‹ Guide de l'art chrétienChapitre 72 sur 238 · Id., Peinluf€t pi. lix, tig · texte numérisé non relu

Id., Peinluf€t pi. lix, tig

T» IV. û

430 r.uiDE DE l'art chrétien.

bronze de Monreale; les bas- reliefs sculptés à la façade de Notre-Dame de Poitiers; le devant d*autel donné à l'église de Cita del Castello par le pape Galixtell; une autre tablette en ivoire et le parement d'autel du baptistère de Florence, publié par Gori '. Ces monuments de provenances si diverses se répartissent, quant à l'époque de leur exécution , entreles X®, xi^, xn^' et xui^' siècles. Les mêmes données se retrouvent sur beaucoup d'autres de la même période. Au lieu d'en continuer l'énumération, il sera plus utile d'en faire ressortir le véritable caractère quant à ces données mêmes. A cet effet, nous publions une des miniatures provenant de ce graduel franciscain du xin^' siècle (pi. iv), dont il nous est parvenu quelques-uns des débris^, afin de la comparer avec le bas-relief de Nicolas de Pise, qui a paru dans notre premier volume. Non-seulement dans ces monuments de même époque, mais si dissemblables de style, on retrouve les données dont nous parlons, mais il y a une analogie frappante dans toutes les parties des deux compositions : de part et d'autre , au milieu du tableau, la sainte Vierge couchée, dans cette attitude qui, tout à l'heure, fixera à son tour notre attention ; le partage en deux parties où l'Enfant Jésus est également représenté, dans le haut, adoré par les Anges et choyé par les deux animaux, dans le bas, baigné par les sagesfemmes. Saint Joseph et les brebis des bergers occupent, dans la sculpture comme dans la miniature , les mêmes positions ; il n'y a un peu de différence que relativement aux bergers eux-mêmes, qui, à Pise, ont quitté leur troupeau et se sont approchés de la crèche, circonstance secondaire, si on considère l'ensemble des monuments analogues. C'est sur la scène du bain que doit en ce moment se fixer notre attention : on remarquera que le bassin, dans le bas-relief, a la forme d'une cuve baptismale, semblable à celle qui était adoptée généralement quand on représentait une scène de baptême. Cette disposition est habituelle, et nous pourrions dire fondamentale. Nous avons fait observer qu'elle se voyait dans la peinture du cimetière de Saint-Jules. Si elle ne se voit pas dans notre miniature, c'est que le pied de la cuve est censé disparaître dans les contours de la lettre qui encadre la scène; mais l'importance qu'on y attachait semble attestée par ce fait qu'elle est dorée, et que Tor n'est employé, d'ailleurs, dans le tableau, que pour les nimbes et pour l'espace occupé par la couche de la sainte Vierge. Hais ce qui est plus important, c'est que le divin Enfant, qui émer$?e de cette cuve, lève la main et bénit ; il a d'ailleurs, comme dans la peinture des Catacombes, plutôt les formes et la taille d'un adolescent (|ue celles d'un nouveau-né. 11 est clair qu'on a voulu attacher

1. Gori, Thex, v t. dypt., T. UI, |»l. xxxix; pi. de ia p. 334.

^. VuirT. ill, |)l. X, |i. 109, et pour le bas-relief de Nicolas de Fise, T. I, pi. xi.

Page 1