CHAPITRE VIII
ORGANES DE REPRODUCTION
se former deux nouveaux qui, ou bien sont immédiatement suivis de la bi-partition de la cellule-mère ou bien se dissolvent de nouveau, et à leur place apparaissent quatre nouveaux noyaux suivis de la quadri-partition simultanée (voir page 71) de la cellule-mère. C’est là le cas le plus fréquent chez les Liliacées (Schacht, loc. cit.). Chez les Dicotylédonées, aussitôt après la dissolution du noyau de la cellule-mère et simulta-
Fig. 195. — Anthère de Fuchsia. — A. Coupe transversale d’une demi-anthère montrant les deux loges pleines de cellules-mères. — B. Cellules-mères isolées montrant des grains de pollen en voie de formation. — C. Jeunes grains de pollen.
nément, apparaissent quatre nouveaux noyaux, après quoi le corps protoplasmatique s’étrangle en quatre lobes. En même temps des lames rentrantes, partant de la paroi de la cellulemère, pénètrent dans les sillons qui divisent le corps protoplasmatique (fig. 195).
L’enveloppe de la cellule-mère persistant, on a ainsi une tétrade, comme nous en avons signalé des exemples (voir plus haut). Mais, ordinairement, celle-ci disparaît et les grains de Pollen deviennent complètement libres.
L’adhérence de toutes les cellules- mères des grains de
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
Pollen d’une même loge d’Antkère donne lieu aux masses polliniques dont il a été question plus haut.
Forme des grains de Pollen (1). — Tantôt arrondis [Canna, Musa , etc.), cubiques [Basella rubra ), prismatiques à six pans dans les Arundinaria , Lagurus , etc., les grains de pollen sont trigones chez les Papilionacées, les Hydrophyllées, les Asparaginées, etc. Des espèces d’un même genre peuvent d’ailleurs présenter des formes polliniques différentes. Ainsi, dans le genre Viola , le Viola tricolor a un pollen pentagonal avec cinq bandes, tandis que les V. odorata et cornuta ne présentent que de petits sillons.
Ailleurs, la forme des grains de Pollen devient tout à fait particulière. Ainsi, le pollen du Tropœolum tricolor , celui des Limnanthes alba et pulchella représentent un croissant ; celui des Borraginées, un haltère; celui du Zea maïs a la forme même du grain de maïs comprimé dans l’épi; celui de l’Iris est allongé, fendu comme un pain et orné, comme celui du Lis, d’un réseau à larges mailles carrées.
Étude des grains de Pollen. — Pour étudier la forme des grains de Pollen, on ne doit pas employer l’eau qui les gonfle, fait disparaître les plis et les amène tous à la forme sphérique. La glycérine a l’inconvénient de les contracter. L’huile d’olive, d’après M. Edgeworth, aurait l’avantage de ne déformer ni gonfler les grains ; cependant elle fait quelquefois disparaître les pointes qui hérissent leur surface. Ajoutons enfin que dans l’examen de la forme des grains il est nécessaire de tenir compte de leur âge.
Les jeunes grains sont toujours plus ou moins régulièrement prismatiques en raison même de leur formation dans la cellule-mère ; ce n’est que plus tard, lorsqu’ils sont devenus libres, qu’ils s’accroissent librement et prennent leur forme définitive.
Pour étudier le boyau pollinique, on devra prendre des grains frais et bien développés, et on les montera dans l’eau pure ou mieux dans une solution de gomme, afin que les
(i) Packenliam Edgewortli, Londres, 1877 (Analyse in Journal cle Micrographie de Pelletan, n° 6, octobre 1877).