CHAPITRE VII. — FEUILLES. BOURGEONS
vures est accompagnée d’une enveloppe de fibres très épaisses qui, s’étendant jusqu’aux épidermes, forment une sorte de cloison fibreuse longitudinale.
Dans les feuilles aciculaires de beaucoup de Conifères, le faisceau (fig. 117), axile, est entouré d’un tissu incolore à élé-
Fig. 115 et 116. — Feuille de Malva Mauritiana. — A. Coupe transversale passant par la nervure médiane. — ei. Épiderme inférieur. — es. Épiderme supérieur. — p. Parenchyme en palissade. — l. Parenchyme lacuneux. — f. Faisceau de la nervure médiane. — B. Une portion de la coupe précédente vue à un fort grossissement.
ments très caractéristiques, en même temps qu’un hypoderme formé de cellules ou de paquets de fibres épaisses se distingue à la périphérie du limbe.
Étudiées dans leurs dernières ramifications, les nervures ne sont plus composées que de trachées qui bientôt même cèdent la place à des cellules allongées, derniers vestiges de l’organisation vasculaire du faisceau.
Chez les Orchidées , les faisceaux disposés en trois plans présentent une structure différente suivant leur siège.
Ceux du plan médian, qui souvent existent seuls, sont de beaucoup les plus volumineux et offrent les mêmes élé- Fig. m.— coupe transversale
, n • -, , . • d’une feuille.
ments que les faisceaux des tiges.
Quant aux faisceaux des plans inférieur
et supérieur, voisins de l’épiderme, ils sont beaucoup plus grêles et consistent uniquement en paquets de fibres épaisses et habituellement ponctuées (1).
(1) A. Chatin, Anatomie des plantes aériennes de l’ordre des Orchidées (Mémoires de la Société des sciences naturelles de Cherbourg, t. V, 1857).
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
Enfin dans certaines plantes qui vivent dans l’eau, les faisceaux des nervures deviennent incomplets (voir p. 218) et se creusent de lacunes par résorption des vaisseaux. L 'Ouvirandra fenestralis montre de semblables faisceaux incomplets et même, le tissu parenchymateux venant à disparaître, la feuille se réduit à peu près à ses nervures, et présente un limbe criblé de trous comme un tamis à larges mailles (1).
2° Parenchyme. — Entre les nervures existe généralement un parenchyme que limitent au dehors deux épidermes, Eun à la face supérieure et l’autre à la face inférieure du limbe. — Ce parenchyme, assez variable dans sa composition, présente toutefois chez les Dicotylédonées un type extrêmement répandu. Il se compose alors de deux zones distinctes : l’une est en contact avecl’épiderme supérieur et est formée de cellules allongées et placées perpendiculairement à cet épiderme.
frig. 113. — Feuille à’ Eucalyptus glabulus (coupe). — a. Glande — b. b. Trois rangées superposées de cellules en palissade. — c. Cellules du parenchyme inférieur. — d. Epiderme à cuticule épaisse.
Très serrées les unes contre les autres (fig. 116,/?, A et B) et gorgées de chlorophylle, ces cellules ne laissent entre elles aucun méat. Elles forment la zone dite des cellules en palissade. — Généralement constituée par une seule assise de cellules, elle peut dans certains cas en présenter deux ou trois superposées (fig. 118), comme le montre la feuille d 'Eucalyptus.
D autre part, en contact avec l’épiderme inférieur se trouve la seconde portion du parenchyme. Elle est formée de cellules irrégulières, rameuses (fig. 116) qui, laissant entre elles
(1) A. Chatin, Sur l'anatomie de l’Ouvirandra fenestralis. Bull. Soc. bot. de Franc*, t. II, 1856.