Lafoarte, ArU industriel, pi. x
lOi GUIDE DE i/aHT CHRÉTIEN.
portique, avec un caractère de dignité, et accompagnée d'une suivante. Postérieurement-, nous ne voyons plus personne à son service, mais elle conserve la nr.ême position en présence de Gabriel, sur le diptyque de Milan, publié par Gori, et classé par Mozxoni parmi les monuments du X* siècle *, — sur le devant d'autel de Saînt-Ambrotse, à Milan •, — et dans la miniature du Bénédictionnai de Saint-iEthelv\X)ld^ qui sont k peu près du même temps.
Il en est de même sur le diptyque du musée Barberini, réputé du siècle suivant, où elle porte, en outre, une fleur comme une sorte de sceptre. Rien ne montre mieux, d'ailleurs, combien l'idée dominante, dans les hautes époques, était de faire asseoir Marie, lors de TAnnonciation, pour exprimer sa dignité, que de la retrouver avec cette position dans le Calmdrier moscovite^ publié par Papebroke *.
Dans la plupart de ces ntonuments, l'Archange porte un sceptre à la main ; quelquefois ce sceptre devient une croix. Sur le devant d'autel de Milan, par exemple, et aussi sur une feuille de diptyque, publiée par Gori, et qui remonte assez vraisemblablement au vm* siècle environ, Marie se montre debout, et levant la main comme pour répondre au divin messagfT. En constatant que l'on taisait alors préférablement asseoir la sainte Vierge pour le recevoir, on doit reconnaître que , très-souvent aussi, elle était représentée debout; et, dans l'un et l'autre cas, elle fait un geste d'assentiment. Ce que nous ne verrons pas, c'est que l'on cherche à rendre les impressions de la jeune Vierge comme il est entré dans l'esprit de l'art moderne de le faire, quand on a tenté de la montrer surprise, ravie, humble ou recueillie.
On remar(|uera un acheminement vers cette tendance, dans la scène de l'Annonciation qui est associée, en un même tableau, à celle de la Naissaiie^de Notre-Seigneur, sur le bas-relief de la chaire du baptistère à Pi»e, que nous avons publiée (T. I, pi. xi). Le sentiment de la dignité y domine fortement^ si Ton considère les poses, les types , le diadème qui couronne la tête de Marie; mais, dans son attitude et son mouvement, Nicolas de Pise a surtout exprimé la surprise. En regard de ce monuments où l'esprit d'innovation se combine dans une si singulière mesure avec le respect des éléments traditionnels de composition, nous mettons une miniature grecque de même époque, tirée d'un irianuscrit de la bibliothèque du Vatican (pi. ni). En des proportions presque équivalentes, mais dans des conditions toutes contraires, elle offre aussi un exemple