Agincourt, Sculpture, pi. xxi
A. Legends ofthe Madonna, p. 35. Mme Jameson cite une autre légende , d'après laquelle les satellites d'Hérode, poursuivant la sainle Famille, auraient été arrêtés par un champ de blé dont on faisait la moisson, et qui aurait poussé et mûri dans l'espace de quelques tns- (Snts, pour donner le change. L'auteur décrit un tableau de Memling et en publie «n autre du Pinturicchio, qui se rapportent à ce prétendu miracle.
Nous De parlerions pas de ces œmpositions tout accidentelles , si elles ne se rattachaient, sous une physionomie ^rès-différente, à une pratique autrefois assez invétérée pour «qu'elle soit encore consignée dans le Guide de la peinture du mont Athos. Voici en effet comment il veut que ''on représente la Fuite en Egypte : a Montagnes ; la sainte Vierge, assise « sur un âne avec l'Enfant, regarde derrière elle Joseph portant un bâton « et son manteau sur l'épaule. Un jeune homme conduit un âne chargé « d'une corbeille de jonc; il regarde la Vierge qui est derrière lui. Aua devant , une ville et les idoles tombant par-dessus les murs i. » Cette circonstance, d'ailleurs, d'un second âne conduit par le jeune homme, est toute nouvelle et inusitée pour nous; elle se rattache probablement à d'autres versions de la légende, que nous ignorons.
Quelquefois, c'est un Ange qui accompagne les saints exilés; on en voit un exemple publié par d'Agincourt, dans des peintures murales du xiv^ siècle, à Subiaco ^; quelquefois aussi c'est une femme, comme on le voit sur la Predella de la Trinité, à Florence, peinte par Dom Lorenzo; nous serions porté à croire que c'est une dérivation de la légende du voleur, les' compositions où il figure ayant pu, au xiv* et au xve siècle, cesser d'être généralement comprises.
11 est de tradition plus générale que, pendant la fuite de la sainte Famille, un palmier s'abaissa devant l'Enfant Jésus, pour permettre à Joseph d'en cueillir les fruits ; cet arbre figure souvent dans les monuments du moyen âge : on le voit notamment sur notre fragment de châsse émaillée, et il contribue à déterminer le ton de la composition, comme réunissant le souvenir des principales circonstances du voyage. Un autre élément' de représentation non moins fréquemment admis est la chute des idoles à l'arrivée en Egypte; mais précisément parce qu'il se rapporte à cette arrivée , et que l'on peut la distinguer du voyage luimême, on en a fait quelquefois deux scènes distinctes; on a pu aussi comprendre dans l'idée du voyage, celle de son terme, et les réunir. Dans les bas-reliefs du chœur, à Notre-Dame de Paris , on voit le palmier derrière le groupe sacré, et en avant, à une distance et avec des dimensions assez réduites pour que l'on puisse croire à l'iHée d'un lointain, les idoles qui tombent. Dans la miniature du Ménologe de Basile (pi. vu), on ne voit point tomber les idoles, mais l'idée de l'arrivée est rendue par la personnification delà ville d'Héliopolis qui accueille, à l'entrée de ses murs, les saints voyageurs. Sur un des chapiteaux de l'abbaye de Saint-Benoilsur-Loire^ (xji*' siècle), on a repréeenté la Fuite en Egypte sous un tout
i. Manuel^d'Iconog, ; Guide de la Peinture, p KO.