‹ Guide de l'art chrétienChapitre 71 sur 238 · Gori, Thés. vet. dypl., T. IH, pi. xxxv · texte numérisé non relu

Gori, Thés. vet. dypl., T. IH, pi. xxxv

NATIVITÉ DE NOTRE-SBlGiNEUR. 139

voyons ane sage-femme qui, les bras tendus, le corps incliné, semble rendre hommage à la sainte Vierge ; le bassin et l'aiguière posés devant elle annoncent qu'elle avait eu la pensée de laver le divin Enfant, mais elle ne l'a pas fait, car il est déjà enveloppé de langes et couché dans la crèdie. Ce serait laSalomëde la légende. Dans les peintures du cimetière de Saint-Jules, attribuées au wm^ siècle, et qui en portent eu effet tous les caractères, elle est nommée et doublement représentée : une première fois, près du divin Enfant couché dans la crèche, seule avec lui, et obtenant sa guérison en le touchant; puis dans une seconde scène où, avec l'aide d'une autre femme, elle tient le Sauveur plongé dans un bassin qui a pris la forme d'une cuve baptismale : c'est là que le nom de sau)MEv est inscrit à côté d'elle. Nous disons le Sauveur^ et non pas f Enfant Jésus; car, si l'on en juge par la gravure de Bosio, on l'aurait représenté adolescent plutôt qu'enfant nouvellement né ; son nimbe crucifère, d'ailleurs, le fait parfaitement reconnaître ^

Dans la miniature du Bénédictional de Saint-OEthelwold (x® siècle), on ne voit qu'une seule femme occupée à arranger l'oreiller de Marie ; sur les portes de bronze de Hildesheim et sur le diptyque du musée Barberini (xi« siècle), il n'y en a également qu'une seule: là, placée devant la sainte Vierge, elle semble l'écouter^ ici, elle lui présente un bassin. Il y a deux femmes près de la divine Mère, à Chartres, dans les petits bas-reliefs de la cathédrale (xm'' siècle). Nous réunissons ces exemples pour montrer que les sages-femmes ne sont pas représentées, sans exoeption, occupées à baigner l'Enfant Jésus ; mais c'est là cependant la pratique la plus habituelle. Dans le plus grand nombre des monuments où elle a été observée, la scène de la Nativité se dédouble, et l'Enfant Jésus apparaît successivement couché dans la crèche, et subissant cette cérémonie. Nous citons comme étant d'accord sur ce point : le J!/^o/o;e de Basile ; la porte de bronze da Sain t-Paul-hors-les-Murs; une tablette en ivoire du Vatican, qui appartenait à d'Agincourt quand il l'a publiée ^; une miniature grec< que de la biblioth^ue du Vatican , qu'il a aussi publiée 3; la porte de

1. fiosio, Roma toU., p. 579. Cette peinture occopait le fond d*UD arco$oHum : au milieu se voit la Vierge-Mère, et en regard de la scène du bain , celle de la Visitation, dont nous avons parlé précédemment. Sur la planche de Bosio, Salomé et Tautre femme sembleraient avoir de la barbe; mais cette planche est si mal exécutée, qu*on ne peut en tenir compte. Le nom de Salomeu, les costumes , ne laissent pas de doute, et l'on ne peut méconnaître que ces personnages soient des femmes. L*Enfant Jésus qui, dans la crèche, porte le nimbe crucifère, n*a dans la cuve que le nimbe simple ; mais, sur ce point aussi , l'ensemble des documents enlève toute incertitude.

t, D'Agincourt, Sculpture, pi. xu.

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