‹ Guide de l'art chrétienChapitre 46 sur 238 · Pieiar Chriêiiantu ertuiUut, L. IV, c. m, fî · texte numérisé non relu

Pieiar Chriêiiantu ertuiUut, L. IV, c. m, fî

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Dieu et lai consacra sa virginité, exemple suivi depais lors par beancoap de jeanes Saintes. Le respect des traditions n'astreindrait pas plus rigoureusement à prendre pour modèle un enfant ordinaire de même flge, qu'on n'est assujetti à représenter Jésus dans les bras dh sa Mère, avec les traits inertes d'un .nouveau-né : l'essentiel, c'est de rendre cette double pensée, que Marie offre les prémices de sa vie, et le fait, dès lors, souâ le voile de son ingénuité enfantine, avec la plénitude de son intelligeiice et de sa volonté. Qu'on lui prête les formes de l'adolescence, on a pu le faire sans exclure aucune de ces idées ; on leur a seulement ôté une partie de leur charme. Quant à la circonstance des degrés, l'essentiel encore, c'est que la très-sainte Enfant soit assez séparée de saint Joachim et de sainte Anne^ pour montrer qu'elle agit de son propre mouvement, et que s'ils ont le* mérite de consentir à son sacrifice*, c'est vraiment elle qui le fait. Il s'en faut de beaucoup, d'ailleurs, que les artistes se soient soumis avec constance à ces règles de composition, que nous .ne pouvons que conseiller, faute d'être en droit de les prescrire. Admettons de même avec Ayala qu'il n'était pas dans les attributions du grand-prêtre d'accueillir les jeunes vierges qui venaient se consacrer à Dieu dans le Temple. Aimons à penser avec lui, avec Catherine Emmerich qui, en cette circonstance, se trouve une fois de plus d'accord avec la tradition, et même avec l'érudition, que le prêtre chargé de ce soin, lorsque Marie se présenta, fut Zacharie ^. Il devrait être représenté en prêtre, mais non avec les attributs du grand-prêtre. Reconnaissons cependant que Zacharie lui-même a été très-souvent revêtu de ces attributs du souverain sacerdoce, lorsque l'arehange Gabriel lui apparaît et lui annonce la naissance de saint Jean- Baptiste. Il l'a été en particulier dans les peintures dont André Saccht a décoré le baptistère de Saint- Jean -de- Latran, sans qu'aucune des autorités qui pouvaient empêcher cette attribution s'en soit émue. Nous devons dire que ce sont de ces licences que n'autorise pas une sévère critique, mais que l'on tolère. Nous tolérerons d'autant plus celle-ci, qu'elle tend à rehausser l'importance du grand acte accompli par cette sublime enfant, lors de sa Présentation : acte en luimême supérieur, assurément, à tout ce que le grand-prêtre avait de plus élevé dans ses fonctions.

La tolérance que nous sommes forcé d'accorder aux compositions oti Marie paraît présentée par ses parents^ plutôt qu'elle ne se présente elle-même, se fonde sur des raisons toutes contraires, puis-

1. Ayala, Picior Chritt. erudiiu», p. 198. Catherine Emmerich, Vie de la sainte Vierge, p. 180. Le Guide de la Peinture du monl Alhos, p.. 280, confie également à Zacharie le soio de recevoir Marie dans le Temple. •

PEÉLVnU DU MVIN AViHtKBNT. US

qu'au lieu de m^tre eu fc^ief son action persooneUe, c'eU Aune et ioactaim que I'od fiit agir priDetpaiemeat. Mais ai on considère la part qu'Us prirent eux-mêmes à la détermination de leur sainte Eniant, on acomrdera qse cette extension de leur rôle ne constitue pas un contresens; on y verra seulement un affaiblissement de la note dominante, qui doit donner le ton au tableau tout entier. On pourrait croire que l'artiste du XI* siècle, qui a sculpté le diptyque du musée Barberini, dans lequel Marie, Joachim et Aune ne forment qu'un seul groupe, a eu l'intention de donner le premier rôle à ces deui dernière; mais, en y regardant plus attentivement, les bras levés de la petite Marie montrent que, si elle est venue sous la conduite de ses parents, c'est bien elle cependant qui, dans cette offrande, joue le rôle principal ^. Si le moindre doute était resté, il disparaîtrait en comparant cette composition avec celle du Ménologe de Basile, qui l'a précédée et lui a fourni tous ses éléments. Dans cette miniature, oii l'espace est moins resserré, la sainte Enfant se tient tout à fait séparée du groupe en tête duquel sont saint Joachim et sainte Anne ; et le préti-e qui l'accueille étant nimbé, on ne peut douter que dans l'intention de l'artiste ce ne soit Zacharie.

Il est hors de notre connaissance que la Présenta|ion de la sainte Yierge figure dans aucun monument plus ancien. On lui accorde volontiers une place dans ceux qui viennent ensuite. Le xm"" siècle ne s'est pas contenté de l'admettre sur les frises faisant l'office de chapiteaux au porche de la cathédrale de Chartres; on voit qu'il s'y est arrêté avec complaisance, en exprimant les. circonstances qui ont dû la précéder et la suivre : saint Joachim et sainte Anne^ assis, se résolvant à conduire Marie & Jérusalem ; leur double voyage, avec leur chère Enfant quand ils s'en vont, mais sans elle, au retour. Dans riiitervaile, on voit la Présentation même, et Marie montant les degrés du Temple, tandis que son père et sa mère sont demeurés en arrière. Au xiv« siècle, Thadée Gaddi, dans les fresques de Santa Croce^k Florence, ayant un vaste tableau à consacrer à ce touchant sujet, a voulu, comme nous l'avons vu (T. I, pi. xx), tout en suivant les traditions, en exploiter les côtés pathétiques et pittoresques. Il a eu soin, pour les d^rés du Temple, de les porter au Qombre précis de quinze. Marie vient de quitter ses parents ; elle se retourne vers, eux pour leur faire ses derniers adieux, apr^s avoir franchi résolument les premiers de ces degrés. Elle n'a pas d'âge bien déterminé: le peintre, inhabile à rendre les formes propres aux enfants, s'est contenté de lui donner la taille d'une toute petite fille, ce qui suffit à l'idée.

Sur le Tabernacle d'Or San Michèle^ Orcagna, restreint au champ d'un

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