ». Et l'on voit en effet, tout le long des murs de la forteresse, de nombreux écussons suspendus.
L'artibte ne sera pas astreint à rendre simultanément toutes les métaphores qui peuvent s'accumuler dans quelques phrases, quelquefois même dans une seule; il lui sera permis, au contraire, de réunir des figures que l'écrivain aura dispersées, quand elles pourront tomber d'accord. L'Église est épouse, elle est assemblée, elle est forteresse, elle est pacifique et somptueuse cité; elle est aussi un jardin de délices, et c'est dans l'enceinte de ses murs que s'élève l'arbre de vie. L'on se rappellera que, dans la mosaïque de SaintJean-de-Latr'^n, ces deux images de la cité et du jardin sont associées avec celle du palmier surmonté du phénix, l'arbre de la Résurrection, et toutes ces figures sontcomme une çlépen Jance de l'image de la Croix, substituée à celle de Notre-Seigneur lui-même.
Pour nous attacher de plus près, en finissant, au texte sacré et à ce divin héros du poème, nous nous demanderons comment on pourrait rendre ces mots : Er iemplum non vidi in ea : Dominus enim Deus omnipotens templum iflius est^ et Agnus 3. « Je ne vis point de temple dans la cité sainte^ « car le Seigneur, le Dieu tout-puissant en est le Temple, et l'Agneau « l'est aussi d. On ne peut exprimer l'idée d'un temple, en sculpture ou en peinture, qu'en le représentant, e! Ton dira que Dieu est temple, que l'Agneau est temple, en adossant leurs figures à l'image d'un temple, comme, pour dire que l'épouse est cité, on adosse une image de reine à celle d'une cité. Alors on fait, à certains égards, le contraire de saint Jean, puisqu'il dit que, dans la cité, il ne voit pasdetemple, etquel'on en fait voir un. Cependant, ces deux modes d'expression ayant le même sens, chacun dans une langue différente, on pourra les considérer comme l'exacte traduction l'un de l'autre. Hais ce qui ressort surtout de cette