‹ Guide de l'art chrétienChapitre 45 sur 238 · PRÉSENTATION DE LÀ TRÈS-SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

PRÉSENTATION DE LÀ TRÈS-SAINTE VIERGE

La tradition d'après laquelle Marie n'aurait eu que trois ans lorsqu'elle se consacra au service de Dieu dans le Temple, est adoptée sans diflScultë parÂyala, comme une opinion re^^ue et commiine. It admet, sur l'autorité de Josèphe, qu'elle aurait eu quinze degrés à franchir à l'entrée du Temple, et il approuve ceux qui les lui font monter sans aucune aide; il juge enfin qu'elle dut être accueillie par un prêtre; il conteste seulement que ce fût le grand- prêtre lui-même ^ Tout ce que nous pourrions conclure de l'opinion moins favorable de Molauus, et de ceux qui ont contesté la valeur de ces traditions, c'est qu'on ne saurait obliger les artistes à les suivre; et, vu la latitude qu'il faut, dans tous les cas, leur laisser, ne fût-ce que pour se proportionner aux conditions variées d'espace, de perspective et autres, auxquelles ils sont perpétuellement assujettis, ces traditions seraient-elles mises hors de doute, que, dans la pratique de Tart, les conclusions ne seraient pas différentes. Les traditions dont nous parlons ont été recueillies/iès les yn^ et vm® siècles par saint Jean Damascène, saint Grermain de Constantinople, saint André de Crète, etc., sans parler des Pères plus anciens, comme saint Evode d'Ântioche, saint Grégoire de Nysse, l'authenticité des textes qu'on leur attribue n'étant pas suffisamment défendue par les critiques modernes.

La composition, resserrée dans un cadre étroit, peut, à la rigueur, se borner à deux personnages : la sainte Enfant qui s'offre, le ministre de Dieu qui l'accueille, — avec quelques rudiments d^afchitecture, pour indiquer le Temple. Cependant, comme il ne faut pas beaucoup d'espace pour montrer en même temps la présence de saint Joacbim et do sainte Anne, dans un angle du tableau, on fera bien, autant que possible, de ne pas les omettre : tout le reste n'est qu'une question d'accessoires, et de plus ou moins dans le développement de la mise en scène.

A part les traditions, il convient de représenter Marie petite enfant, parce qu'il est vraisemblable que, dès sa première enfance, elle soffrit à

Page 1