‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 149 sur 451 · ACCROISSEMENT DES TIGES DES DICOTYLÉDONÉES · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT DES TIGES DES DICOTYLÉDONÉES

1° Accroissement en longueur. Étude. — Pour étudier l’accroissement des tiges en longueur, on fera des coupes longitudinales sur le bourgeon terminal. Ces coupes devront passer très-exactement par l’axe du bourgeon. Celui-ci renferme en effet en son milieu un petit mamelon terminal généralement conique ( cône ou point végétatif) que forme un tissu très-délicat. Comme il est difficile d’obtenir des coupes minces sur ce tissu, on pourra se contenter de tranches comprenant une épaisseur de trois à quatre assises de cellules, mais alors on rendra les préparations transparentes en les traitant alternativement par la potasse et l’acide chlorhydrique et en les montant dans la glycérine. On pourrait encore placer les coupes dans un peu d’eau additionnée de chlorure de calcium sec et les chauffer jusqu’à siccité presque complète. En dissolvant le chlorure de calcium avec un peu d’eau et montant les coupes dans la glycérine on obtient au bout de peu de temps une très-grande transparence (Treub.). Sur ces coupes on pourra constater alors que le tissu (méristème primitif) qui forme le cône végétatif est déjà, parla forme et la disposition générale de ses cellules différencié, en trois zones : l’une externe, généralement formée d’une seule assise de cellules qui continuent l’épiderme de la portion de tige située au-dessous du point végétatif, reçoit le nomte dermatogène (ftg. 113, d)(Hanstein)(l). Elle est appelée à former l’épiderme du nouvel entre-nœud. Une seconde zone recouverte directement par la précédente est constituée de deux ou trois assises de cellules et a reçu le nom de périblème (fig. 113, pb). Elle se continue au-dessous du point végétatif avec l’écorce primaire du jeune rameau, elle devient le point de départ de la même formation dans le nouvel entre-nœud. Enfin, le centre du cône végétatif est rem-

(1) Hanstcin, Die Scheitelzellgruppe im Vegetationspiuilit der Phaneroganien, Bonn, 18C8.

pli par un méristème désigné du nom de plérome (fig. 113, pl), à la périphérie duquel se développeront les faisceaux et dont le centre formera la moelle dans les tiges où celle-ci existe (1).

L’accroissement terminal des tiges s'opère donc par 1 intermédiaire d’un méristème, qui se divise très-rapidement en couches distinctes correspondant aux diverses parties de la tige développée. Chez les Dicotylédonées, cet accroissement est généralement indéfini; il n’y a guère d’exception que pour les plantes dont l’extrémité de l’axe se termine par une fleur.

2° Accroissement transversal. — Dans un certain nombre de tiges herbacées qui n’ont qu’une durée très-limitée, l’accroissement en épaisseur s’arrête rapidement, en même temps que le cambium des faisceaux disparaît (faisceaux fermés). 11 n’en est pas de même chez d’autres tiges annuelles ( Bras sica , etc.), et surtout chez les Dicotylédonées ligneuses où le bois et l’écorce primaires dont nous avons indiqué plus haut le mode de développement (p. 221) se trouvent bientôt renfor cés par des formations secondaires qui, tout en augmentant la consistance de la tige, participent à son accroissement transversal. — Ce sont, d’une part, de nouveaux éléments de bois et de liber engendrés par le cambium des faisceaux primaires, d’autre part l’apparition de nouveaux arcs cambiaux aux dépens d’une assise de cellules qui entoure le cylindre vasculaire. Ces nouveaux arcs générateurs s’intercalent aux arcs cambiaux des premiers faisceaux, et il en résulte la formation d’une zone génératrice continue qui va produire à l’extérieur des couches libériennes, et à l’intérieur des couches de bois. Ce liber secondaire est généralement formé de fibres épaisses accompagnées de cellules parenchymateuses. Quant au bois secondaire , il n’est formé que de vaisseaux ponctués ou rayés et de fibres ligneuses, mais il ne s’y produit ni vaisseaux spiralés, ni vaisseaux annelés. Le cambium produit tous ces éléments par division successive des cellules qui le composent et transformation lente en liber ou en bois. D’après les recherches de M. Sanio chez le Pinvs sylvestris( 2),

(1) Dans les plantes aquatiques (voir page 219) où il n’y a pas de moelle, le plérome se transforme tout entier en un faisceau axile.

(2) Pringsheim, Jahrb ., Bd. IX.

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