CHAPITRE VII. — FEUILLES. BOURGEONS
de nombreux méats, forment un parenchyme lacuneux. Ces méats sont, par l’intermédiaire des chambres sous-stomatiques et des stomates, en relation avec l’extérieur.
Nous allons enregistrer quelques-unes des modifications que subit le type que nous venons de décrire.
1° Feuilles des Monocotylédonées. — Souvent le parenchyme est homogène ou uniforme chez les Monocotylédonées. Il est alors formé d’une seule espèce de cellules généralement arrondies et lâchement unies, pouvant même se creuser de lacunes plus ou moins -larges par écartement de ces éléments. (Hyancinthus orientalis). Ailleurs, le parenchyme, dit hétérogène symétrique (A. Chatin), est composé de cellules plus serrées
Fig. 119. — Feuille d ’Arundo donax en coupe transversale. — c,c. Cellules à chlorophylle. b, b. Gaine des faisceaux. — e , e. Cannelures de la feuille- — v. Vaisseaux.
entre elles sous l’un et l’autre épidermes, plus lâchement unies dans la portion moyenne qui représente le parenchyme lacuneux. La figure 119 [Arundo donax) offre un exemple de cette disposition. Au voisinage des épidermes, les cellules sont très petites (c), serrées et remplies de matière verte. Au contraire, dans la partie médiane de la coupe, les cellules, beaucoup plus larges et plus lâchement unies, sont en même temps complètement dépourvues de chlorophylle. La même coupe montre très nettement une disposition qui s’observe fréquemment dans le limbe des feuilles des Monocotylédonées ; cette particularité consiste dans la différenciation manifeste des cellules du parenchyme voisines des faisceaux, en une gaine ( b , b) formée d’une assise d’éléments très développés et à parois minces.
Les feuilles des plantes grasses peuvent en général se rattacher par la disposition des éléments de leurparenchyme au type que nous venons de mentionner, et n’en diffèrent que par les grandes dimensions des cellules. Dans les feuilles A Aloes en
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
particulier, les cellules du parenchyme central prennent un énorme développement, et forment un tissu de consistance fluide. Ges mômes feuilles d’Aloès sont encore intéressantes par l’existence de longues cellules avoisinant les faisceaux et remplies de matière brune. Ges cellules sont entourées d’éléments plus petits renfermant un liquide incolore et un corps nucléiforme jaunâtre qui pourraient bien jouer un rôle important dans la production du suc brun que renferment les premières cellules (1).
2° Feuilles à parenchyme externe incolore. — Il arrive dans certains cas que le parenchyme vert, au lieu de se trouver au voisinage de l’épiderme, s’en trouve séparé par une ( Bégonia zebrina), deux ou même plusieurs (Bégonia sanguinea , Peperomia blanda), assises de grandes cellules à parois minces et sans chlorophylle. (Duchartre, loc. cit .)
3° Feuilles des Orchidées (2).
Dans certaines plantes de cette famille (, Pleur othallis racemiflora, spatulata , Lepanthes cochleori folia, etc.), on trouve, d’après M. Trécul, que le parenchyme des feuilles est séparé de l’épiderme par une couche de cellules spiralées ordinairement dépourvues de chlorophylle, mais pouvant en renfermer, comme l’a montré M. A. Chatin dans les feuilles des Brossavola venosa et Lælia anceps.
Ges cellules spiralées se trouvent disposées de manières diverses, tantôt réparties au milieu du parenchyme vert ( Stilis , Pleurothallis proliféra , etc.), elles forment dans le Physosiphon Loddigem une rangée de cellules allongées perpendiculairement à l’épiderme supérieur dont elles sont séparées par une couche de cellules incolores. Contre l’épiderme inférieur se trouvent des cellules spiralées. Diverses Broméliacées ont aussi leurs grandes cellules externes et incolores pourvues d’épaississements spiraux. (Duchartre, loc. cit.)
Feuilles des plantes submergées. — Dans beaucoup de plantes submergées, le parenchyme se réduit à deux ou trois assises de cellules, dont les plus extérieures sont considérées
(1) Bâillon, art. Aloes. Dict. ennjelopéd. des sc. médicales, t. III, p. 363.
(2) Trécul, Bull. Soc. bot. de France , t. Il, 1855. A. Chatin, loc. cit.