Jourdain et Duva', Siallts d^ Amiens
PUÉLUDKS bt DIVIN AVÈNEMENT. 97
personnage qui raccueille, surtout, n'est plus le même : au lieu d'être debout, sans nimbe et revêtu d'ornementa sacerdotaux, il est assis et san^ aucun de ceb insignes; il est nimbé et il la bénit. Gori pense qu'il s*agit de contracter un engagement plus spécial avec Dieu , distinct de celui qui était commun à toutes les jeunes filles admises au service du Temple. Ce nimb« ferait supposer que, dans l'intention de l'artiste, cet engagement serait pris devant Zacharie < ; Tabsence de vêtements sacerdotaux , bien qu'il fût prêtre, servirait seulement à le distinguer du grand-prêtre, qui aurait présidé à la êérémonie de la Présentation. On pourrait aussi songer au saint vieillard Siméon, avec lequel Marie aurait eu des rapports pendant son séjour dans le Temple. Dans l'une et l'autre suppositions^ sans avoir pour cela besoin d'admettre que l'un ou l'autt^e de ces saints personnages fût dajis le secret de son vœu de virginité, ils interviendraient cependant, comme étant plus avancés dans les secrets de Dieu que les autres ministre^du sanctuaire, et pour mieux faire comprendre qu'il se passe, dans la circonstance, quelque chose de mystérieux. On comprendrait encore qu'avant de quitter le Temple, Marie, à ce titre, vient spécialement demandera l'un ou à l'autre de la bénir; et cette bénédiction , dans Tintention de la Vierge très-pure, aurait trait au moins à la grâce qu'elle devait alors désirer par-dessus tout, celle d'obtenir un époux qui fût son protecteur virginal. Quoi qu'il en soit, c'est la pensée de sa virginité, dont son chaste mariage devait être la sauvegarde et le voile, qui doit dominer toute autre pensée, quand on veut représenter chrétiennement ce mystère.
Sur le monument dont nous parlons, une sorte de balustrade ou de clôture, un peu élevée au-dessus du sol, et séparant saint Joseph de Marie lorsqu'ils se donnent la main , semblerait vouloir dire quelle doit être la nature de leur union. D'ailleurs, la scène est disposée comme la précédente, et Marie est amenée par ses pieux parents à son saint époux, comme elle Tétait, tout à l'heure , au personnage mystérieux dont, pour nous, la désignation est restée indécise. Cette représentation du Mariage de la sainte Vierge est la plus ancienne que nous puissions décrire. Nous devons à M. de Rossi la mention d'un sarcophage conservé dans la ville du Puy, où il aurait été, paraîtrait-il , représenté quatre ou cinq cents ans plus tôt'*, mais nous en ignorons la composition, et il nous faut descendre au XH* siècle pour rencontrer un nouvel exemple : nous le trouvons parmi les bas-reliefs de la porte Sainte-Anne, à la façade de Notre-Dame
1. D*après le Guide de la Peinture du mont Athos, ce serait iiu.<si en présence de Zictiarie que le mariage de la aainle Vierge sérail contraclë, et alors il e«l dit qu*il Ip iiénit (p. ^81). t. Me Hossi, BuUelin dTArek. chrél., 1869.
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de Paris, où nous avons déjà observé toute Thistoire de saint Joseph. Comme sur l'ivoire du xi* siëde, la sainte Vierge est accompagnée de saint Joachim el de sainte Anne, sans qu'on ait tenu compte des traditions, d'après lesquelles son père aurait alors cessé de vivre. De sa main gauche, die lui tient encore la main ; elle a donné la droite au prêtre, qui a pris aussi celle de saint Joseph, mais sans les avoir encore rapprochées l'une de l'autre. Nous disons le prêtre : cependant le vénérable personnage qui les unit n'a aucun insigne sacerdotal , à moins qu'on n'accorde cette signification au pan de son manteau relevé sur sa téte.^ais, tout en insistant sur cette particularité, que l'union des deux époux, sur l'ivoire Barberini, se contracte en la seule présence des saints parents de Marie, nous ferons remarquer que, dans tous les monuments postérieurs, c'est bien manifestement un prêtre, et même d'ordinaire le grand-prêtre, qui préside à cette union.
Dans les petits bas-reliefs de Chartres, au xiii^ siècle, Marie, selon les termes de M. l'abbé Bulteau, est d'abord conduite à l'autel par un prêtre et par saint Joseph, qui tient un bâton fleurdelisé ^ Dans la scène suivante, les saints époux se donnent la main en présence du prêtre.
Nous avons justifié l'attribution du rameau fleuri ou du bâton fleurdelisé, attribué à saint Joseph, par des raisons de convenances, qui subsistent sans qu'il soit Ltesoin de tenir aucun compte des écrits apocryphes, à tel point que Molanus et Ayala les ont admises ^. Cet insigne étant l'emblème de la mission de saint Joseph, en. tant qu'elle abrite une virginité féconde, il s'ensuit que des rameaux desséchés et improductifs deviennent très-propres à désigner les prétendants exclus, et qu'en les brisant, ils rendent plus sensible tout ce qu'on doit considérer dans le choix qui est fait du saint époux de Marie , à leur exclusion ; mais H faut convenir que l'on a souvent accordé trop d'importance à cet élément de composition. Thadée Gaddi, dans les fresques de Santa Croœ^ à Florence, s'en est servi avec plus de mesure; ou plutôt le développement de son tableau a permis de lui donner une place, sans la lui laisser prendre trop grande, sans lui laisser absorber trop l'attention. Il a voulu , sans doute, que l'on reconnût saint Joachim dans ce vieillard qui^ la main appuyée sur saint Joseph, semble vouloir l'adopter; sainte Anne pourrait être la Cemme placée immédiatement derrière Marie, avec trois autres femmes plus ou moins avancées en âge : il eût été préférable qu'on la reconnût plus distinctement. En admettant qu'Anne la prophétesse eût été la maîtresse des jeunes filles élevées dans le Temple, et,. par conséquent, comme une seconde