CHAPITRE IV
TISSUS
supérieure la glande par une série de cloisonnements non plus horizontaux, mais verticaux (c, d , e). » (Personne, loc. cit .) Finalement on obtient un disque (g) dont les bords se relèvent pour former une cupule presque sessile sur l’épiderme (l, i). Alors commence la sécrétion d’un liquide jaune par cette glande. Ce liquide, à mesure qu’il se forme, s’épanche sur toute la surface interne de la cupule, entre les cellules qui le sécrètent et la cuticule qui les recouvre. Celle-ci, peu à peu soulevée sur toute l’étendue de la face interne de la cupule, est refoulée à l’extérieur et prend un aspect conoïde en môme temps qu’à sa surface elle conserve l’empreinte des cellules dont elle a été détachée.
On peut provoquer artificiellement le soulèvement de cette cuticule en plaçant les cupules dans de l'eau légèrement alcalisée; on les voit alors passer peu à peu par tous les états jusqu’à la forme définitive de la glande en forme de gland. (Personne.)
Poils glanduleux des bourgeons. — Ces poils ou collétères (Hanstein) (1), qui produisent les matières visqueuses et résineuses dont sont fréquemment pourvus les bourgeons des arbres et arbrisseaux, sont très semblables aux précédentes formations. Tantôt portées par les écailles protectrices du bourgeon ( Æsculus ), tantôt par les stipules dont le développement précède celui des feuilles (Viola, Prunus), tantôt enfin par les jeunes feuilles elles-mêmes ( Syringa , Ribes sanguineum ), ces glandes affectent des formes diverses, mais dans toutes la matière sécrétée (mucilagineuse ou résineuse) s’accumule entre la cuticule et les cellules de la glande (2).
2° <«ilandes unicellulaires intérieures. — On les rencontre dans diverses familles de plantes et en particulier dans les Laurinêes , les Monimiacées et les Valérianées.
L, au ri nées. — Si l’on pratique des coupes sur la feuille du Laurus nobilis par exemple, on constate dans l’assise des cellules en palissade certaines cellules dépourvues de chlorophylle et remplies de gouttelettes réfringentes: ce sont là des glandes unicellulaires (fig. 81, g). On en rencontre^de même nature dans les Laurus camphora et Benzoin , où elles naissent presque indistinctement dans l’un ou l’autre des deux parenchymes de la
(I) Ueber die Organe der Harz- and Schleimab sonder ang in den Laubknos pen., Rot. Zritung, 1868).
(•>) D'après M. Hanstein, le mucilage gommeux ainsi produit n’est pas sécrété par les cellules, mais provient de la transformation d’une couche de la membrane cellulaire située sous la cuticule. M. Hanstein nomme cette couche colligène. Notons que l’épiderme peut, dans certains cas, jouer à lui seul le même rôle. C’est de cette façon par exemple que se forme le baume verdâtre qui enduit les feuilles des bourgeons du Peuplier.
feuille. — Les recherches de M. G. Planchon (1) ont également établi l’existence de ces cellules dans la racine du Sassafras officinal™. Sur des coupes de cette portion du végétal, on observe une écorce limitée intérieurement par une zone formée de cellules tabulaires, et recouvrant un parenchyme brunâtre parmi les éléments duquel on distingue des cellules généralement plus volumineuses que les utricules
Fig. 81. - Glandes unicellulaires dans VOlSineS, et remplies d’huile esle parenchyme de la feuille du Lau- seiltielle. Dans le bois, On re-
OtaSto''. d?.).GUn4eS (d apreS M' J' trouve çà et là de grosses cellules
oléifères et également isolées.
Alonimiacées. — Ce sont également des glandes unicellulaires différenciées au milieu du parenchyme herbacé et de la moelle, ou encore dans le mésopbylle des feuilles, que l’on observe dans les Monimiacées ( Peumus Boldo, Calycanlhus occidental™, etc.) (2).
Valérianées. — Enfin dans la famille des Yalérianées, nous retrouvons des cellules isolées, diversement réparties dans la racine et la tige, et qui renferment les substances actives qu’elles ont produites (3). Ces cellules oléo-résinifères sont localisées soit dans la couche périxyle du parenchyme cortical des rhizomes (Nardostachys) , soit dans cette assise et en même temps dans celle qui confine à l’épiderme ( Valeriana offic ., V. Celtica , etc.); on en trouve dans la moelle du Valeriana montana. (J. Cbatin.)
2e Groupe. — Le réservoir est un poil surmontant le tissu glanduleux. Deux cas peuvent se présenter : ou bien la glande est extérieure, c’est-à-dire au-dessus de l’épiderme ( Urticées ), ou bien elle est intérieure , c’est-à-dire au-dessous de l’épiderme au
(1) Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale, t. I, p. 588.
(2) Cl. Verne, Étude sur le Boldo . Thèse de l’École supérieure de pharmacie de Paris, 1874.
(3) J. Chatin, Études botaniques , chimiques et médicales sur les Valérianées. Thèse de la Faculté de médecine de Paris, 1871.