CHAPITRE VIII. — ORGANES DE REPRODUCTION
len se compose en général de deux enveloppes renfermant un contenu granuleux (fovilla) qui consiste en protoplasma, riche en substances amylacées et huileuses; l’enveloppe intérieure ou intiae présente les caractères de la cellulose, comme on peut le reconnaître au moyen des réactifs ; l’extérieure ou exiae est de nature cuticulaire, ordinairement résistante, épaisse et présentant des saillies mamelonnées, réticulées ou pointues (fig. 186).
L’exine manque dans quelques cas ( Zostera , Naias , Ruppia). Ailleurs, au contraire, elle se dédouble en deux lames ( Clarkia , Mirabilis, Convolvulus). Rarement lisse à la surface ( Clarkia elegans ), elle présente, avons-nous dit, des ornements variés.
Dans le Passiflora , ce sont des bandes réticulées; dans les Malvacées, ce sont des pointes aiguës; dans les Viscum,
Alfiinia, des éminences mamelonnées.
Mais les productions les plus intéressantes de l’exine sont les pores et les plis. Les pores sont des espaces clairs dans lesquels l’exine ferait complètement défaut (Schacht). Ils livrent passage au boyau pollinique , comme on peut s’en convaincre en montant dans l’eau des grains frais de Pollen. Au bout de peu de temps, on voit l’intine traverser l’exine par les pores, sous forme de tubes allongés. Ces pores sont généralement au nombre de trois chez les Dicotylédonées (Onagrariées, Protéacées, Gupulifères, Géraniacées, Composées). Rarement, au nombre de deux [Ficus, B elo péroné ), ou de quatre ou six [Impatiens, Ulmus, Carpinus ), on les trouve plus souvent nombreux (Nyctaginées, Convolvulacées, Malvacées, Alsinées, Silénées, etc.).
Les pores des Cucurbita, ceux des Stellaria et des Passiflores sont fermés par des opercules qui se soulèvent au moment de l’émission du boyau pollinique.
Plis. — Ce sont des enfoncements qui divisent la surface du grain de Pollen en saillies variables en nombre. Chez la plupart des Dicotylédonées, on trouve trois plis, tandis que le grain de pollen des Monocotylédonées n’en offre généralement qu’un seul longitudinal, et c’est à ce pli que corres-
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
pond le point de sortie du boyau pollinique ( G/adiolus , Lilium , Yucca , etc.).
Grains simples et composés. — Nous avons parlé jusqu’ici de grains de Pollen formés de cellules isolées ou Pollens simples
Fig. 187. — Pollen simple de Ranunculus Fig. 188. — Masse pollinique de Neottia
repens. nidus avis.
(pulvérulents [fig- 187]). Mais il arrive fréquemment que ces grains se présentent dans les Anthères, groupés par quatre {Tétrades) ou en plus grand nombre. Chez les Orchidées par exemple, on rencontre tous les degrés, depuis les grains isolés (Gy-
Fig. 189. — Masse pollinique de Platan- Fig. 190. — Masse pollinique à’Orchis
thera Chloraniha. rnaculata.
pripédiées) en passant par les Tétrades des Néottiées (fig. 188), jusqu’aux Opiirydées où tous les grains issus d’une même cellule-mère demeurent réunis et forment à l’intérieur de chaque loge d’anthère un grand nombre de petites masses polliniques,