‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 150 sur 451 · CHAPITRE V. — STRUCTURE DES TIGES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — STRUCTURE DES TIGES

le travail de division s’opère dans une couche spécialement active du cambium, qu’il appelle couche initiale. Le cambium se voit en cc (fîg. 101) sur la coupe transversale de Samhucus nigra que nous reproduisons d’après M. de Bary

Fig. lOi. — Coupc transversale d’un jeune entre- Fig. 102. — La rangée de cellules nœud de Sambvcus nigra (de Bary). — cc. Cam- [xx) de la figure 101, vue à un plus

bium. — rr. Limite de l’écorce primaire. — gg. fort grossissement. — h. Côté du

Vaisseaux ponctués en formation. — s. Tra- bois. — r. Côté de l’écorce, chées. — pp. Parenchyme.

(i loc . cit.). Chaque cellule (cellule initiale) de la couche active se divise tangentiellement en deux cellules sœurs (en fig. 102) dont l’une devient initiale à son tour et l’autre cellule mère de tissu; alors, suivant que cette dernière occupe la face interne ou la face externe de la première, elle donne lieu à des éléments du bois ou de l’écorce. En général chaque cellule mère de tissu se divise par cloison tangentielle en deux cellules qui deviennent directement des éléments propres à l’une des deux parties, corticale ou ligneuse.

Quoi qu’il en soit, lorsque, comme c’est le cas pour les tiges ligneuses de nos arbres, l’activité du cambium se suspend périodiquement pour reprendre avec vigueur au début de la nouvelle période végétative, il se produit dans le cours de chaque période d’activité une couche de bois secondaire et une couche d’écorce secondaire qui se placent, la première en dehors des couches ligneuses des années précédentes, la seconde en dedans des couches libériennes antérieurement formées. — Le même fait se reproduisant chaque année, le

bois primaire se trouve continuellement repoussé vers le centre de la tige. Il y forme l 'étui médullaire, etproémine à la face interne des nouvelles formations, déterminant dans la moelle autant de saillies qu’il existait de faisceaux primitifs dans la tige (trois dans le Nerium Oleancler , quatre dans le Buxus sempervirem, cinq dans le Chêne, le Châtaignier, etc.). Quant à l’écorce primaire, elle disparaît fréquemment, par exfoliation consécutive à la formation du rhytidome. — Quelquefois cependant, ses cellules devenant le siège d’une segmentation active, elle peut suivre sans se déchirer le développement transversal de la tige ( Viscum , Helianthus nnnuus, etc.).

La formation des couches annuelles dans le bois des tiges ligneuses se traduit fréquemment à l’œil nu, grâce à une densité plus grande des couches formées à la fin de la période végétative. D’autre part, à mesure que les couches ligneuses avancent en âge, leurs parois durcissent, se colorent en brun plus ou moins foncé, et il en résulte au voisinage de la moelle une partie ligneuse de couleur foncée et d’une grande densité, que l’on nomme duramen ou cœur du bois. Les couches plus récentes et plus extérieures forment une zone claire et moins dense qui reçoit le nom d 'aubier. Certains de nos arbres dits à bois blanc (Saules, Peupliers, etc.) ont dans toutes leurs parties une consistance peu prononcée et une couleur pâle homogène.

L’accroissement transversal chez les Gymnospermes s’opère exactement comme chez les Angiospermes; seulement, au moins chez les Conifères et les Cycadées, le bois secondaire ne renferme jamais de vaisseaux, mais seulement les susdites fibres aréolées ponctuées (I).

Étude. — Pour étudier le développement en épaisseur des tiges, on fera des séries de coupes transversales à des hauteurs diverses sur de jeunes branches, de manière à constater

(1) Chez les Gnétacées, on observe dans la constitution du bois secondaire une sorte de passage entre les autres Gymnospermes et les Angiospermes. Dans les Ephedra, par exemple, on trouve de larges vaisseaux dont les articles sont séparés par des cloisons transverses obliques percées d’un ou plusieurs trous arrondis. Leurs parois latérales possèdent des ponctuations aréolées. Dans le bois du Welwitachia les fibres à ponctuations aréolées paraissent manquer et être remplacées par des « vaisseaux poreux » à paroi épaisse (Sachs'.

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