‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 129 sur 451 · CHAPITRE IV. — TISSUS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — TISSUS

arêtes, là où plusieurs cellules viennent à se toucher (fig. 86). Ce tissu revêt sur les coupes transversales un aspect très particulier, comparable un peu à un damier, dans lequel des

losanges brillants et réfringents (v) alternent à peu près régulièrement avec des espaces plus sombres (d). Les losanges représentent la coupe des épaississements, les espaces sombres les cavités des cellules.

Le collenchyme se rencontre très fréquemment dans les tiges des Dicotylédones. Il est très développé dans les pétioles des feuilles des Bégonia , dans les tiges de YAcanthns spinosus , du Rhus coriaria, etc.

c. Enfin , plus rarement , l'hypoderme est un tissu aqueux, plein de sève et à parois minces. Les feuilles des Tradescantia , celles des Bromé

Fig. 86. — Collenchyme, d'après Sachs. — e. Cellules de l’épiderme. — c. Cuticule. — d. Cavités des cellules du collenchyme.

— v. Épaississements. — ch. Grains de chlorophylle.

iacées en offrent des exemples.

§ 15. LIÈGE. — PÉRIDERME.

Le liège ou sidjer est une formation tégumentaire destinée à remplacer l'épiderme détruit accidentellement ou par suite du développement en épaisseur des organes qu’il recouvre.

C'est un tissu dense, formé de cellules dont les caractères sont parfaitement définis et qui, pressées les unes contre les autres, ne laissent entre elles aucun méat. De forme tabulaire, à parois ordinairement peu épaisses, mais comme cuticularisées, ces cellules sont remplies d’air et dépourvues de tout contenu solide ou liquide. Le tissu qu’elles forment est donc essentiellement un tissu de protection; les modifications chimiques que subissent leurs parois leur permettent en effet de résister aux réactifs et par suite aux agents ex-

térieurs, absolument comme les couches cuticularisées de l’épiderme.

Le suber s’observe rarement chez les Monocotylédonées et dans les tiges herbacées annuelles des Dicotylédonées. Il se développe principalement à la surface des tiges des Dicotylédonées qui acquièrent un grand développement en épaisseur. Il constitue alors le plus souvent, sous le nom de périderme, une zone composée d’un nombre variable d’assises cellulaires qui enveloppe la tige d’une façon continue. Ailleurs, il prend un tel développement en épaisseur qu’il forme de véritables masses de liège qui augmentent chaque année en épaisseur. C’est ce que l’on observe particulièrement dans les Quercus suber, Quercus occidentalis , Aristolochia biloba , A. cymbifera , (Jlmus suberosa , Evonymus europœa, etc.

lïéveioppement du périderme (suber). — Il résulte des recherches de MM. Molli, Hanstein, Sanio, etc. (1), que le développement du périderme ne se fait pas de la même manière dans tous les végétaux.

Étude. A. — Dans les cas les plus rares, les cellules épidermiques elles-mêmes deviennent le point de départ de la formation du périderme. Nous reproduisons (fig. 87), d’après M. Sanio, des coupes sur le Sorbus aucuparia qui montrent clairement ce mode de développement. En A on voit que les quatre cellules épidermiques que comprend la figure ont subi une bipartition tangentielle qui les a divisées en deux assises. A gauche, sur la même figure, deux des cellules de l’assise inférieure sont déjà subdivisées par des cloisons tangentielles en quatre autres cellules a, a et b, b. Les cellules a, a, restant susceptibles de se diviser, vont dorénavant former la couche génératrice du périderme qui se produira plus tard. Cette couche de méristème a reçu le nom d ephelloyène. Quant aux cellules b, b, elles constituent un tissu particulier qui vient s’ajouter aux éléments du parenchyme cortical sous-jacent. Elles peuvent renfermer de la chlorophylle comme ce dernier tissu dont

(1) Mohl, Untersuch. üb. d. Entwick. des Korkes. Diss. 1838.

Hanstein, Unters. üb. d. Baiinnd Entw. d. Baumrmde. Berlin, 1853. Sanio, Vergl. Unters. üb. d. Bail u. d. Entw. des Korkes. Pringsheim. Iahr ., II, 39.

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