‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 164 sur 451 · CHAPITRE VI. — STRUCTURE DE LA RACINE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — STRUCTURE DE LA RACINE

Telle est la structure de la racine dans la période primaire chez toutes les plantes vasculaires. Les différences que l’on observe consistent principalement dans le nombre des faisceaux ou rayons vasculaires et libériens qui forment le cylindre axile. Au nombre de deux (racines binaires) chez un grand nombre de Dicotylédonées : Crucifères ( Brassica , Raphanus), Fumaria, Caryophyllées, Vitis, TJrtica, Ombellifères ( Anthriscus cerefolium , Fœ niculum, Petroselinum scttivum, Carum carvi , Coriandrum , Daucas, Pcistincica sativa , etc. (Van Thiegem), Chenopodées ( Beta atriplex, mirabilis ), Centranthus et Valeriana, Tagetes erectci, on en trouve généralement quatre chez les Cucurbitacées, les Euphorbiacées ( Euphorbia , Ricinus, Mercurialis, Tropæolum majus ), etc. Chez les Papilionacées leur nombre varie avec les espèces. Il y en a deux dans Lupinus varius , Trigonclla ; trois dans Pisum sativum, Orobus vernus, Vicia sativa, Medicago sativa , Ervum lens ; quatre dans Phaseolus, Dolichos lignosus, Cicer cirietinum ; cinq, sept et môme douze dans Vicia faba (Van Thiegem). D’après le même auteur, ce nombre est également sujet à varier pour la même espèce dans divers Pins, où on en peut trouver de trois à sept.

Le nombre de ces parties vasculaires et libériennes (de 2 à 20 et même 50) varie également chez les Monocotylédonées et les Cryptogames. Parmi ces dernières, les petites racines sont généralement binaires ( Cyathea medullaris). Les grosses racines présentent 3 ou 4 lames vasculaires et même jusqu’à 15 et 20 dans les racines volumineuses d eMarattia et d 'Angiopteris (Van Thiegem) .

Zone rhizogène (fig. HO, m , r ). — Les fonctions propres à la zone rhizogène établissent un premier caractère distinctif qui sépare complètement les racines des Cryptogames de celles des Phanérogames (Van Thiegem). Chez les Phanérogames, en effet, c’est cette assise qui devient le point de départ de la formation des radicelles. Les groupes de cellules génératrices sont alors généralement placés en face des faisceaux ou rayons vasculaires (1). Chez les Cryptogames, au contraire, cette assise reste inactive ou même manque totalement (Prêles), et c’est l’endoderme qui produit les radicelles (Fougères, Marsi-

(1) M. Van Thiegem cite cependant quelques exceptions à cette règle : chez les Graminées, d’une part, la membrane rhizogène s’interrompt d’une façon régulière en face des vaisseaux, de sorte que les radicelles se produisent en face des faisceaux libériens. D’autre part, chez les Ombellifères et les Araliacées, la membrane rhizogène est creusée en face des faisceaux vasculaires et des faisceaux libériens par des canaux sécréteurs qui empêchent la formation des radicelles. Celles-ci naissent alors entre les parties libérienne et vasculaire. Chez le Pittosporum, enfin, elles naissent en face des faisceaux libériens, la zone rhizogène étant interrompue en dehors des faisceaux vasculaires par un arc de canaux sécréteurs.

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liacées). Chez les Prêles, l’endoderme caractérisé par les parois plissées de ses cellules forme l’avant-dernière couche du parenchyme cortical, il joue uniquement un rôle de protection, et c’est une assise plus interne qui engendre les radicelles. Mais dans aucun cas, chez les Cryptogames (1), la membrane rhizogène ou péricambium n’intervient dans la formation des radicelles.

Si maintenant on examine l’orientation des faisceaux des radicelles relativement aux faisceaux de la racine principale, on trouvera une nouvelle différence caractéristique entre les Cryptogames et les Phanérogames. Chez Jes Cryptogames, quand la structure de la radicelle est binaire, le plan de ses faisceaux est toujours en croix avec l’axe de la racine mère. Chez les Phanérogames, au contraire, le plan des faisceaux de la radicelle passe par l’axe de la racine mère.

Le mode d’origine et l’orientation des faisceaux des radicelles fournissent donc des caractères distinctifs très nets entre les racines des Cryptogames et celles des Phanérogames. Quant aux caractères distinctifs entre les racines desMonocotylédonées et celles desDicotylédonées, ils sont essentiellement fournis par l’apparition de productions secondaires chez ces dernières, productions qui altèrent profondément leur structure primitive et qui déterminent souvent un accroissement considérable en épaisseur. Chez les Monocotylédonées, au contraire, la racine ne s’épaissit pas, et conserve ses premiers caractères de structure (il en est de même chez les Cryptogames). Les seules modifications consistent dans l’épaississement fréquent des parois radiales et internes des cellules de l’endoderme ou couche protectrice (fig. 112), dans la formation d’un hypoderme ou d’une couche subéreuse à la périphérie du parenchyme cortical, enfin dans des dégradations de structure qui arrivent même, dans les cas extrêmes ( Vallisneria , Lemmacées), jusqu’à faire disparaître le faisceau vasculaire axile, dont la place est occupée par une grande lacune.

Période secondaire dans le développement des racines des Dico- Ujlédonées. — A la période primaire, avons-nous dit, succède

(1) Les Lycopodiacées et les Ophioglossées ne produisent pas de radicelles latérales. Elles se ramifient par dichotomie.

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