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MESURE DES OBJETS MICROSCOPIQUES

On entend par grossissement de l’objet, non pas son grossie sement cubique, mais son grossissement en diamètre. On ne mesure en effet que l’une de ses dimensions.

On peut employer pour la solution du problème, diverses méthodes ; nous n’en indiquerons qu’une seule, la plus exacte et la plus simple.

Elle repose sur la connaissance du pouvoir amplifiant du système optique employé (1).

Ce pouvoir amplifiant, nous venons de le voir, est facile à déterminer.

Le micromètre oculaire étant disposé comme plus haut, on remplace dans l’opération précédente le micromètre objectif par le corps à mesurer (globules du sang, par exemple) et l’on note exactement combien ce corps occupe de divisions du micromètre oculaire. Supposons qu’il recouvre deux divisions et demie.

Son diamètre amplifié correspond donc à 2mm,5 (puisque nous admettons toujours que le verre de l’œil de l’oculaire grossit 10 fois). D’autre part, si le grossissement du système optique employé (objectif et oculaire) est 300, le diamètre réel duglo-

(1) Lorsqu’on ne possède pas de micromètre objectif pour déterminer le pouvoir amplifiant d’un système optique donné, on peut se servir des tables dressées par les constructeurs, et qu’ils livrent en vendant l’instrument. Toutefois il est préférable do dresser soi-même cette table. Pour simplifier on aura soin d’employer toujours le même oculaire micrométrique, et Ton n’oubliera pas de tenir compte de la longueur du tube du microscope, le pouvoir amplifiant Variant considérablement avec cette longueur.

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bule sera — = 0 007 ou 7 millièmes de millimètre. Ainsi

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donc, d’une manière générale, le diamètre amplifié d’un objet est représenté par une fraction dont le numérateur est le nombre de millimètres que recouvre l’objet amplifié, tandis que le dénominateur est le grossissement connu du microscope.

Nous n’entrerons pas dans de plus longs détails sur ces mesures du grossissement, nous bornant à l’exposé des méthodes ci-dessus, établies pour la première fois par M. Robin (loc. vit.), méthodes qui sont en réalité les seules qui donnent des résultats exacts, en même temps qu’elles sont d’une application facile.

§ 13. CHOIX d’un microscope.

Les divers modèles que nous avons cités plus haut, dus à nos meilleurs constructeurs, sont tous de bons instruments ; mais, que l’on nJentende pas par bon microscope un instrument compliqué. Les plus petits modèles peuvent être d’excellents instruments et rendre de très grands services s’ils répondent aux principales conditions que nous avons envisagées déjà et à celles que nous allons rappeler de nouveau.

■>cs qualités «te l’objectif — On doit exiger des objectifs certaines qualités que Goring désigne des noms de pouvoir définissant, pouvoir pénétrant et pouvoir résolvant.

\° Pouvoir définissant. — On nomme ainsi la propriété qu’ont les bons objectifs de donner des images à bords bien nets et bien définis ; cette propriété dépend de la correction plus ou moins parfaite des aberrations de sphéricité et de réfrangibilité (Voir plus haut, page 7).

2° Pouvoir pénétrant. — C'est la propriété qu’ont certains objectifs de faire distinguer avec netteté des parties de l’objet microscopique qui sont un peu en dehors du foyer. — Cette propriété des objectifs peut rendre des services, à condition que le pouvoir définissant ne soit pas diminué.

3° Pouvoir séparateur, résolvant ou analytique. — G’estla qualité qu’ont certains objectifs de donner avec netteté l’image de

délicats détails des objets, stries, saillies, dépressions, etc.

Cette qualité est malheureusement contraire aux deux précédentes, surtout à la pénétration. — Ajoutons que l’on doit préférer un objectif qui définit bien, à un objectif d’un grand pouvoir analytique.

