‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 127 sur 451 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

TISSUS

Le Dictamnus Fraxinella présente des glandes pluricellulaires intérieures de même structure que les précédentes, mais qui méritent d’être signalées pour leur mode de développement. Elles prennent en effet leur origine dans deux cellules, dont l’une appartient au jeune épiderme et l’autre à l’assise parenchymateuse sous-jacente (Rauter). La première forme de son côté deux assises de cellules, dont l’externe prolonge l’épiderme, tandis que l’interne contribue à la formation du tissu de la glande dont la masse principale est constituée par les divisions de la seconde des deux cellules mères primitives.

Térébinthacées. — Les feuilles du Schinus molle par exemple (J. Chatin, loc . cit .) présentent deux sortes d’organes de sécrétion dans leur parenchyme. Ce sont, d’une part, des glandes tout à fait semblables à celles que nous avons décrites dans les Aurantiacées, et, d’autre part, des canaux oléifères , qui ne se distinguent des précédentes glandes que parles proportions dans lesquelles se fait la différenciation du parenchyme en tissu glandulaire. Si bien que, lorsqu’arrive la résorption des cellules, on obtient non pas une lacune courte, mais une lacune souvent très étendue au milieu du parenchyme.

Myrtacées. — Les glandes foliaires du Myrtus communis se développent principalement au voisinage des nervures comme dans les lluta ; elles sont séparées généralement de l’épiderme par une assise de cellules chlorophylliennes. Pour le reste, structure et développement, elles ne diffèrent en rien des glandes précédemment décrites dans les Aurantiacées.

Les feuilles et les rameaux des divers Eucalyptus {fiy. 84) présentent également de nombreuses glandes pluricellulaires intérieures, construites sur le type qui nous occupe en ce moment. Ces glandes acquièrent souvent dans les rameaux

ce¬

Fig. 84. — Feuille A! Eucalyptus globulus (coupe). — a. Glande. — b , b. Trois rangées superposées de cellules en palissade. — c. Cellules du parenchyme inférieur. — d. Épiderme à cuticule épaisse.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

un grand développement, et, soulevant l’épiderme, y déterminent des excroissances verruqueuses rougeâtres ( Eucalyptus Resdoni ) que l’on pourrait à première vue confondre avec des lenticelles ou des productions analogues. Il nous paraît inutile d’insister davantage sur ces productions intéressantes.

4e Groupe. — Le réservoir de la glande est ouvert à V extérieur. Glandes florales. — Dans ce groupe rentrent les formations très diverses, connues généralement sous Je nom de nectaires , c’est-à-dire les glandes florales. Tantôt le nectar sécrété se rassemble simplement dans le fond de la fleur ( Nicotiana , Labiées), tantôt le nectaire affectant la forme d’une fossette (base des pétales des Ranunculus, Fritillariaimperialis te.), ou d’une coupe ( Helleborus fœtidus, Eranthis hyemalis, etc.), le produit de sécrétion se renferme dans la cavité de l’organe. D’autres fois encore, le tissu glanduleux occupe le fond d’une feuille florale développée en éperon ( Aquilegia vulgaris, Violariées , etc.) et le suc nectarifère remplit peu à peu la cavité de l’éperon. Il nous est impossible d’insister davantage sur ces productions, qui relèvent le plus souvent de la botanique descriptive.

Glandes septales. — Nous croyons cependant devoir signaler encore certaines glandes, désignées sous le nom de glandes septales de l’ovaire, dont M. Brongniart {Ann. des Sc. nalur ., Rot., t. II, série IY) a fait une étude détaillée.

Ce sont des cavités sécrétantes bien définies, à parois formées par un tissu glanduleux propre, et possédant un conduit excréteur régulier. Ces organes se trouvent chez beaucoup de Monocotylédonées (Liliacées, Amaryllidées , Broméliacées, Cannées, Musacées, Iridées et Hæmodoracées), dans la cloison qui sépare les loges de l’ovaire ; ils en occupent le milieu sur une étendue plus ou moins considérable ; c’est une sorte de dédoublement qui partage la cloison en deux lamelles qui appartiennent à chacun des carpelles contigus. Le tissu qui tapisse cette cavité est plus dense que celui du reste de l’ovaire. Il est formé de cellules plus petites remplies d’une matière jaunâtre.

La cavité de ces glandes se prolonge, vers l’extérieur, en un canal étroit qui aboutit à la surface de l’ovaire dans le fond du sillon qui indique presque toujours au dehors la ligne de

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