Apelle. — 38. Phidias
39. Génie des arts. — 4.0. L’Art romain. — 41. La Renaissance.
« Ces deux femmes sont comme le chaînon qui relie la partie antique et tout idéale du tableau avec sa partie moderne et presque vivante. Tournons en effet les yeux à droite et à gauche de ce muet aréopage : là, plus de graves et immobiles figures ; c’est une foule qui se meut et qui parle ; étrange et brillant assemblage des costumes les plus variés, des figures les plus diversement caractérisées. Ces hommeslà ne sont pas séparés de nous par vingt siècles comme les divins maîtres de l’art antique; le feu sacré qui les anima sur la terre ne doit pas cesser de briller dans leurs yeux ; on dirait qu’ils ont encore un pied dans ce monde, tant ils
i io GUIDE DE L’ECOLE DES BEAUX-ARTS.
parlent avec plaisir, tant ils s’interrogent avec curiosité sur ce qu’ils y ont vu, sur ce qu’ils y ont fait.
« Ils sont là sans façon, sans apparat, les uns debout, les autres assis sur un long banc de marbre en avant du portique. Entre eux point de hiérarchie de talent ; point de distinction de pays ; le Florentin se confond avec le Français, le Flamand et l’Espagnol avec le Vénitien ; seulement, ce qui est bien naturel, les architectes cherchent de préférence les architectes, les sculpteurs s’adressent aux sculpteurs, et quant aux peintres, eux qui sont de beaucoup les plus nombreux, ils se partagent et se divisent selon leur nature et leurs sympathies : les grands dessinateurs d’un côté, les grands coloristes de l’autre.
« Ainsi l’ensemble de la composition se fractionne en cinq groupes distincts, mais artistement enchaînés. Au milieu, le groupe idéal, l’art antique dans une sorte de demi-teinte et d’éloignement vaporeux; à droite, le groupe des architectes, et de l’autre côté, les sculpteurs, puis, aux deux extrémités, les peintres.
« Du côté des grands dessinateurs, les yeux sont frappés d’abord d’une noble figure de vieillard dont la longue barbe blanche laisse tomber ses reflets argentés sur une riche pelisse de velours cramoisi. C’est Léonard , le patriarche du dessin ; il expose de la voix et du geste ces fécondes et savantes idées dont son esprit ne cessa d’être assailli durant sa vie. Autour de lui tous gardent le silence; Raphaël lui-même l’écoute avec respect, sinon avec une entière soumission. Fra Bartolommeo le contemple dans un pieux recueillement; le Dominiquin s’attache à ses paroles avec une ardente curiosité ; Albrecht Dürer admire
L’HEMICYCLE
la justesse de ses démonstrations et Fra' Beato Angelico lui-même, s’arrachant à ses prières et à ses saintes visions, s’avance pour l’écouter. Mais tout le monde ne lui prêce pas ainsi l’oreille. Seul, Michel-Ange semble faire bande à part; absorbé dans ses propres idées, il ne cache pas son dédain pour celles des autres, et veut rester écrangerwà
5 6. Marc-Antoine. — 57. Edelinck. — <>8. Holbein.