SOINS A DONNER AU MICROSCOPE
Lorsqu’on est en possession d’un bon microscope, si l’on veut lui conserver toutes ses qualités, o.n doit l’entretenir avec toute la sollicitude possible.
1° Partie optique. — Pour les objectifs et les oculaires, il suffit de nettoyer les verres extérieurs. Cette opération pour les objectifs doit s’opérer de la façon suivante : on prend un linge très lin, de la mousseline ou de la toile fine usée, on en recouvre la pulpe du pouce de la main gauche ; puis, saisissant l’objectif avec la main droite, on pose doucement la lentille inférieure sur le linge et l’on fait tourner l’objectif en appuyant légèrement. Si l’on prenait de trop gros linges et si l’on appuyait trop fort en essuyant, on risquerait de rayer la lentille et de détériorer l’objectif. Lorsque la lentille inférieure de l’objectif est souillée de matière grasse, ou encore, comme cela arrive souvent, par les vernis employés dans les préparations, au lieu d’employer un linge sec, on humecte ce linge d’une goutte d’alcool, et l’on débarrasse ainsi l’objectif de toute impureté. Il faut avoir soin toutefois de n’employer jamais qu’une faible quantité d’alcool, de peur que ce liquide, ne venant à pénétrer dans l’objectif, dissolve le vernis qui sert à souder les deux verres de crown et de flint dont est formée la lentille.
Si la lentille supérieure de l’objectif paraît souillée de poussière, on se contentera avec un pinceau de la brosser légèrement. Nous recommandons également de se livrer aussi rare-
ment que possible au soin de démonter l’objectif pour en nettoyer les diverses pièces : ce nettoyage exige trop de délicatesse et il vaut mieux confier de temps en temps l’instrument au constructeur pour lui faire subir un nettoyage complet, que de se livrer soi-même à cette opération.
Les soins que l’on doit apporter au nettoyage des lentilles de l’oculaire sont les mêmes que ceux que nous venons d’indiquer pour les objectifs.
D’ailleurs, pour éviter que les objectifs et les oculaires ne se remplissent de poussière, on doit toujours avoir soin de les renfermer dans les boîtes qui leur sont destinées, ou bien si l’on veut éviter de démonter le microscope après l’observation, il suffit de le recouvrir d'un globe de verre qui le mette à l’abri de toute détérioration.
2° Partie mécanique. — Après un usage un peu prolongé, il arrive souvent que le glissement du tube dans le canon du microscope s’opère avec difficulté. Au lieu d’un mouvement doux et moelleux on n’obtient plus qu’un mouvement dur et saccadé ; on risque alors, n’étant plus bien maître du glissement, d’écraser les préparations, et par suite aussi de détériorer l’objectif; pour rendre au tube son mouvement normal, il suffit, après l’avoir tiré hors du canon, de l’essuyer avec un linge bien sec, de manière à le débarrasser complètement d’une sorte d’enduit noirâtre qui le recouvre. Lorsque sa surface est redevenue polie, on l’enduit très légèrement d’huile de pied de bœuf au moyen d'un linge imprégné de cette substance, enfin on l’essuie encore au moyen d’un linge sec. La face interne du canon est également nettoyée, et, ces précautions prises, le glissement s’effectue avec facilité.
Ajoutons, pour terminer, que l’instrument ne doit jamais être renfermé dans sa boîte sans avoir été soigneusement essuyé avec un linge sec ou une peau de daim.