DU POUVOIR AMPLIFIANT DES MICROSCOPES
Le pouvoir amplifiant ou grossissement cTim microscope est le rapport qui existe entre la grandeur absolue de l’objet et la grandeur absolue de l’image.
Pour amplifier l’image, l’observateur peut recourir à plusieurs moyens.
1° C’est d’abord l’association des objectifs et des oculaires. Nous avons vu plus haut en effet que le grossissement n’est pas dû seulement à l’objectif, mais qu’il est également dû en grande partie à l’oculaire qui joue le rôle de loupe. Or, de même qu’il y a des séries d’objectifs donnant des grossissements divers, de même on a fait des séries d’oculaires dont le pouvoir amplifiant va en augmentant. On pourra donc avec un seul objectif et plusieurs oculaires obtenir une amplification croissante jusqu’à la limite assignée par le grossissement du plus fort oculaire. Si l’on a de plus une série d’objectifs, par la combinaison des objectifs les plus forts avec les oculaires les plus puissants, on obtiendra le grossissement le plus considérable possible avec ces lentilles.
Les objectifs et les oculaires sont désignés d’après leur grossissement par des chiffres 0, 1, 2, 3, etc. Notons également, car les commençants s’y trompent souvent, que dans les objectifs les plus forts, c’est-à-dire ceux qui donnent les grossissements les plus considérables, la lentille inférieure présente un très petit diamètre, tandis que les objectifs d’un faible pouvoir amplifiant ont une lentille inférieure d’un diamètre relativement grand.
D’après ce que nous venons de dire, on pourra donc obtenir divers grossissements, soit en variant les objectifs, soit en variant les oculaires. Mais en général il vaut mieux obtenir l’amplification avec les objectifs qu’avec les oculaires. L’observation démontre en effet que la perte de lumière occasionnée par l’emploi des oculaires puissants est à grossissement égal beaucoup plus sensible que lorsqu’on emploie de forts objectifs. Les forts objectifs offrent, il est vrai, dans leur emploi l’inconvénient de nécessiter l’usage de couvre-objets très
minces, mais ce n’est là qu’un inconvénient relativement minime, bien qu’il constitue l’une des raisons qui empêchent de porter le grossissement au delà de certaines limites.
2° Un autre moyen pour grossir les objets consiste dans l’allongement du corps du microscope. Gela devait être puisque plus on éloigne l’oculaire de l’objectif, plus les rayons que reçoit le verre de champ sont divergents. Mais en même temps l’image devient diffuse. Pour allonger le tube du microscope il suffit de le tirer, car, ainsi que nous l’avons dit, dans la plupart des instruments de construction française, ce tube est formé de deux cylindres creux emboîtés à la manière des tubes d’une lorgnette. Il y a toutefois une limite à ce mode de grossissement, car lorsque le tube dépasse 25 centimètres et que l’oculaire employé a moins de 3 centimètres de longueur, la perte de lumière devient telle, qu’il est préférable d’en revenir à un grossissement moindre.