‹ Guide de l'art chrétienChapitre 51 sur 238 · Oulteau, Description f.e fa ealh. de Chartrei, p · texte numérisé non relu

Oulteau, Description f.e fa ealh. de Chartrei, p

2. M<»laniis, Hisl. SS Imag., L. Il, c. xxix: Ayala, Phi. Christ, erud., L. IV, c. m, § 6.

PRKI.UDBvS DU DIVIN AVÉNëMëNT* ' 99

mère pour la jeune épousa, on pourrait croire qu'elle est celle dont la main s*élève en soulevant son manteau , et dont la tête s'incline dans le sentiment des grandes choses voilées sous Funion qui s'accomplit. Les autres seraient des membres de la famille. Les jeunes compagnes ont été projetées en avant, avec une diminution de taille tràs-con traire aux lois de l'imitation naturelle , mais avec cet avantage, qu'elles laissent paraître Marie en pleine perspective. Leurs sentiments, d'ailleurs, sont bien accusés comme exprimant une douce admiration, et l'empressement de quelques autres à regarder du haut des fenêtres du Temple ^ dénote autre chose qu'une curiosité banale. Parmi les hommes placés à la suite de saint Joseph, celui qui est le plus en évidence dit, par un geste d'acclamation, Timpression dominante de la foule entière; le jeu des orgues et les fanfares des trompette^ peuvent se faire entendre sans nuire au recueillement qu'inspire le groupe principal. La douce confiance de Marie, sa pureté naïve ont un charme que Raphaël, à ne considérer que les seules impressions de l'âm»^, ne saura pas dépasser. Elle laisse aller sa main, sous celle du prêtre, vers celle de saint Joseph : cette fois, c'est bien évidemment le grand-prêtre (on le reconnaît à la couronne dont est ceinte sa tiare), auquel le peintre a voulu confier le soin de présider à la plus sainte et à la plus parfaite des unions. Déjà on voit apparaître en lui ce sentiment, qui deviendra si pénétrant dans le tableau de Raphaël , et qui vous dit : il y a là un grand mystère que j'ignore. Et le spectateur, se' sentant dans le secret, sourit, dans son âme, à la perspective qui se déroule devant lui.

Le rameau de saint Joseph est surmonté d'un oiseau, qui, selon la légende, serait venu se reposer à son sommet. Ce détail, souvent reproduit, prendrait une haute signification , si, conformément à la version de Catherine Emmerich, on devait y voir une manifestation du Saint-Esprit.

Sur le Tabernacle d'Oy> San ilficAe/^ , Orcagna , dans la cérémonie du Mariage de la Vierge, se sert de l'anneau, qui devient ensuite d'un usage presque universel dans la représentation du sujet. Cet usage est, d'ailleurs, autorisé par le culte que l'on rend à l'anneau même que Marie est réputc'e avoir reçu de Joseph. On sait que cet anneau se conservait à Pérouse , et que le droit de le posséder avait été attribué à cette ville par décision du pape Innocent Ylli^ contrairement aux prétentions rivales des habitants de Chiusl, soulevées sous le règne de Sixte IV. Si on ne peut, du sérieux accordé à cette contestation par le chef de l'Église, conclure absolument que laTelique soit authentique, il résulte au moins, selon Tobservation personnelle d'un autre pape, Benoît XIV, une présomption favorable, plus que suffisante pour servir de guide en matière d'art ^

1. « Et qoamquvm in eojudkio prœsuniebalar ejas annuli Veritas, a tlamen qnis ignorât

100 GUIOE UK L*AUT CHRÉTIEN.

Sur la pWe/Zad'un tableau delMnnoric/a/ion.quise trouve dans Téglise du fîesù,aCortone, et où le BealoAngeiico a représenté les principaux traits de la vie de Marie, la scène duMariagenousavait frappéentre toutes, bien longtemps avant que nous ne songeassions à entreprendre ces études, el nous retrouvons cette note,écrile il y a plus de trente ans : «Marie, pure, naïve, contente, reçoit av€C confiance l'anneau de son saint prott>cteur ; elle est vêtue d'une longue robe bleue toute d'une venue. Joseph a une heureuse figure, sereine, honnête, qui rappelle l'Aristide antirjuedu musée de Naples, avec la sainteté de plus, avec un sentiment plus élevé ; il est bien posé, bien drapé. La joie expansive des jeunes gens qui l'accompagnent, contraste avec la joie modeste des jeunes (ides placées à la suite de -sa très-sainte épouse. Le grand-prêtre est un beau vieillard ceint de la tiare. »

Le Beato Angelico n'a pas été aussi heureusement inspiré dans un petit tableau de la galerie d^s Ufizzi, à Florence; la différence va si loin, qu^elie nous t'ait douter que ce tableau soit tout entier de lui, et que FraBenedettoda Mugello,son frère, n'y ait pas misla main. Le groupe central a été trouvési ravissant par M. Rosini, qu'il ne craint- pas de le metitre au niveau de celui de Raphaël ^ ; mais nous n'aimons pas ces prétendants irrités au point de menacer saint Joseph.

Le Pinturicchio, dans les fresques de la chapelle Riario^ a réparti les concurrents des deux côtés, tous dans un sentiment si calme, si sage, si résigné, que l'on croirait à une transformation de la donnée traditionnelle, d'autant plus que leurs ba,;^uettes sont devenues des bâtons de massiers, terminés par un ornement. Nous remarquons, d'ailleurs, que l'un des porteurs de cet insigne est un vénérable vieillard, qui montre la sainte Vierge à une jeune enfant, sans doute comme un modèle à suivre. Cette peinture est moins heui*euse quant à saint Joseph : à l'emblème poétique du rameau fleuri elle substitue un vulgaire bâton , sur lequel il s'appuie comme s'il atteignait les limites de la décrépitude.

Chez nous, dans les Heures- de Simon Vostre, vu l'exiguïté de l'espace laissé pour chaque vignette, la scène du Mariage proprement dit a été séparée de celle où sont représentés les concurrents de saint Joseph. Dans celle-ci, que nous avons reproduite T. 1(1, p. 482, l'élude Dieu s'avançant, son rameau fleuri à la main, ils le suivent en élevant aussi, comme pour lui rendre honneur, leurs rameaux restés stériles. Un seul d'entre eux , par

« aliud esse prœsumere, aliud definire ac declarare? Multa quidem a Sumoiis Pqntificibus R de certis quibusdani reliquiis jubentur; sed ea diserte apposita, vel certe subaudienda « clausula ul qaod ad earutn verilatein pertinet sua cuique sit prol)abilitas cui iiifail rcnserî «( «iebcal aiiclum. » De Feslis, Padoue, 17:C, p. 373.) t. K 'Siu'i, 5/0. l'a délia PiJiira ilal, pbnches in-Toi., xxxtii

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