‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 22 sur 451 · RÉACTIFS · texte numérisé non relu

RÉACTIFS

Nous donnerons ici une indication sommaire des principaux réactifs employés dans les observations microscopiques des végétaux, renvoyant pour leur mode d’emploi aux détails circonstanciés que nous donnons dans le cours de l’ouvrage.

Les réactifs utilisés pour l’étude des éléments et des tissus ou organes végétaux peuvent se classer de la manière suivante : d’après leur action, on distingue des réactifs colorants , durcissants , altérants.

Réactifs colorants. — Carmin. — 15 à 30 centigrammes de carmin sont dissous dans la quantité d’ammoniaque voulue pour avoir une liqueur neutre, et on ajoute 30 grammes d’eau distillée. On filtre et on additionne de 30 grammes de glycérine et de 8 à 10 grammes d’alcool. Beaucoup d’autres formules ont été proposées; ce qu’il faut rechercher, c’est que la solution ne soit pas alcaline. Le carmin colore le protoplasma et le nucléus.

Eau iodée. — L’eau iodée que l’on obtient en laissant un excès d’iode en contact avec de l’eau distillée sert h déceler la présence de l’amidon. Associée à l’acide sulfurique, elle colore la cellulose en violet. L’eau iodée colore en jaune le protoplasma.

Chlorure de zinc iodé. — Réactif de la cellulose.

On peut préparer ce réactif de plusieurs manières; voici le

procédé de M. Radlkofer. On fait à la température ordinaire, une solution de zinc dans l’acide chlorhydrique, on évapore à une température qui ne dépasse pas 100°, et on l’amène à l’état d’un sirop dont la densité soit égale à 2.0; on étend alors ce sirop jusqu’à le réduire à la densité de 1 .8, en y ajoutant 1 2 parties d’eau pour 100 de solution. Dans 100 parties du liquide ainsi obtenu, on dissout, à une douce chaleur, 6 parties d’iodure de potassium et autant d’iode qu’il peut en prendre. Ainsi préparée, la solution de chlorure de zinc iodé a la consistance sirupeuse de l’acide sulfurique concentré; elle est colorée en brun jaunâtre clair. On peut l’étendre à différents degrés, selon le besoin, son action variant sensiblement avec sa concentration.

Acide nitrique. — Colore en jaune les matières azotées, surtout si l’on fait suivre son action de l’addition d’un peu d’ammoniaque.

Réactif de Milon, nitrite de mercure . — Ce réactif, qui colore en rouge les matières azotées, se prépare en dissolvant du mercure pur dans un poids égal d’acide azotique. La réaction s’établit à froid ; à la fin on chauffe pour achever la dissolution du mercure. On étend ensuite la liqueur de deux volumes d’eau pour un volume de la dissolution mercurielle.

Nous indiquerons en lieu utile les réactifs colorants propres à certaines substances et que l’on obtient par l’action successive de plusieurs agents chimiques.

Réactifs durcissants. — Alcool. — L’alcool à 90° durcit les tissus et coagule le protoplasma. Plus concentré, son action coagulante diminue, son action durcissante augmente. Nous verrons plus loin tout le parti qu’on peut tirer de ce réactif.

Réactifs altérants. — Acide sulfurique. — S’il est assez concentré, il dissout la cellulose. Associé au sucre ou à l’iode, il devient un réactif colorant.

Acide acétique. — Cet acide est employé pour éclaircir les coupes en les rendant plus transparentes, et pour décomposer le carbonate de chaux dont on veut caractériser la présence dans certains tissus végétaux.

Rotasse. — Employée pour dissoudre la matière incrustante des cellules, etc.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

Oxyde de cuivre ammoniacal. — Dissout la cellulose. Ce réactif se prépare en dissolvant de l'oxyde de cuivre récemment précipité et encore humide dans de l’ammoniaque liquide.

Chlorate de potasse. — Il sert dans le procédé de macération de Schulze. On prend l’objet-cque l’on coupe en tranches minces. On les dépose sur le porte-objet et on les couvre d’une quantité de chlorate de potasse égale à leur volume, puis on ajoute quelques gouttes d’acide nitrique. La lame de verre est ensuite exposée pendant une à trois minutes à la chaleur d’une lampe à alcool. Après la réaction, on lave, en répandant à plusieurs reprises de l’eau au moyen d’un pinceau, sur la préparation. On parvient de cette façon à isoler les cellules. La macération de Schulze doit toujours se faire loin du microscope, les vapeurs qui se dégagent pouvant endommager les lentilles.

Lorsqu’on a procédé à l’application du réactif, il s’agit de monter la préparation, c’est-à-dire de la placer dans un véhicule approprié sur le porte-objet, et de la recouvrir d’une lamelle. Le véhicule a pour but d’une part de conserver la préparation, d’autre part de constituer un milieu entre les deux lamelles, dont l’indice de réfraction se rapproche de celui du verre; sans ce liquide l’effet du couvre-objet sur l’émergence des rayons transmis, dont nous avons parlé plus haut, serait à peu près nul.

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