‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 124 sur 451 · CHAPITRE IV. — TISSUS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — TISSUS

milieu du parenchyme de la feuille ou de l’organe qui porte la glande {Malpi ghiacées).

Urticées. — Dans YUrtica urens on trouve, à la surface des feuilles et des tiges, des poils d’une structure toute particulière, dont on fera l’étude au moyen de coupes, les unes perpendiculaires à l’épiderme qui les porte, et les autres transversales dirigées sur les diverses parties de la glande. Ces poils sont formés d’une seule cellule qui se renfle inférieurement en une ampoule ovoïde enchâssée dans une petite colonne cylindrique (fig.

82, A), et pleine. Celle-ci, pour le recevoir, se creuse en godet (ô), qui s’amincit à son bord supérieur jusqu’à n’être plus formé que de deux rangs, puis d’un seul rang de cellules, comme le montrent les coupes transversales C, B. De même, au moyen de coupes transversales, on constate que le pied qui supporte ce poil est un tissu de cellules en continuité avec le parenchyme sousjacent. Ce tissu est la portion sécrétante de l’appareil. Il est plein dans sa partie inférieure (a), comme le montre la coupe transversale (D) sise à gauche du poil. Quant au liquide produit, il se réunit dans le poil.

llaipigiiiacées. — Les longs et durs poils que l’on trouve à la face inférieure des feuilles du Malpighia urens sont à peu près de même nature. Seulement la glande, au lieu d’être placée à la surface du parenchyme foliaire, est plongée au milieu même de ce parenchyme, sous l’épiderme. Le tissu glanduleux est formé de cellules généralement petites et remplies de granulations fines de forme arrondie ; cette glande est surmontée d’un poil dit en navette , c’est-à-dire constitué de deux parties : l’une, normale à l’épiderme, est formée par une cellule courte, souvent à peine plus haute que les cellules épidermiques qui l’entourent ; l’autre, très allongée et paral-

Fig. 82. — Glande et poil de YUrtica urens (d’après M. Duchartre).

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

lèle à l’épiderme, forme deux longues branches pointues provenant de la ramification de la cellule. Ces poils en navette peuvent dépasser un demi-centimètre de longueur. Leurs pointes très acérées sont formées par un épaississement de la paroi de la cellule. — Dans ces poils se trouvent de nombreux globules huileux, produit de la secrétion de la glande sous-jacente.

La préparation de ces glandes avec leur réservoir est assez délicate, et ne s’obtient qu’à l’aide de certaines précautions. En effet, les poils sont tellement durs qu’ils se détachent de la feuille dès qu’on veut pratiquer des coupes. Ils se séparent donc de la glande et se présentent le plus souvent isolés au milieu de la préparation ; on ne voit plus sur l’épiderme que la trace de la base du poil. Pour obtenir une préparation complète de la glande et du poil, il faut préalablement laisser la portion de feuille, où l’on pratiquera les coupes, se ramollir dans l’eau alcalisée. Le poil perdra alors de son élasticité et, avec quelque soin, on arrivera à faire de bonnes coupes qui, pour être intéressantes, devront être dirigées suivant le grand axe du poil.

Tentacules glandulifères. — Sous ce nom nous désignons les curieux appareils de sécrétion que l’on observe à la surface des feuilles de certaines plantes de la famille des Droséracées, appareils qui au premier aspect ressemblent à des poils glanduleux, mais qui par un examen plus approfondi ne nous paraissent pouvoir supporter la comparaison. Les tentacules des Droséracées ont été successivement étudiés par MM. Groenland, Trécul, Warming, Darwin (1), etc.

Ces appareils glanduleux pris, par exemple, sur les feuilles du Drosera rotundifolia , se composent de deux parties distinctes, savoir : un pédicelle et un tissu glandulaire au sommet.

Le pédicelle n’est pas un poil ; voici en effet, d’après Trécul ( loc . cit.), quelle en est la structure :

11 se compose de trois parties :

1° Un épiderme formé de cellules allongées, teintées en rose à la partie supérieure de l’organe, et parsemé principalement à la base de petits stomates semblables à ceux du limbe delà feuille.

2° En dedans de cet épiderme, on aperçoit sur les coupes trans-

(1) Trécul, Ann. des Sc. nat., Bot., 4e série, t. III.

J. Groenland, Ann. Sc. nat., Bot.,he série, t. III. — Warming, Sur la différence entre les trichomes. Extr. des Ann. Soc. des Sc. nat. de Copenhague . — Darwin, Blantes insectivores. Paris, 1817.

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