CHAPITRE IV. — TISSUS
versales un parenchyme à cellules allongées renfermant de la chlorophylle et par places aussi de la matière colorante rose.
3° Enfin, au centre du pédicelle existe un système vasculaire composé par un faisceau de deux à trois trachées d’une grande délicatesse qui se continuent jusqu’au milieu de la glande.
Quant à la glande, elle n’est pas moins remarquable par sa structure. D’après les recherches de Warming (loc. cit .), elle est formée d'une agglomération de trachéides spiraux et réticulés au milieu desquels viennent se perdre les trachées du pédicelle. D’autre part, autour de cette masse centrale se trouvent trois couches de cellules. La plus profonde, celle qui enveloppe directement les trachéides, est formée de cellules allongées dont les plus inférieures se relèvent en dehors et atteignent la surface épidermique. Les deux autres couches sont formées de cellules polyédriques.
D’après la structure que nous venons d’exposer, on voit que ces appareils tant par le pédicelle que par la glande sont absolument distincts des poils glanduleux.
Nous n’insisterons pas davantage sur l’étude de ces intéressants organes. Ajoutons qu’on les rencontre dans les diverses espèces de Brosera, dans le Brosophyllum lusitanicum, etc.
3e Croupe. — Le réservoir est une lacune produite par résorption des cellules sécrétantes. — Toutes ces glandes sont pluricellulaires. Gomme celles du groupe précédent elles peuvent être extérieures ou intérieures.
1° Glandes extérieures. — Les glandes de cette mature, extérieures, sont peu répandues. Ce sont elles qu’on observe dans le Dictamnus et le Cuphea lanceolata (Martinet, loc. cit.).
Dictamnus albus. — Si l’on fait des coupes sur les pédoncules, les bractées, le calice, la corolle ou les étamines du Dictamnus , on y trouve trois sortes de poils :
1° Des poils ordinaires ;
2° Des poils glanduleux à leur sommet ;
3° Enfin des poils courts formés généralement de trois, quatre ou cinq cellules peu développées. Ces derniers organes reposent sur une glande volumineuse de forme à peu près sphérique, adhérente à l’épiderme par une large surface (Martinet). La glande est formée, comme le montre une coupe menée perpendiculairementàrépiderme, pardeux sortes detissusbien distincts : l’un, enveloppant, n’est qu’une légère modification de l’épiderme ; l’autre, enveloppé ou glandulaire, se distingue par la délicatesse des parois de ses cellules ; ces dernières se
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résorbent lentement et forment bientôt une lacune où s’accumule le produit de la sécrétion.
D’après M. Rauter le développement de ces glandes prend son point de départ dans une cellule du jeune épiderme; cette cellule se divise par des cloisons d’abord perpendiculaires, puis tangentielles, de manière à former deux assises cellulaires ; l’assise externe prolonge simplement l’épiderme, tandis que l’interne, en continuant à se diviser, engendre tout le tissu de la glande. Par la suite du développement, le corps tout entier de la glande est en quelque sorte expulsé de l’organe et rejeté à sa surface.
Les glandes du Cuphea lanceolata présentent une disposition à peu près semblable, sauf que le poil est constitué par toutes les cellules qui recouvrent la partie supérieure de la glande, aussi est-il formé de plusieurs rangées de cellules.
2° Glandes intérieures. — Les glandes de cette sorte sont répandues dans un certain nombre de familles de plantes, parmi lesquelles nous citerons particulièrement les Aurantiacées , les Rutacées , les Hypéricinées , les Térébinthacées et les Myrtacées.
Leur mode de développement est partout le même (J. Chatin [1]) ; la glande, d’abord unicellulaire, ne tarde pas à acquérir un nombre variable de cellules, dont la résorption ultérieure déterminera la formation d’un réservoir où s’accumulera le produit de sécrétion.
Aurantiacées (2). — Sur une très jeune feuille de Citrus Aurantium (J. Ghatin, loc. cit .), a mesurant 5 millimètres de lon- « gueur, on constate qu’au point où se formera la glande, une « cellule du mésophylle prend un développement spécial : « d’abord sensiblementpolyédrique (fîg. 83, A, <7), elle s’arron- « dit peu à peu et revêt une forme assez régulièrement ovoïde ; « en même temps la chlorophylle en disparaît. Peu après on « voit apparaître une cloison qui divise en deux utricules la « cellule primordiale de la glande ; cette division se répète de « façon à constituer un ensemble de quatre cellules à parois
(1) Siège de s substances actives dans les plantes médicinales. — Thèse pour l’agrégation de l’École de médecine. Paris, 1876.
(2) Bâillon, De la famille des Aurantiacées. — Thèse de la Faculté de médecine. Paris, 1855.