Ht Ro'ii, Imaglai teetle ili Maria VeriT^ne
2. BuonaroUi , Frammenli Ji Vttro. pi. w , fit;. 3, |). 6S. Gnriirci, Vrlri onufi, y\. W. fig. 7,8.9. 10, 11.
3. Bittl. nal. (Supp, lai., n« 612-9393.) Labarle, Artt ladtatrirU. pi. v.
MTSTBRES DE LA SAIISTË ENFANCE. 1G7
d'une chlaniyde ; leur insigne diàlinctif est surtout le bonnet phrygien ^ Le premier exemple de la couronne qui lui fut substituée dans la suite, nous est donné par les mosaïques de Saint-Apollinaire-le-Nedf, à Ravenne, c'est-à-dire vers la fin du vi<^ siècle; les trois Mages y portent aussi le manteau royal. Nous ne croyons pas cependant que la transformation ait été générale alors: Ton retrouve encore les bonnets phrygiens sur le coffre en ivoire du Louvre, attribué au ix* siècle par M. Labarte *, et dans les fresques de Saint-Urbain, à la Cafarella (xi^ siècle), dans la Campagne romaine. Les couronnes, au contraire, surmontent les têtes des Mages, au x^ siècle, dans les miniatures du Ménologe de Basile et dans celles du Bénédictional de saint OEthelwold.
Nous reprenons la série des diverses circonstances de leur histoire où les Mages sont représentés. A Saint-Urbain, outre le tableau de leur Adoration, ils figurent une première fois^ observant Tétoile lorsqu'elle leur apparaît. Ce sujet se retrouve hors les conditions qui ont attiré précédemment notre attention ^ sur un* sarcophage du musée d'Arles (n® 121), au-dessous d'une scène de la Nativité, et sur la couverture d'évangéliaire , à Milan.
Les Mages ont été représentés devant Hérode, dans une peinture du cimetière de Sainte-Agnès, découverte en 1847, et sur un sarcophage d'Ancdne^; ensuite, au v* siècle, dans la mosaïque de Sainle-Harie-Hajeure. Le coffret du Louvre, publié par M. Labarte, en offre un exemple du vi« ou vii« siècle. Au xii*, sur la porte de bronze de la cathédrale de Bénévent, on les voit successivement, dans le cours de leur voyage, montés à cheval et guidés par l'étoile, puis en conférence avec Hérode ; leur Adoration vient en troisième lieu , et on les revoit- endormis, recevant d'un Ange l'avertissement de s'en aller par un autre chemin ^.
Sur les deux portes contemporaines et de même style, de Pise et de Monreale, on voit aussi la cavalcaie des Mages; mais elle est la seule scène où ils soient représentés; on Ta substituée à celle de l'Adoration. Dans les mosaïques de Monreale, la cavalcade reparaît avec cette épigraphe : Magi vidente* stellam in Oriente veniunt in Jérusalem ; et on les voit considérant Tétoile^ qui, sous la forme d'un demi-cercle projetant
1. LeB sainU martyrs persans Abdoo et Sennen sont représenlcs, dans le cimetière de Pontien, a^ec un costume f ri analo$^ue.
2. Ce monument est le premiftr où nous ayons lu les non^s des Mnges : Melchinr^ Gaapar, BaUha%ar. Au-dessus de la cavalcade, sur la porte de Monreale xir siècle), on.lit : gupas,
BALOASAR, MELCH.'OH.
3. Martigny. Biet. des Ani. chrét., p. 382. Perret, Calactmbet, T. II, pi. XLviii. Bartoli, Sopra un' arra Marmorea, Torino, 1768.
i. Ciampiiii, Kel. mon., T. II, pi. ix.
un faisceau lumineux, brille sur leur téta. L'Adoration Tient ensuite. Nous sommes au xui® siècle ; à cette époque, parmi les statues de la cathédrale d'Amiens, on remarque sur la paroi latérale de la porte de gauche, à la façade occidentale, quaLre statues do rois, qui figurent ces trois princes, prémices des fidèles, et le roi prévaricateur qu'ils viennent consulter. Sous .ces quatre statues, est détaillée, en huit médaillons, toute l'histoire des Mages et le massacre des Innocents. Il est à remarquer que, pour exprimer ce qui est dit dans l'Ëvangile, de leur retour dans leur pays par un autre chemin , ou les a représentés l'effectuant par' voie de mer, montés dans une barquQ. Il en est de même dans les fresques du xiv^ siècle qui ornent une des chapelles de Saint-Pétrone de Bologne, et sur la predella du retable sculpté dans la même chapelle. Dans les peintures murales du roéoie siècle qui ornent le chœur de la cathédrale, à Cologne, les trois Mages représentés observant l'étoile, avant leur Adoration, couronnés dans l'une et l'autre scène, reparaissent ensuite avec la crosse et la mitre , recevant de saint Thomas la consécration épiscopale ^ Thadée Gaddi les montre à genoux , contemplant le divin Enfant qui apparaît dans rétoile» avant de les amener à Bethléem. Benozzo Gozzoli, dans le siècle suivant, a peint avec beaucoup de développement leur voyage, dans les fresques qui tapissent la chapelle du palais Ricardi, à Florence, leur donnant, et de même à leur nombreuse suite, un aspect tout chevaleresque. Jusqu'au vu* siècle et encore dans la période suivante, plus ordinairement, les Mages apparaissentseuls, sans cortège; sur quelques-uns des anciens sarcophages, oi^ a eu soin seulement de laisser paraître à côté d'eux la tête de leurs chevaux, pour dire leur lointain voyage. Au xni* siècle, on leur voit fréquemment au contraire un commencement de suite. Les petits bas-reliefs de Chartres, une miniatare provenant du graduel franciscain dont les débris nous sont parvenus, les bas-reliefs de la cathédrale d'Oivieto, etc., nous les montrent accompagnés d'un ou de plusieurs écuyers. Leur suite devient très-nombreuse au xv* siècle, et leur voyage est alors représenté avec un grand développement, sur les seconds plans des tableaux consacrés, comme sujet principal, à leur Adoration^. Alors cette suite se déploie souvent parmi les sinuosités d'un paysage, comme une immense caravane, et il semble que l'on ait voulu montrer que le monde entier va venir avec eux s'agenoiiillcr aux piedsdu Roi qui lui est donné. C'est une pianière de rendre ce texte d'Isaie : Tune videbfs,