DES MICROSCOPES
1° Colonne. — La colonne des microsc'opes que nous venons de décrire est rigide et par conséquent maintient le tube dans une position verticale. On fait pour les microscopes plus compliqués des colonnes articulées de manière à pouvoir prendre une certaine inclinaison en entraînant la platine, le miroir et le tube (fig. 5).
D’autre part, dans les grands modèles, le mouvement rapide du tube ne s’exécute pas seulement par tirage, il peut encore être obtenu au moyen d’une crémaillère fixée dans la colonne (fig. 6). Un pignon met en mouvement cette crémaillère qui entraîne avec elle de haut en bas ou de bas en haut tout le système optique. C’est là d’ailleurs un perfectionnement d’une importance secondaire, car avec un peu d’habitude on arrive à mettre au point avec une grande précision en ne faisant usage que du glissement.
2° Platine. — Dans les microscopes grand modèle , on remplace la platine fixe décrite plus haut par une platine dite tournante (fig.
7). Ces platines, par un mécanisme particulier, sont susceptibles de tourner dans tous les sens autour de leur centre. Cette disposition peut rendre de réels services lorsqu’on veut par exemple dessiner un objet dans un sens déterminé , sans être obligé de déranger la plaque qui porte la préparation. *
Fig.
On construit aussi pour certains modèles de microscopes des platines dites mobiles destinées à permettre de déplacer l’objet de très-petites quantités à la fois. Ces platines d’une utilité contestable ont en outre l’inconvénient grave de manquer de stabilité. Aussi l’observateur exercé préfère-t-il manœuvrer lui- même l’objet avec les doigts.
Cette platine mobile paraît cependant nécessaire dans certains cas où l’on a besoin de varier avec une grande préci-
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sion, la situation de l’objet examiné, ainsi que cela a lieu par exemple dans la méthode indiquée par M. Fouqué pour la détermination des formes géométriques des cristaux par l’intermédiaire de la lumière polarisée.
Ajoutons enfin que dans la plupart des microscopes la platine de métal est recouverte d’une plaque de glace noire qui
la met à l’abri de l’action des acides et réactifs divers dont l’emploi est si fréquent dans les recherches microscopiques.
Diaphragme. — Le
diaphragme que nous avons décrit plushaut a l’inconvénient de déplacer l’orifice par lequel arrivent les rayons projetés par le miroir sur la préparation. Cet orifice se trouve reporté en effet un peu au-dessous du plan de l’orifice de la platine. De là, perte de lumière sensible, surtout lorsqu’on emploie les petits trous du dia - Fig. 6. phragme. Pour ob¬
vier à cet inconvénient, on construit ce qu’on appelle le diaphragme à tube. Le modèle adopté par M. Verick nous paraît des plus simples (Voir fig. 6). C’est un tube en laiton muni à sa partie inférieure d un collier moleté. Son ouverture supérieure représente le plus large orifice du diaphragme ; si l’on veut diminuer cet orifice, on peut y introduire de plus petits tubes noircis dont
l’orifice varie de grandeur. Pour maintenir cet appareil audessous delà platine, une plaque de laiton, portant un anneau où l’on fixe le diaphragme, s’engage entre deux portants disposés à cet effet sous la platine. Un piton sert à tirer ou à
Fig.
enfoncer l’appareil; lorsque le tube est arrivé au-dessous de l’orifice de la platine, on le pousse en haut dans l’anneau où il glisse à frottement doux, et l’on amène l’orifice du diaphragme au niveau même de l’orifice de la platine. Le but est atteint.
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§ 8. MICROSCOPE BINOCULAIRE (fig . 8).
Ce microscope construit pour la première fois par M. Nachet met en évidence les creux et les reliefs et donne par conséquent des images absolument exactes de l’objet, en
même temps qu’une idée vraie des contours, de l’épaisseur, du volume, etc. On comprend toutes les conséquences pratiques que l’on peut tirer de cet instrument (pour les détails, voir Robin, loc. cit ., et J. Pelletan, le Microscope , son emploi et son application. Paris, 1870).