CHAPITRE IV. — TISSUS
Écorce des cannelles. 1° Cannelle de Ceylan ( Cinnamomum zeylanicum). — Sur les coupes transversales des écorces de cannelle de Ceylan du commerce (les couches tégumentaires faisant généralement défaut) on trouve, tout à fait à l’extérieur, plusieurs assises d’un tissu parenchymateux dans lequel sont répartis de place en place des paquets de fibres à parois épaisses, d’un petit diamètre transversal, comparativement surtout à leur longueur. En dedans de cette première zone, le parenchyme fondamental subit une nouvelle modification et se transforme en cellules pierreuses, à parois très-épaisses, canaliculées. Ces cellules disposées sur deux ou trois rangs forment une couche continue qui sépare la zone externe précédemment décrite d’une zone interne composée d’un parenchyme parsemé d’éléments fibreux isolés et de cellules gommeuses. Les éléments de ce parenchyme renferment généralement de l’amidon.
2° Cannelle de Chine ( Cinnamomum aromaticum) . — Dans cette écorce, les coupes transversales font reconnaître une structure à peu près semblable, sauf que le tissu tégumentaire y est généralement représenté par quelques assises de cellules subéreuses (périderme), et que la zone des cellules pierreuses, moins régulière que dans la cannelle de Ceylan est souvent même interrompue par des bandes de tissu fondamental (Planchon, loc. cit.). Enfin l’amidon est plus abondant dans ces écorces que dans les écorces de Ceylan.
3° Cannelle giroflée ( Dicypellium cary ophyllatum) . — Cette espèce ne renferme pas d’amidon, et, dans la généralité des cas, sa partie la plus externe est formée par une zone de cellules pierreuses disposées en deux ou quatre assises. De plus, à la face interne se montre la couche libérienne composée de faisceaux prosenchymateux denses qui proéminent dans la zone moyenne composée comme précédemment d’un parenchyme parsemé de longues fibres isolées à parois épaisses et de grosses cellules gommeuses (Planchon, loc. cit.).
4° Cannelle blanche ( Caiinella alba). ■ — Dans cette écorce, des cellules pierreuses de couleur jaune-citron ou d’un jaune verdâtre occupent la périphérie du tissu fondamental. Disposées sur deux ou trois rangs, elles circonscrivent un parenchyme cortical rempli de grandes cellules à résine, qui lui-même est limité plus en dedans par les faisceaux libériens.
Écorces d’Angusture. — L’examen des écorces d’Angusture montre également bien les différenciations qui peuvent se produire dans le parenchyme fondamental. Ici encore des cellules sclérenchymateuses apparaissent en plus ou moins grande abondance, et leur répartition permet de distinguer aisément, par l’examen de la structure anatomique, entre les écorces d’Angusture vraie et de fausse Angusture.
An g- u s turc vraie (Galipea officinalis). — Les coupes transversales de cette écorce montrent de dehors en dedans : 1° une zone périder-
GUIDE I)E MICROGRAPHIE.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
mique de cellules subéreuses ; 2° en dedans de ces cellules un tissu parenchymateux dans lequel se voient de nombreuses cellules pierreuses k parois jaunâtres, ponctuées, qui forment des groupes allongés dans le sens tangentiel, et répartis à des distances très-inégales. 3° A la face interne de cette zone se trouve une couche de cellules assez minces, renfermant des groupes de cellules sclérenchymateuses semblables aux précédentes ; cette zone se continue avec le liber qui se fait remarquer par ses paquets de fibres à parois très-épaisses (Planchon, loc. cit.).
Angusture fausse ( Strychnos nux vomica). — La structure anatomique de cette écorce est également très-caractéristique. A la zone péridermique formée de cellules cubiques, succède un tissu parenchymateux parsemé de quelques groupes de cellules sclérenchymateuses. Puis vient le liber ; mais entre ce liber et la zone parenchymateuse on trouve une zone presque continue formée de trois à quatre assises de grosses cellules pierreuses à parois jaunes, dures, ponctuées, qui présentent sur les coupes transversales un contour ellipsoïde ou arrondi.
Les quelques exemples que nous venons d’indiquer succinctement et qu’il serait oiseux de multiplier davantage, pourront être pris comme types de ces modifications que subissent certains des éléments du parenchyme fondamental.
Les trois systèmes de tissus (tégumentaire, fasciculaire, fondamental) que nous venons d’examiner, se groupent de manières diverses pour former les tiges, les racines, les feuilles, etc. Pour connaître la structure de ces organes, il va donc nous suffire d’étudier dans chacun d’eux les rapports réciproques de ces trois systèmes de tissus.