ÉPIDERME
L’épiderme est un tissu qui siège à la surface des divers organes des végétaux, où il joue le rôle d’un revêtement protecteur. Il possède des caractères bien définis, et se distingue encore par la présence, au milieu de ses éléments, de formations qui en sont des dérivés directs (stomates et poils) et qu’on ne trouve dans aucun autre tissu.
Étude. — Pour étudier l’épiderme il est nécessaire d’avoir recours à des coupes en même temps qu’à l’examen en surface. Les coupes comprendront l’épiderme ainsi qu’une partie des tissus sous-jacents, et seront dirigées normalement à la surface épidermique; pour l’examen en surface, on prépare des lambeaux d’épiderme que l’on soulève avec des pinces fines pour les séparer de l’organe qu’ils recouvrent. Cette opération s’exécute très aisément sur certains épidermes (face inférieure des feuilles des Fougères ; pétales et tiges vertes, feuilles des Liliacées, Iridées, etc.); mais dans d’autres cas l’adhérence prononcée de l’épiderme aux tissus sous-jacents devient un obstacle souvent difficile à vaincre. Or il ne faut pas oublier que l’examen en surface d’un épiderme ne peut se faire avec fruit que si l’on est en possession de lambeaux assez étendus et parfaitement débarrassés de tout tissu étranger. Le tissu sous-épidermique, étant en général rempli de chlorophylle, s’opposerait à une bonne observation. Pour obvier à l’adhérence de l’épiderme aux tissus sous-jacents, il suffit le plus souvent de laisser macérer pendant quelques heures dans l’eau pure ou additionnée de quelques gouttes
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
de lessive alcaline la partie de plante que recouvre l’épiderme à étudier. Bientôt cet épiderme se soulève et il devient alors facile d’en faire de bonnes préparations.
Dans tous les cas, lorsqu’on veut soulever un lambeau d’épiderme, on a tout avantage à procéder de la manière
suivante : on commence par enfoncer une aiguille plate tangentiellement à l’organe et aussi près que possible de la surface épidermique. Gela fait, on retire l’aiguille et on introduit
à sa place l'un des mors d’une pince fine. Il suffit alors le plus souvent de légères tractions avec la pince pour obtenir des lambeaux très propres à l’observation.
L’épiderme manque à la surface de certains végétaux, chez les Cryptogames cellulaires par exemple. Ailleurs, ses caractères deviennent tellement semblables à ceux du parenchyme sousjacent (plantes submergées) qu’on en a longtemps nié l’existence. Quoi qu’il en soit, l’épiderme est une formation d’une'existence très générale et qui possède des caractères très particuliers.
Pour qu’une étude del’épiderme soit complète, elle doit comprendre l’examen de la forme des cellules qui le composent, de leur mode de groupement, de leur contenu, de leurs réactions, l’étude enfin des stomateset despoilsquel’on ypeut rencontrer.