CHAPITRE VIII. — ORGANES DE REPRODUCTION
développement. Toutefois, pour voir des spores bien développées, il sera bon de pratiquer des coupes sur des échantillons assez avancés en âge. Sur ces coupes (fig. 140) on trouvera de longues cellules renflées à l’extrémité, dont l’ensemble constitue l’hyménium et qui reposent sur une couche de cellules assez courtes appartenant au tissu du réceptacle fructifère. Parmi les longues cellules hyméniales, on en trouve un grand nombre (basides) qui développent à leur extrémité deux à quatre stérigmates portant chacun une spore. Ces spores développées se détachent, tombent et germent pour reproduire un mycélium.
Modifications des spores. — 1° Conidies. — On a donné ce nom à de petits corps reproducteurs susceptibles de germer qui se produisent principalement chez les Champignons filamenteux (Phycomycètes), à l’extrémité des filaments fertiles. Ces
Fig. 141. — Torula sacchari.
D’après Payer.
Fig. 142. — Aspergillus glaucus.
Conidies naissent successivement, souvent en grand nombre, à l’extrémité de ces filaments dont la cellule terminale joue le rôle de baside, et ils se disposent en chapelet, la spore la plus ancienne étant à l’extrémité. Nous reproduisons comme exemples de cette disposition en chapelet le Torula sacchari et l’ Aspergillus Glaucus. On peut voir que dans le Torula (fig. 141) les chapelets de spores s’insèrent directement sur le mycélium filamenteux dont quelques filaments deviennent fertiles. Dans l’ Aspergillus glaucus (fig. 142), ces chapelets de spores ne s’insèrent pas directement sur le mycélium, mais sur des filaments intermédiaires.
2° Stylospores et Pycnides. — Dans certains Champignons (Ce-
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
nangium frangulæ) on voit se développer des conceptacles appelés Pycnides qui s’ouvrent à leur sommet pour laisser échapper des spores appelées Stylospores parce qu’elles sont séparées de leur baside par un étranglement ou stérigmate.
3° Spermaties et spermogonies. — On trouve sur les Ascomycètes des conceptacles (spermogonies) tapissés de corps très grêles en forme de bâtonnets (spermaties) développés en grand nombre à l’extrémité de filaments cellulaires et qui répondraient aux conidies, car M. Max. Cornu (1) a pu obtenir leur germination chez certaines espèces.
4° Chlamydospores. — On a donné ce nom à des spores propres aux Mucorinées et qui diffèrent des spores ordinaires que possèdent ces mêmes plantes en ce qu’elles naissent isolément et dans le filament même du champignon.
Polymorphisme. — Comme nous l’avons déjà dit, beaucoup de champignons sont remarquables par les formes variées que prend une espèce à certaines époques de son développement. A ce polymorphisme vient s’ajouter pour certains d’entre eux une intéressante particularité. En effet, si les uns (. monoxènes ) subissent leurs diverses transformations sans changer de place ( Claviceps purpurea ), les autres ( hétéroxenes ) ne peuvent revêtir les diverses formes qui constituent le cycle le plus complet de leur développement, qu’à la condition de trouver pour chacune de ces formes un siège déterminé ( Œcidium berberidis et Puccinia graminis). Nous allons citer quelques exemples de ces deux cas.
1° Champignons monoxènes. — Exemple : Claviceps purpurea. Ce champignon, qui vit en parasite sur le seigle, commence par développer un mycélium filamenteux blanc qui envahit fovaire de cette plante, le pénètre et y développe des conidies. Ce premier état, considéré longtemps comme une espèce autonome, avait reçu le nom de sphacélie. Mais bientôt les filaments de ces champignons développent un sclérote,qui, envahissant l’ovaire, soulève la sphacélie qui se dessèche et meurt. Ce sclérote, qui n’est môme pas un état du champignon, reçut le nom de Sclerotium clavus. Mais si l’on observe la suite du développement, on voit bientôt naître à la surface de ce sclérote (2)
(1) Max. Cornu, Comptes rendus , t. LXXXII, 1876.
(2) Il suffit pour développer l’appareil fructifère, de piquer dans le sable des sclérotes que l’on arrose de temps en temps. On recouvre le tout d’une cloche et on l’abandonne à une température de 15 degrés environ.