ACTION EXERCÉE PAR DIFFÉRENTS RÉACTIFS
1° Sur les globules rouges du sang :
Eau. — L'eau agit rapidement et énergiquement sur les globules rouges, en les gonflant et en dissolvant leur matière colorante. 11 en résulte que d’une part, en même temps que le diamètre transversal du globule diminue, son épaisseur augmente ; il se décolore, et l’eau ambiante se colore en jaune. Les globules se transforment en vésicules incolores, qu’il est souvent très difficile d’apercevoir. Le liquide ambiant se colorant par la dissolution de l’hémoglobine, les globules blancs se teignent également. Pour rendre de nouveau visibles les hématies, on peut les recolorer avec un peu de teinture d’iode. Certains sels, tels que le chlorure de sodium, l’azotate de potasse ; certains acides, tels que l’acide gallique et l’acide chromique, en les contractant, leur donnent des contours plus faciles à percevoir.
Ether. — L’éther ne dissout pas complètement les globules comme on l’a prétendu, mais il les convertit instantanément, comme l’eau, en cercles à peine visibles, au milieu du coagulum finement granulé qui se produit en même temps.
Chloroforme. — D’après Kœlliker, le chloroforme agirait de la même façon, mais plus lentement.
Acide acétique. — Suivant son degré de concentration, l’acide acétique agit plus ou moins énergiquement sur les globules. Ceux-ci pâlissent avec une rapidité variable, mais ils ne disparaissent complètement que dans l’acide cristallisable.
Alcool. — D’après M. Ranvier, l’alcool au 1 /3 rendrait les globules sphériques comme l’eau, mais ceux-ci revêtiraient un double contour très net. L’alcool à 36° Cartier conserverait aux globules leur forme normale.
Potasse. — Les solutions étendues de potasse dissolvent les globules sanguins, après en avoir préalablement altéré la forme. Inversement une solution très concentrée de potasse ne détruit pas les globules; elle les contracte. Si on ajoute ensuite de l’eau, les globules acquièrent alors un volume très considérable, qui peut aller jusqu’à I3ptde diamètre. Us se dissolvent ensuite, comme dans les solutions étendues de potasse (Kœlliker).
Soude , ammoniaque. — La soude et l’ammoniaque en solution exercent sur les globules une action moins énergique que les solutions au même degré de concentration de potasse. Toutefois, en solution concentrée, la soude a une action comparable à celle de la potasse.
Sels. — D’après Kühne (Virch. Arch., t. XIY, p. 333), le glycocholate, le cholate de soude, détruisent les globules sanguins. La bile agit de la même façon. Cette observation a été le fondement de théories pathologiques, dont le bien fondé n’a pas encore été complètement démontré.
Action de la température. — La chaleur, la congélation, détruisent les globules sanguins, mais respectent les enveloppes (1). Sous l’influence de la chaleur, la substance du glo-
(1) J. A. Pouchet ( Expériences sur la congélation des animaux , Rouen, 1865), formule ainsi le résultat de ses recherches sur l’action du froid sur le sang.
1° L’un des premiers phénomènes produits par le froid est la contraction des vaisseaux capillaires : le microscope la fait immédiatement découvrir. Celle-ci est telle, qu’aucun globule du sang ne peut plus y être admis ; aussi ces vaisseaux restent-ils absolument vides ; de là, la pâleur des organes réfrigérés.
2° Le second phénomène est l’altération des globules du sang par la congélation .
Par l’effet de celle-ci, ces globules subissent trois sortes d’altérations : tantôt leur nucléus sort de son enveloppe et nage en liberté dans le plasma. Les nucléus libres ont l’apparence granuleuse et sont plus opaques que dans l’état normal. Les enveloppes énucléées sont flasques et déchirées, ou elles ont été dissoutes et ne se discernent plus. Tantôt aussi on aperçoit le nucléus déjà altéré et cependant encore contenu dans son enveloppe, où il est opaque
bule semble se fondre et avoir la consistance de l’huile ; à 70° G. les globules et les gouttes de globules se décolorent et se transforment en petites sphères transparentes, d’un volume très inégal (Ranvier).
2° Sur les globules blancs.
Eau. — D’une façon générale les globules blancs résistent mieux que les globules rouges. Par l’action de l’eau ils ne tardent pas à devenir granuleux. On voit apparaître un ou plusieurs noyaux; ceux-ci sont rendus beaucoup plus nets par l’addition d’acide acétique.