‹ Guide de l'art chrétienChapitre 222 sur 238 · d., XVI · texte numérisé non relu

d., XVI

DR L'aPOCALYPvSE. 419

raccorde à tout traducteur, pour les accommoder à son tour de phrase et au génie de sa propre langue, pourvu que Tidée soit aussi bien rendue et sans altération.

Cette image des vases pleins de colère, passée dans le langage usuel, est, d'ailleurs, une de cellesqui ont été employées pour généraliser un des faits de l'Apocalypse. Nous le voyons dans le vitrait du xv« siècle, consacréà ce livre mystérieux, dans l'église de Saint-Etienne-du-Mont, à Paris. On eu a résumé la pensée tout entière, en le divisant, non plus en trois parties, comme celui de Bourges, mais en deux parties seulement. Dans la partie supérieure est la scène des chapitres iv et v; Dieu sur son trône, le livre sur ses genoux, TAgneau qui s'approche pour Touvrir, tout autour les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards, au-dessous saint Jean et Tun des vieillards qui lui parle. Dans. la partie inférieure^ on ne voit plus que les sept Anges, qui répandent à la fuis les sc.pt fioles, et la liqueur vengeresse de l'une (relies tombe sur la béte, alors même que ses adorateurs sont à gtmoux à ses pied^.

DERNIÈRE VISION DB l'aPOCALYPSE.

La victoire est complète, la cité du mal est renversée; c'est en vain que ses sectateurs se lamentent, elle ne se relèvera plus de ses ruines. La ciié des élus reparaît triomphante, et le divin Époux va célébrer avec elle ses noces éternelles. Le poëte sacré chantera encore les combats du divin triomphateur, mais comme par un retour vers un passé glorieux, et pour donner plus d'accent à son épithaiame. En effet, quoique Jésus n'ait pas apparu dans les scènes précédentes, c'est parce <{u'il était à la tête des combattants, que l'issue en a été si heureuse. Que pour célébrer d'ailleurs son triomphe, on le représente sur son cheval de bataille ^ ou qu'on le montre suspendu dans une auréole resplendissante, la croix de la résurrection à la main, la pensée est la même, et le peintre-verrier de Bourges n*a pas craint, dans son système de large synthèse, de donner cette seconde ligure comme équivalent de la première, lui accordant la préférence parce qu'elle s'harmonise avec le style de sa composition. Le Christ est vainqueur : voilà la pensée commune, et au fond de cette pensée se trouve celle-ci : il est vainqueur par sa résurrection, par son ascension,

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