Pour vérifier les qualités précédentes des objectifs que l’on

possède, on se sert de préparations faites à l’aide d’animaux ou de végétaux microscopiques qui présentent des détails de structure généralement très-délicats, mais pourtant nettement définis. — Ces préparations reçoivent le nom de Test-Objets et servent principalement h vérifier les pouvoirs définissant et résolvant des objectifs.

Test-Objets. — L'un des plus anciens test-objets, qui n’est plus guère employé maintenant, est fourni par les écailles de la Forbicine , Lepisma,

Saccharina, insecte Thysanoure (vulg.

poisson d’argent). Ces écailles présentent des stries longitudinales et des stries obliques par rapport h ces dernières

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Les écailles cordiformes du petit papillon de chou , Pieris rapæ (fig. 10), ainsi que celles du Podura plutnbea, sont d’un usage excellent. — Sur les premières on doit déterminer des rangées longitudinales de granulations semblables à de petites perles ;

sur les secondes, des marques en forme de virgules terminées par une pointe fine (fig. 11). Si l’objectif est très-bon, elles doivent de plus montrer une ligne médiane blanche pro-

Fig. 13.

Fig. 12.

Fig. 14.

duite par la réfraction de la substance mince et qu’un objectif incomplètement corrige ou mal centré ne montrera jamais parfaitement (Robin, loc. cit.).

On se sert également beaucoup aujourd’hui, comme test-objets, des enveloppes siliceuses des Diatomées. — Dans Remploi de ces test-objets on fait usage de la lumière oblique pour faire apparaître les stries les plus délicates.

Le Pleurosigma angulalum (fig. 12) est un très-bon test pour la valeur d’objectifs puissants avec la lumière oblique. — Toutefois ces stries doivent se montrer de la façon la plus nette avec un bon objectif h immersion sous l’influence du simple éclairage central. Avec les objectifs puissants et l’éclairage oblique on aperçoit des lignes dont les unes se croisent transversalement sur l’enveloppe tandis que les autres ont une direction oblique. Avec de bons objectifs à immersion on voit que ces lignes, qui interceptent de petits espaces hexagonaux élégants et fort resserrés, sont en réalité des séries de ponctuations rondes (fig. 13 et 14). Le Siinrella gemma , le Grammatophora subtilissima, le Navicula af finis (fig. 15 et 16) etc., sont des test-objets d’une exquise délicatesse.

Fig. 16.

Fig. 15.

§ 14. DES QUALITÉS DE LA PARTIE MÉCANIQUE d’üN BON MICROSCOPE.

La forme du pied d’un microscope importe peu, ce qu’il faut exiger, c’est un pied lourd et pesant, condition absolument nécessaire pour la stabilité de l’instrument et la facilité des observations. Il n’est pas nécessaire que la colonne soit à inclinaison, cette modification n’ayant d’autre avantage que d’éviter à l'observateur de pencher la tête pendant l’examen microscopique, position un peu fatigante au début, mais à laquelle on s’habitue très-rapidement.

La plus grande attention doit être apportée à l’examen du tirage du tube et du mouvement de la vis micrométrique ; le tirage doit s’effectuer facilement, avec douceur, en même temps que le tube reste assez fortement retenu dans le corps pour ne pas tomber sur la préparation ou se déplacer trop faci-

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lement. La vis micrométrique doit manœuvrer facilement. Enfin l’éclairage de l’objet doit absolument s’effectuer au moyen d’un miroir monté sur pied articulé de façon à pouvoir prendre la lumière dans tous les sens. Nous ne parlons que pour mémoire du centrage du microscope. Les bons constructeurs auxquels on doit toujours avoir recours ne livrent pas d’instruments défectueux sous ce rapport, et il serait d'ailleurs facile de s’apercevoir de ce défaut. Qu’on examine en effet avec le microscope monté le plus petit trou du diaphragme, si le centrage a été exactement fait, on devra apercevoir cette ouverture exactement au milieu du champ de vision.

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