CHAPITRE IV. — TISSUS
elles ne different que par leur origine. Ce nouveau tissu reçoit le nom de phelloderme. On peut l’observer dans un grand nombre de cas et particulièrement dans les branches de deux ou trois ans des Salix purpurea et albci, dans celles du Fagus sylvatica , etc.
Revenons à notre figure 87. Le phellogène ainsi produit aux dépens des cellules épidermiques va par des divisions successives engendrer au dehors de nouvelles couches de suber.
Fig. 87. — Coupes transversales sur une branche de Soj-bvs aucuparia, d'après Sanio. Développement du périderme. (Voir l’explication dans le texte.)
Ce développement centripète du périderme se voit en B qui représente un état plus avancé du développement dans la même lige de Sorbus aucuparia. On y peut voir maintenant au-dessus de l’assise a, a (phellogène) deux assises de cellules de liège dont les supérieures ont épaissi notablement leurs parois. — La figureC prise sur une coupe d’un rameau plus âgé montre trois assises de cellules au périderme. Les parois des cellules des deux assises les plus extérieures sont épaissies. En n, n la couche profonde de la paroi des cellules s’est séparée des enveloppes extérieures subérifiées. On peut voir également à gauche de cette figure des cloisons radiales qui se forment dans les cellules du périderme et du phellogène ; cloisons qui déterminent l’accroissement en nombre des cellules d’une même assise.
On trouvera des exemples du même mode de formation du liège aux dépens des cellules épidermiques, dans les Nerium oleander , \iburnum lantana, lantanoïdes, dans la plupart des Pomacées, le Solanum dulcamara, les diverses espèces de Sa-
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
lix , V Euphorbia antiquorum , le Daphné laureola, le Melastoma cymosum, etc.
B. Le mode de développement que nous venons d’exposer n’est pas, nous l’avons dit, le plus fréquent. Ordinairement en effet Y épiderme reste étranger à la formation du périderme. L’une des assises du parenchyme sous-jacent à l’épiderme joue alors le rôle de phellogène. Tantôt c’est l’assise immédiatement au contact avec l’épiderme qui se subdivise pour former l’épiderme, tantôt c’est une assise plus ou moins profondément située dans la masse même de ce parenchyme.
Quoi qu’il en soit, le liège se forme presque toujours de dehors en dedans, c’est-à-dire que c’est à la face interne de la couche de suber déjà formée que le phellogène en produit sans cesse de nouvelles. 11 y a d’ailleurs sous ce rapport des variations assez nombreuses dans le détail desquelles il ne nous est pas possible d’entrer ici. (Voir Duchartre, 2° édition, p. 220, pour le résumé des recherches de M. Sanio.)
§ 16. RHYTIDOME ET ÉCORCE CREVASSÉE. LENTICELLES.
On a donné le nom de rhytidome à des masses de tissu qui se trouvent séparées des autres tissus de la tige au moyen de lamelles de liège qu’engendrent des assises de phellogène développées très profondément dans l’épaisseur de l’écorce de beaucoup de Dicotylédones et de Conifères. Ces couches de tissu, privées par cet isolement de leurs moyens de nutrition, se dessèchent bientôt, meurent et finalement se détache t de h e ytidom e ne pouvant suivre l’accroissement en épaisseur des tiges sur lesquelles il s’est développé, se fendille et il en résulte des crevasses ( écorce crevassée) tantôt longitudinales ( Quercus robur), tantôt circulaires (Prunus cerasus).
Le Platane (Platanus occidentalis) offre le type de la forma- • tion que nous venons de signaler. Chaque année le rhytidome s’en détache sous forme de larges plaques.
Pour terminer ce qui a trait aux formations subéreuses, signalons enfin les lenticelles . Ce sont de petites proéminences éparses à la surface des tiges. Arrondies sur les parties jeunes,