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CHAPITRE IV. — TISSUS

5° Le réservoir est un espace dû à l’écar- ) tement des cellules sécrétantes . $

Canaux résineux.

Nous avons déjà traité des canaux résineux (voir p. 153), nous ne nous occuperons donc ici que des quatre premiers groupes.

1er Groupe. — Pas de réservoir. Le produit de sécrétion s’accumule dans la cavité même des cellules sécrétantes ou dans un espace compris entre la paroi des cellules et leur cuticule soulevée.

1° Glandes extérieures. Poils glandulifères. — Dans Ce premier groupe rentrentles poils dits glandulifères, c’est-à-dire ces poils que nous avons déjà mentionnés, qui portent à leur sommet une ou plusieurs cellules sécrétantes. Ces sortes d’organes glanduleux sont très répandus dans les végétaux et en particulier chez les Labiées et les Géraniacées. Tantôt la glande est unicellulaire, tantôt, au contraire, elle est formée d’un plus ou moins grand nombre de cellules qui prennent naissance par des cloisonnements successifs soit exclusivement verticaux, soit verticaux pour une portion de la glande et horizontaux pour une autre portion. D’autre part, la longueur du poil qui supporte ces glandes peut varier dans des limites assez étendues, et le nombre des cellules ainsi que leur forme peuvent présenter des variations intéressantes dont on doit tenir compte dans l’étude de ces organes.

C’est en se basant sur ces différents faits, que M. Martinet (1), auquel nous empruntons une grande partie de ce qui va suivre, a établi la classification que nous donnons des poils glanduleux à glande au sommet :

I t à poil court.

1° Glandes unicellulaires. . . ] à poil moyen.

( à poil long.

2° Glandes pluricellulaires i Glandes de 2 cellules,

produites par cloisonne- ) — t —

ments exclusivement ver- \ — 8 —

ticaux . ( — 16 —

3° Glandes pluricellulaires produites par des cloisonnements non exclusivement verticaux.

Poils glanduleux au sommet. . .

Étude. — Pour étudier ces glandes, on devra faire des

(1) Martinet, Ann. Sc. natur., 5e série, t. XIV, 1871.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

coupes normalement à la surface épidermique (tiges, feuilles) qui les supporte ; ces coupes devront être assez minces pour montrer les rapports qui existent entre les glandes et les cellules épidermiques. Si l’on examine des glandes pluricellulaires, on devra faire des coupes jusqu’à ce qu’on ait obtenu des sections à travers le tissu même de la glande. Il ne suffirait pas dans ces recherches de soulever des lambeaux d’épiderme et de les monter pour les examiner, car l’appareil glandulaire ne se montrerait alors que d’une manière incomplète et impropre à une bonne étude.

A. Poils à glandes unicellulaires. — A la SUl’face des feuilles et des parties vertes de la plupart des Labiées ( Satureia montana , Mentha citrata , etc.), on trouve des glandes unicellulaires sphériques surmontant un poil court formé de une ou deux cellules superposées. De semblables glandes unicellulaires à poil rudimentaire s’observent également parmi les Rhinanthacées dans YEuphrasia off. et les Pedicularis sceptrum, corallinum ; enfin, chez les Orobanchées sur YEpiphegus et chez les Monotropées sur Y Hypopitys vulgaris (1).

Dans tous ces cas, la vésicule glandulaire est généralement beaucoup plus volumineuse que les cellules du poil dont elle se distingue encore par saformearrondie. Cette cellule glandulaire affecte d’ailleurs un aspect un peu différent suivant son état au moment de l’observation. Si elle est en pleine activité de sécrétion, le produit (huile essentielle) qui la remplit la gonfle et la fait apparaître comme une grosse vésicule jaunâtre ou un peu diversement colorée; si la sécrétion est encore peu abondante, la cellule est moins distendue, et remplie de granulations grisâtres au milieu desquelles se montrent quelques gouttelettes huileuses reconnaissables à leur réfringence. Si enfin le produit de sécrétion a été éliminé, comme cela se rencontre sur les feuilles âgées ou desséchées, la cellule a perdu sa forme sphérique; ses parois, comme chiffonnées et revenues sur elles-mêmes, laissent voir à leur surface des plis qu’il faut se garder de confondre avec des cloisons cellulaires. Dans ce dernier cas également, la cellule a perdu beau-

(1) A. Ghatin, Anat. comp. des végétaux, pl . xxxiv, xxxvn, XLII, LUI.

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